Catégorie : Médias

Les différentes interventions de Sylvie Goulard dans les médias

  • Audition de Julian King

    Audition de Julian King

    Dans le cadre de l’audition de Julian King, je me permets de rappeler à ceux qui l’auraient oublié la déclaration qu’a publié Jonathan Hill le 25 juin 2016 à l’occasion de sa démission, après le référendum au Royaume-Uni.

    Like many people here and in the UK, I am obviously very disappointed about the result of the referendum. I wanted it to end differently and had hoped that Britain would want to play a role in arguing for an outward-looking, flexible, competitive, free trade Europe. But the British people took a different decision, and that is the way that democracy works.

    As we move to a new phase, I don’t believe it is right that I should carry on as the British Commissioner as though nothing had happened. In line with what I discussed with the President of the Commission some weeks ago, I have therefore told him that I shall stand down. At the same time, there needs to be an orderly handover, so I have said that I will work with him to make sure that happens in the weeks ahead.

    I am very grateful to Jean-Claude Juncker for giving me the chance to work on financial services and for the opportunity to help support jobs and growth in Europe. I was also glad to have worked with other Commissioners in trying to take forward our programme of reform, and to have had the chance to work with excellent officials at DG FISMA and in my own team.

    I came to Brussels as someone who had campaigned against Britain joining the euro and who was sceptical about Europe. I will leave it certain that, despite its frustrations, our membership was good for our place in the world and good for our economy. But what is done cannot be undone and now we have to get on with making our new relationship with Europe work as well as possible.

    Retrouvez également la déclaration sur le site de la Commission européenne en cliquant ici.

    Version longue de l’article paru sur le site du journal Le Point :

    La situation est grave, sans précédent dans toute l’histoire de la construction européenne : le « Brexit » risque de mal tourner et d’entraîner l’Union européenne dans la tourmente.

    L’indécision, les atermoiements actuels donnent le sentiment que la volonté du peuple britannique n’est pas respectée. Même si tous les partenaires européens du Royaume-Uni étaient favorables au maintien dans l’Union, les 27 gouvernements, la Commission et le Parlement européens se sont expressément déclarés prêts à tirer les conséquences du référendum du 23 juin dernier. Mme May répétant « Brexit means Brexit », le respect du choix démocratique des Britanniques commande d’agir vite, sans esprit de revanche, ni naïveté.

    L’incertitude est préjudiciable à l’économie. Certaines décisions, des investissement par exemple, ont pu être suspendues mais ne sauraient être indéfiniment reportées. Un cadre de négociation doit être créé pour répondre à des questions concrètes : il y aura-t-il des droits de douane sur les marchandises ? Les diplômes universitaires conserveront-ils une équivalence ? Les retraités anglais installés en Espagne ou en Dordogne auront-ils encore accès aux prestations sociales ? La sécurité des Européens d’Europe centrale installés au RU invite aussi à accélérer. Ils sont la cible d’actes xénophobes, un assassinat s’est produit, dans un climat post référendaire assez malsain. Enfin, il est crucial, pour les 27 , de préserver le marché unique fondé sur quatre libertés indissociables (circulation des personnes, des biens, des capitaux et des services) et pour la zone euro, de défendre sa souveraineté financière.

    A ce jour, les esprits sont en proie à un  juridisme étroit. L’idée curieuse se répand que le RU peut se prévaloir de toutes les dispositions du traité, exactement comme s’il devait rester durablement membre de l’Union. Ce « business as usual » est absurde et ne peut qu’aboutir à saper la confiance mutuelle, surtout si le gouvernement de Londres continue à picorer les dispositions qui l’arrangent : il commence, au mépris des traités, à négocier des accords commerciaux bilatéraux avec des pays tiers comme l’Australie, ce que JC Juncker a justement dénoncé. Il interprète l’article 50 du traité UE, relatif à la procédure de sortie, comme une prérogative unilatérale. Du divorce, on passe à la répudiation. Comme si le principe de « coopération loyale » solennellement inscrit lui aussi dans les traités (article. 4.3.), et même le bon sens, n’avaient plus cours.

