Le partenariat privilégié, alternative à l’adhésion,
Ce livre est le fruit d’un travail collectif que j’ai animé et qui a rassemblé des Européens convaincus, de toutes sensibilités et d’origines diverses, pour lesquels j’ai beaucoup d’estime.
– Rudolf Scharping, ancien ministre fédéral de la défense et ancien candidat à la Chancellerie (SPD) ; à l’époque où le Chancelier Schröder se prononçait fortement pour l’adhésion, en invoquant notamment des arguments stratégiques, il est intéressant que son ancien ministre de la défense ait contesté ses thèses, au nom de l’Europe ;
– Karl Theodor Freiherr zu Guttenberg (CSU), à l’époque député au Bundestag et l’un des bons connaisseurs des questions internationales du camp chrétien démocrate, dans la jeune génération ; entretemps il est devenu ministre de l’économie du gouvernement Merkel ;
– Pierre Defraigne, ancien directeur de cabinet de Pascal Lamy à la Commission européenne ; un grand haut fonctionnaire, aujourd’hui directeur d’une fondation qui œuvre à Bruxelles pour nourrir le débat d’idées (Fondation Madariaga) ;
– Carlo Altomonte, économiste, professeur à l’Université Bocconi de Milan ; Carlo a rédigé les passages très éclairants sur le risque de voir monter les inégalités en Europe ; à la lueur de la crise, cette analyse se révèle hélas tout à fait exacte ;
– Lucas Delattre, ancien journaliste, correspondant du Monde en Allemagne, puis directeur du Bureau du Conseil de l’Europe à Paris ; il nous a aidé à mesurer combien l’action du Conseil de l’Europe en matière de droits de l’homme et de libertés fondamentales offre des garde-fous pour le cas où la Turquie n’adhèrerait pas à l’UE.
Cet ouvrage est né d’une idée simple : sortir des polémiques autour de l’adhésion éventuelle de la Turquie à l’UE afin de faire connaître en France le travail important – et unique à ma connaissance – qu’avait effectué Karl Theodor zu Guttenberg pour donner un contenu précis et concret à une alternative à l’adhésion de la Turquie à l’UE. Nombreux sont ceux qui, de manière générale, ont évoqué un partenariat mais rares sont ceux qui ont pris la peine d’étudier les traités pour déterminer, matière par matière, et dans un esprit positif, en quoi il peut consister.
On peut y demeurer hostile mais ce livre prouve que ce n’est pas un lot de consolation, ni une coquille vide. Il nous est apparu important de sortir du raisonnement du « tout ou rien », l’adhésion ou le chaos qui, trop souvent, domine les débats. Nos rapports avec ce pays important, héritier d’une grande histoire et appelé à jouer un rôle majeur dans la région, sont stratégiques ; nous devons éviter qu’un éventuel refus ou un report de l’adhésion, ne déclenche des spirales négatives.
Entre les membres de ce groupe, il n’y avait pas accord unanime ; certains étaient plutôt partisans de l’adhésion ou du moins souhaitaient que le processus se poursuive. D’autres étaient plus réticents et préféraient un partenariat mais chacun a joué le jeu consistant à discuter, sans tabous, des aspects positifs et négatifs, pour l’UE et le pays candidat, des différentes options. Ce type de discussion par delà les frontières est hélas trop rare en Europe.
Le livre affirme qu’une approche constructive, sincère est préférable aux non dits actuels. Il détaille pourquoi l’adhésion de la Turquie poserait des questions institutionnelles, budgétaires et surtout économiques et sociales qui doivent impérativement être réglées d’une manière ou d’une autre. Il tente de proposer des solutions alternatives dont on peut naturellement débattre mais qui méritent d’être regardées de près, surtout quand l’UE se débat toujours dans sa réforme institutionnelle et ses doutes internes.
TNS Sofres Contribution à l’ouvrage collectif L’état de l’opinion, chapitre sur “L’Europe après le non”