    Le lundi 12 septembre, le futur commissaire britannique, Julian King, sera auditionné par le Parlement européen. En droit, le Royaume-Uni peut certes revendiquer un portefeuille de commissaire et les qualités du candidat ne sont pas en cause mais mieux vaudrait que Mme May vienne d’abord s’exprimer en plénière devant les représentants des citoyens. Le commissaire britannique démissionnaire, Jonathan Hill n’a pas pris un congé pour convenances personnelles, afin de jouer au golf. Il a tiré les conséquences du vote du 23 juin avec un sens des responsabilités admirable. Il n’y a pas de raison de nommer un successeur. Rappelons que les commissaires travaillent de manière collégiale, chacun ayant voix au chapitre. Monsieur King aurait ainsi accès aux positions de l’UE notamment …sur le Brexit et interviendrait sur des législations qui, à l’avenir, ne sont pas censées s’appliquer au RU. En outre, loin d’être une personnalité politique, comme JC Juncker l’a exigé pour le reste de son équipe, c’est un diplomate du Foreign Office, aujourd’hui ambassadeur à Paris. Prétendre qu’il exercera son mandat en toute indépendance est un conte à dormir debout. Avec un contrat à durée …très déterminée à Bruxelles, son cœur penchera vers Londres. Il risque même d’être parjure puisqu’il est censé prêter serment à Luxembourg avant de se mettre au service de l’Union européenne. Et, cerise sur le gâteau, son portefeuille (la sécurité / le terrorisme) couvre un domaine auquel le RU n’a jamais voulu participer. N’est-on pas en train de se moquer à la fois des électeurs britanniques, notamment pro Brexit, et des autres Européens ?

    La confusion n’est pas moins grande au Parlement européen : une lecture juridique à courte vue aboutit à laisser aux députés britanniques toutes leurs responsabilités. Ils continuent à présider des commissions parlementaires majeures, … y compris celle chargée d’auditionner M. King. Même des partisans acharnés du « Brexit » entendent conserver leurs fonctions de rapporteurs de textes législatifs. En juillet, en commission des affaires économiques et monétaires, certains députés  d’outre-Manche ont commencé à déposer des amendements au profit des… « pays tiers », catégorie dans laquelle le RU se trouvera bientôt.

    Il serait temps que les chefs d’Etat et de gouvernement, et les institutions, opèrent avec plus de clarté.

    Une solution pourrait consister à procéder en deux temps : d’abord une sortie informelle du pays de l’UE et de ses institutions sur la base d’un « gentleman’s agreement » à 28. Avec dignité, le RU se mettrait en réserve : il n’aurait plus alors ni commissaire, ni députés au Parlement, ni juge à la Cour. La rédaction de l’article 50 (qui exclut le pays sortant du conseil des ministres et du conseil européen) montre bien que celui-ci n’a pas vocation à siéger en même temps « des deux côté de la table de négociation ». Familiers du droit souple (soft law), par tradition, les citoyens britanniques ne seraient sans doute pas choqués par cette solution pragmatique. Ensuite, et sans délai, les négociations proprement dites débuteraient afin d’aboutir dans le délai de deux ans prévu par l’article 50 précité, ce qui permettrait en outre de terminer avant les élections européennes et la désignation de la nouvelle Commission (été 2019).

    Naturellement, un esprit constructif devra prévaloir. Des coopérations commerciales, comme l’UE en a nouées avec bien des pays tiers sont possibles et souhaitables, selon des modalités à définir. Le Brexit n’empêchera pas non plus de rester étroitement unis en matière de défense et de sécurité, de recherche. Les échanges  de jeunes ne devront en aucun cas régresser.

    L’Union européenne, et les 27 Etats qui la composent, comme le RU, doivent se ressaisir et prendre de la hauteur. Pour être moins douloureuse, et aussi digne que possible, une séparation aussi lourde de conséquences requiert de la vision et du courage, pas des chicaneries

  • “Brexit, c’est par où la sortie ?”

    “Brexit, c’est par où la sortie ?”

    TRIBUNE. Sylvie Goulard, députée européenne centriste, dénonce la passivité de l’Union européenne vis-à-vis du comportement britannique.

    La situation est grave, sans précédent dans l’histoire de la construction européenne : un Brexit mal géré risque d’entraîner l’Union européenne dans la tourmente. L’indécision actuelle donne le sentiment que la volonté du peuple britannique n’est pas respectée. Mme May a pourtant répété « Brexit means Brexit », le respect du choix démocratique des Britanniques commande d’agir vite, sans esprit de revanche ni naïveté.

    L’incertitude est préjudiciable à l’économie. Certaines décisions d’investissement ne sauraient être indéfiniment reportées. La sécurité des Européens d’Europe centrale installés au RU invite aussi à accélérer. Ils sont la cible de violences xénophobes dans un climat post-référendaire assez malsain. Enfin, il est crucial, pour les 27, de préserver le marché unique fondé sur quatre libertés indissociables (circulation des personnes, des biens, des capitaux et des services) et, pour la zone euro, de rétablir sa souveraineté financière.

    Les Britanniques tirent encore profit de la faiblesse de l’Europe

    À ce jour, les esprits sont en proie à un juridisme étroit. Il est entendu que le Royaume-Uni peut se prévaloir de toutes les dispositions du traité, exactement comme s’il devait rester durablement membre de l’Union. Ce « business as usual » finira, hélas, par saper la confiance des citoyens dans l’Europe. À terme il créera plus de problèmes qu’il n’en résout, surtout si le gouvernement de Londres continue de picorer les dispositions qui l’arrangent. Ainsi, il commence, au mépris des règles communes, à négocier des accords commerciaux bilatéraux avec des pays tiers comme l’Australie, ce que Jean-Claude Juncker a justement dénoncé. Il interprète l’article 50 du traité de l’UE (Union européenne), relatif à la procédure de sortie, comme une prérogative unilatérale. Du divorce, on passe à la répudiation, ce qui est inacceptable. Comme si le principe de « coopération loyale » solennellement inscrit lui aussi dans les traités (article 4.3), et même le bon sens, n’avait plus cours.

    Le lundi 12 septembre, Julian King sera auditionné par le Parlement européen, le Royaume-Uni revendiquant un poste de commissaire. En droit, il peut y prétendre, et les qualités du candidat ne sont pas en cause, mais Mme May n’est toujours pas venue dialoguer en plénière, devant la représentation des citoyens européens. Le commissaire britannique démissionnaire Jonathan Hill n’a pas pris un congé pour aller jouer au golf. Il a tiré les conséquences du vote du 23 juin avec une admirable dignité. Il n’y a pas de raison de nommer un successeur. Rappelons que les commissaires travaillent de manière collégiale, chacun ayant voix au chapitre et accès aux positions de l’UE. Durant la négociation sur le Brexit, ce serait singulier. Tout comme il serait étrange qu’il puisse aussi influencer des législations qui, à l’avenir, ne sont pas censées s’appliquer au RU. En outre, loin d’être une personnalité politique, comme Jean-Claude Juncker l’a exigé pour le reste de son équipe, c’est un diplomate du Foreign Office, aujourd’hui ambassadeur à Paris. Prétendre qu’il exercerait son mandat en toute indépendance, comme l’exige le serment des commissaires devant la Cour, est un conte à dormir debout. Et, cerise sur le gâteau, son portefeuille (la Sécurité, le Terrorisme) couvre un domaine auquel le RU, par le passé, a refusé de participer.

    Trêve de chicaneries juridiques

    Au Parlement européen aussi, une lecture juridique à courte vue aboutit à laisser aux députés britanniques toutes leurs responsabilités. Ils continuent de présider des commissions parlementaires majeures (y compris celle chargée d’auditionner M. King) et entendent conserver leurs fonctions de rapporteur de textes législatifs. En juillet, en commission des Affaires économiques et monétaires, certains députés d’outre-Manche ont ardemment soutenu des amendements au profit des… « pays tiers », catégorie dans laquelle le Royaume-Uni se trouvera bientôt. Plus le temps passera, plus cette ambiguïté sera gênante.

    Une meilleure solution pourrait consister à procéder en deux temps : organiser d’abord une sortie informelle du pays de l’UE et de ses institutions sur la base d’un « gentlemen’s agreement » à 28. Avec dignité, le Royaume-Uni se mettrait en réserve : il n’aurait plus alors ni commissaire, ni députés au Parlement, ni juge à la Cour. Ce serait conforme à l’esprit de l’article 50 qui exclut le pays sortant du conseil des ministres et du Conseil européen. Familiers du droit souple (soft law), par tradition, les citoyens britanniques ne seraient sans doute pas choqués par cette solution pragmatique. Ensuite, et sans délai, les négociations proprement dites débuteraient afin d’aboutir dans le délai de deux ans prévu par l’article 50 précité, à temps pour clarifier les conditions dans lesquelles, au printemps 2019, les élections européennes seront organisées et la nouvelle Commission sera désignée.

    Naturellement, un esprit constructif devra prévaloir. Des coopérations commerciales, comme l’UE en a noué avec bien des pays tiers, sont éminemment désirables, ainsi que le maintien de liens en matière de défense et de sécurité, de recherche, d’échanges de jeunes, etc. L’Union européenne et le Royaume-Uni doivent se ressaisir et prendre de la hauteur. Pour être moins douloureuse, une séparation aussi lourde de conséquences requiert de la vision et du courage, pas des chicaneries juridiques.

  • « Ne laissez pas vos aînés vous piquer l’Europe »

    « Ne laissez pas vos aînés vous piquer l’Europe »

    Le Taurillon, vendredi 19 août 2016

    Deux mois après le vote historique en faveur du Brexit, où en sommes-nous, et où allons-nous ?

    Les promesses du camp du « leave » ont fait long feu. Dès l’annonce des résultats, Nigel Farage, leader du parti eurosceptique UKIP, a par exemple déclaré que le rapatriement de la contribution britannique vers le budget de la santé était « une erreur de campagne », avant de se retirer du premier plan de la scène politique. Boris Johnson a renoncé à briguer le 10 Downing Street et c’est Theresa May, partisane discrète du maintien du Royaume-Uni dans l’UE lors de la campagne, qui a remplacé, par forfait, David Cameron. En nommant Boris Johnson aux Affaires étrangères, elle a fait le pari de le neutraliser : à ce poste il devra modérer ses propos et sera moins incontrôlable que s’il était resté à l’extérieur. Pour l’unité du parti conservateur il lui était nécessaire d’offrir un certain nombre de postes importants à ceux qui ont fait campagne pour le « leave ».

    Ces rebondissements politiques mis à part, il ne s’est pas passé grand-chose. La procédure de l’article 50 n’a pas été enclenchée, ce qui pose un certain nombre de problèmes. D’un côté, il est normal que le nouveau gouvernement définisse sa position, en tranchant notamment entre deux tendances parmi les partisans du Brexit : l’attrait du « grand large » i.e. le pari sur les liens avec le vaste monde, ou le maintien d’une relation étroite avec l’UE, en conservant autant que possible les avantages du marché intérieur. Theresa May prétend ne pas notifier l’intention de son pays de sortir avant la fin de l’année. En face, à ce stade, les 27 autres États membres et les institutions ont pris des positions raisonnables, de défense de la cohérence du marché. Mais cette fermeté va-t-elle durer ? Et l’excès de juridisme pourrait vite devenir intenable. Il ne s’agit pas d’être dur, mais de respecter le choix souverain des Britanniques et de lever les incertitudes préjudiciables à tous les Européens.

    Que révèlent ces événements de l’état actuel de l’Union ?

    On aurait tort d’imputer la responsabilité aux seuls Britanniques. Les Européens auraient pu opposer à David Cameron un projet construit plutôt que de lui faire des concessions dans un accord bancal. On aurait pu tirer avantage de la demande du Royaume-Uni pour avancer, comme l’avait demandé d’abord David Cameron, notamment sur des sujets comme la compétitivité mais aussi la démocratie ou l’avancement du marché. Le référendum britannique a été une magistrale occasion manquée d’entendre les critiques fondées, de rejeter les autres, bref de remettre l’UE sur les rails.

    Nos dirigeants nationaux se sont détournés de l’idéal des fondateurs. Ils utilisent l’Europe comme un bouc émissaire en se plaignant de dysfonctionnements dont ils sont souvent les premiers responsables. L’Europe se meurt, faute de soin, alors qu’elle est un atout dans la mondialisation. L’attitude des jeunes, comme au Royaume-Uni, est cependant porteuse d’espoir. Il ne faudrait pas qu’ils laissent leurs aînés défaire cette Europe dont ils ont tant besoin.

    Après le Brexit, les déclarations de bonne volonté pour relancer l’Europe ont fusé. Pour l’instant, que pensez-vous de la réponse des 27 au « non » britannique ?

    Y-a-t-il eu une réponse ? Pour l’instant aucune conséquence n’a été sérieusement tirée et ils attendent, passifs que le Royaume-Uni entame la procédure de sortie au moment qu’il choisit et après sans doute des tractations opaques. Aujourd’hui le risque est que la désunion des Européens ne permette finalement au Royaume-Uni d’obtenir un accord qui nuise encore plus à la cohérence de l’UE. Il est légitime que les 27 États membres défendent leurs intérêts communs, essentiels qu’ils aillent de l’avant.

    Quelles sont vos propositions pour refonder l’Europe ?

    Retrouver l’esprit qui animait les fondateurs : non pas coaliser des États mais unir des hommes. Cela passe par l’intensification des échanges humains, une autre approche de la citoyenneté mais aussi un virage dans les politiques : par exemple, la lutte contre les inégalités est primordiale pour renouer les liens effilochés de nos sociétés, en combinant mesures nationales et valeur ajoutée européenne. Vis-à-vis de l’extérieur, faire front commun permettrait d’affronter plus sereinement les grands défis que sont le réchauffement climatique, la lutte contre le terrorisme ou la régulation de l’économie globalisée, défis qui ignorent les frontières nationales.

    Comment instiller un « zeste » d’intérêt général européen au sein de la classe politique ?

    Ce n’est même pas une question d’intérêt général européen, c’est une question d’intérêt européen et national, de lucidité, de compréhension des enjeux du monde, en 2016. Les polémiques scandaleuses qui ont suivi l’attentat du 14 juillet montrent bien que le sens de l’intérêt supérieur de la nation, face à des terroristes qui ne cherchent qu’à diviser les Français, est lui aussi bien absent. La question du renouvellement d’une classe politique dépassée se pose.

    L’avenir de l’Europe est-il celui d’une construction à plusieurs vitesses et niveaux d’intégration ?

    Oui, c’est la seule solution. Le Brexit montre toutefois les limites des concessions au profit d’un seul ou d’une Union qui se ferait trop à la carte. Au lieu de conforter la position de chacun dans l’Union, les différences peuvent aussi nourrir des frustrations, donner un sentiment de discrimination que les antieuropéens exploitent sans vergogne. Ainsi la dérogation sur l’euro a été présentée au Royaume-Uni comme une discrimination ! L’équilibre est délicat à trouver.

    Que répondre aux accusations de « mauvais patriote » lorsque l’on défend une Europe plus fédérale ?

    Mieux vaut une souveraineté réelle, en prise avec le monde où l’on vit, partagée avec d’autres Européens qu’une souveraineté nationale proclamée mais largement factice. Le chantage au patriotisme est une vieille ficelle : dans le livre Goodbye Europe, j’ai repris une citation cynique de Göring : « Il est toujours très simple d’entraîner le peuple, qu’il s’agisse d’une démocratie, ou d’une dictature fasciste, d’un régime parlementaire ou d’une dictature communiste.

    […] Le peuple peut toujours être amené à exécuter les ordres des chefs. C’est facile. Il suffit de lui dire qu’on l’attaque et de dénoncer les pacifistes en déclarant qu’ils manquent de patriotisme et qu’ils mettent leur pays en danger. L’effet est le même dans tous les pays [1]. »

    Du reste, Schuman disait bien que « Nos États européens sont une réalité historique ; il serait psychologiquement impossible de les faire disparaître. Leur diversité est même très heureuse et nous ne voulons ni les niveler ni les égaliser » ; et ajoutait « le supranational reposera sur des assises nationales » [2].

    Pourquoi avoir appelé votre livre « Goodbye Europe » ?

    Pour faire réfléchir sur un point : est-ce le Royaume-Uni qui quitte l’UE ou d’autres, les pays fondateurs, les autres Etats membres, les peuples et notamment les Français l’ont-ils eux aussi abandonnée, tout en prétendant le contraire ? Les Britanniques nous ont tendu un miroir : s’ils se détournent c’est aussi à cause d’insuffisances avérées de l’UE et de l’incapacité des dirigeants du continent, notamment de la zone euro à assumer un projet construit et stratégique.

    Merci beaucoup pour cet entretien et pour votre action remarquable en faveur de la construction européenne. Quel message voudriez-vous transmettre à la jeunesse qui s’engage pour « une union sans cesse plus étroite entre les peuples européens » ? Sommes-nous de doux rêveurs ?

    Avant la Seconde Guerre mondiale, des soi-disant réalistes ont défendu une approche nationale, l’humiliation de l’Allemagne. On sait comment cela s’est terminé. Les rêveurs sont ceux qui croient qu’ils pourraient chauffer des sentiments nationaux sans que ne reviennent les périls nationalistes.

    À ceux qui se demandent si la construction européenne a un sens, répondez-leur simplement, comme dans une publicité célèbre : what else ? Quiconque regarde le monde depuis Shanghai, Ryad ou la Californie mesure tout ce que l’Europe a à défendre comme valeurs et comme mode de vie et à quel point elle pourrait se faire distancer dans la course industrielle, technologique ou la défense des libertés. Ne laissez pas vos aînés vous piquer l’Europe ; c’est vous qui vivrez dans le monde du XXIe siècle, pas les hommes nostalgiques du XXe.

    Propos recueillis par Garance Dubarry

    « Goodbye Europe », dernier ouvrage paru de Sylvie Goulard

    Goodbye Europe, tel est le titre de l’essai salutaire de Sylvie Goulard, publié quelques semaines avant le référendum du 23 juin. Goodbye Europe !, telle aurait aussi pu être l’exclamation narquoise d’un tabloïd britannique juste après ce référendum, à la manière du « See EU later ! » publié en une par The Sun, le lendemain de la victoire du « out ». Pour l’eurodéputée, toute la question est désormais de savoir si nous allons, oui ou non, « confier aux seuls Britanniques le soin de décider, par défaut, du destin de l’Union ».

    L’issue du référendum britannique ne résout pas la question de l’avenir de l’Union européenne et de la zone euro. Certes, Sylvie Goulard prend le temps de revenir sur le « nouvel arrangement pour le Royaume-Uni » élaboré par les dirigeants européens, qu’elle dénonce au nom du droit et de la démocratie. Mais au-delà de la terrible faiblesse face au chantage britannique, le plus important est à venir : « les autres Européens doivent apporter leur réponse souverainement ». Ni régression ni statu quo, la solution consiste à aller de l’avant, à faire l’Europe, et à « la faire bien ». Sylvie Goulard choisit de défendre l’Europe sur le terrain de la nécessité, pour des Etats qui connaissent un recul relatif, de faire cause commune dans un monde d’interdépendance, d’inclusion et de mobilité croissantes. Le nationalisme virulent qui revient au sein de chacun d’eux est très loin d’être un signe de puissance. Goodbye Europe aurait d’ailleurs pu être le slogan de tout parti eurosceptique qui se respecte, réduisant une décision complexe, qui engage l’existence collective d’une communauté européenne de fait et de droit, construite au rythme du temps long, à un acte de « souveraineté » nationale.

    Face à ces défis, « refaire l’Europe » : oui, mais comment ? Pour l’eurodéputée, la clé est d’abord dans les mains des Etats et d’une classe politique nationale, qui devraient être capables de placer le projet européen au-delà des ambitions personnelles de court terme. Il est trop facile d’accuser l’Europe de tous les maux, et surtout de « ce qu’en l’état de droit elle ne peut pas faire », de « ce que les gouvernements nationaux n’ont jamais voulu qu’elle fasse ». Une nouvelle approche de l’élection présidentielle, des médias plus actifs, une limitation de l’ampleur prise par le Conseil européen au détriment des autres institutions sont autant de solutions pratiques nécessaires à l’instillation d’un « zeste » d’intérêt général européen. Car « soit l’Europe se constitue vraiment, en se réformant en profondeur, soit les Européens sortiront de l’histoire », conclut Sylvie Goulard dans ce livre courageux, qui ne cherche pas à nous convaincre par d’autres voix que celle de la raison.

    Goodbye Europe, par Sylvie Goulard. Flammarion, 2016, 136p

  • Dany Cohn-Bendit dans le Corriere della sera : une interview à lire

    Dany Cohn-Bendit dans le Corriere della sera : une interview à lire

    Che effetto le fa immaginare Merkel, Hollande e Renzi a Ventotene?
    «Sono molto curioso di vedere che cosa faranno durante il summit. Ventotene è un luogo importante, carico di storia, potrebbero approfittarne per ridare forza all’Europa. Temo invece che continueranno a essere gli stessi che abbiamo visto all’opera in questi anni. E allora, se visiteranno la tomba di Altiero Spinelli, assisteremo a un’usurpazione della sua memoria, perché nessuno dei tre leader mostra di avere un vero progetto europeo».

    Daniel Cohn-Bendit, 71 anni, è poco indulgente con il trio Merkel-Hollande-Renzi, e con la decisione simbolica di organizzare il vertice sulla portaerei Garibaldi ancorata vicino alla piccola isola del Tirreno: il «manifesto di Ventotene» scritto al confino da Altiero Spinelli, Ernesto Rossi e Ursula Hirschmann ha guidato l’impegno politico di Cohn-Bendit nei suoi vent’anni da deputato europeo ecologista.

    Con Guy Verhofstadt, Sylvie Goulard e Isabelle Durant, nel 2010 Daniel Cohn-Bendit ha fondato al Parlamento europeo il «gruppo Spinelli», una rete di personalità di diversi orientamenti politici accomunate dal desiderio di anteporre gli interessi dell’Europa a quelli nazionali. Proprio come raccomandava nel manifesto di Ventotene Altiero Spinelli, negli ultimi anni sempre più inascoltato dai leader europei.

    Che cosa si aspetta dal trio?
    «Se rendendo omaggio a Spinelli vorranno rilanciare l’idea di un’Europa federale dico “bravi!”, ma non ci credo. Nelle loro parole non c’è mai alcun riferimento alla volontà di dare nuova forza all’Europa in senso federale».

    La Francia è sempre stata più restia al federalismo, concetto in teoria più famigliare alla Germania. Ora anche Berlino sembra frenare. L’idea di un’Europa federale è ormai da considerarsi accantonata?
    «Nella coppia franco-tedesca Merkel e Hollande mi sembrano ugualmente corresponsabili della mancanza di un progetto federalista. Si è fatta strada questa visione di una Europa delle nazioni, ma io continuo a credere in un’Europa federale, che ovviamente protegga e rispetti le diverse identità che rappresentano la sua ricchezza. Il solo modo di andare avanti è la mutualizzazione del debito, un rilancio degli investimenti, una difesa comune. Una maggiore condivisione di sovranità, per arrivare a una sovranità europea».

    Di difesa comune si parlerà nel vertice di domani, ma qui torna il problema della Gran Bretagna, alla quale la Francia è legata da un importante trattato bilaterale sulla cooperazione militare.
    «È il problema di una visione nella quale ogni Stato ha continuato a pensare prima di tutto ai suoi interessi».

    Quanto influirà la Brexit?
    «La Germania sembra disposta a concedere tempo alla Gran Bretagna, forse troppo. Londra vorrebbe essere “un po’ incinta”, ma deve capire che non è possibile. Ha scelto di uscire dall’Europa, ora ci lasci andare avanti».

    Quali potrebbero essere i terreni di intesa tra Germania, Francia e Italia?
    «Si dovrebbe cercare un compromesso sulla Siria, e su un grande progetto di investimento europeo. Se invece ciascuno resta sulle sue posizioni avremo i soliti accordi minimi che non significano nulla».

    Si parla molto di un’opinione pubblica euroscettica. Ma ci sarebbero forze pronte invece a sostenere un nuovo progetto europeo?
    «Un potenziale federalista esiste. In Francia per esempio il ministro Macron è molto attivo in senso europeista, in Germania le forze ci sono, potrebbero essere mobilitate se i leader ne fossero capaci».

    La visione federalista è irrinunciabile?
    «Io non dico che un’Europa federale si possa costruire in due anni. Ma è inevitabile andare verso una sovranità europea, e quindi verso un’Europa federale. Questo resta l’orizzonte. Sempre che si voglia avere un ruolo nella gestione della globalizzazione»

  • Solo ora si capisce cosa abbiamo perduto Grazie a chi ci diede 71 anni di pace

    Solo ora si capisce cosa abbiamo perduto Grazie a chi ci diede 71 anni di pace

    «Questa è una minaccia globale all’umanità e alla libertà di tutti coloro che vogliono vivere in pace, non solo in Europa ma anche in Medio Oriente, in Africa, dei cristiani come dei musulmani. Che cosa aspettiamo nell’Ue per capirlo, che una maggioranza dei nostri Stati sia colpita? E se questa è davvero una guerra, che cosa fanno le Nazioni Unite? Io credo che misureremo solo ora che cosa abbiamo perduto — non per sempre, spero — con il mondo di una volta. E quanto dobbiamo ringraziare chi ci ha regalato 71 anni di pace».

    Sylvie Goulard è appena tornata a Parigi da Cracovia, dove ha parlato di Europa con i giovani accorsi all’appello del Papa. Eurodeputata liberaldemocratica francese, da sempre fra i più attenti osservatori dell’Unione, giurista e autrice di vari saggi fra cui — con Mario Monti — La democrazia in Europa. Guardare lontano , ha qualcosa da chiedere ai leader di Bruxelles e dei singoli Paesi: «Siano più umili, e non autoreferenziali, per usare un’espressione del Papa. Siamo di fronte a una minaccia globale ed estremamente complessa, che non riguarda solo l’Ue, e che ha fatto vittime ovunque. A Cracovia, mi hanno colpito alcuni giovani, già volontari in aiuto dei civili siriani e iracheni, che hanno sottolineato il prezzo pagato da quei popoli non solo a causa della guerra ma anche del terrorismo». In due parole, «non servono risposte univoche o superficiali, ma un’analisi giusta». E qualche esempio di soluzioni superficiali, «calate dall’alto», viene già dalla Francia: «Proporre di reintrodurre la pena di morte è ridicolo, non serve contro chi è sempre pronto a morire. Abbandonare lo Stato di diritto è il contrario che resistere al terrore. Il primo obiettivo del terrorismo è dividerci, creando la guerra civile: colpirci nella vita quotidiana (Bataclan), nelle celebrazioni della nostra storia nazionale (Nizza), nella religione (Rouen)…».

    E così a Bruxelles, o in Germania. Per rispondere, occorrono dunque «strategie differenziate e sottili, su vari piani. Non certo la strada della chiusura». Perché sono vari i fattori, e agiscono tutti insieme, da cui nasce la minaccia: da quello religioso («ma solo in parte, una certa percezione dell’Islam»), a quello economico-sociale, agli errori compiuti dai nostri governi nel gestire l’integrazione. Poi, le nostre incoerenze nei rapporti con l’Arabia Saudita e altri Paesi: «Come possiamo fare affari con certe società wahabite, senza vedere l’impatto che ciò ha su di noi?». E ancora: la percezione del conflitto Israele- Palestina, «e forse anche una certa frustrazione che i giovani musulmani possono avere nella percezione di se stessi, nel rapporto con se stessi»: Sylvie Goulard cita un rapporto Onu del 2001 che parlava proprio di questo: «Nelle società di provenienza di quei giovani, spesso nipoti di ex sudditi coloniali, venivano tradotti meno libri dall’estero, o le donne avevano meno accesso degli uomini al mondo del lavoro…»: ciò vale probabilmente ancora oggi, e non si può escludere che abbia acuito le comuni frustrazioni giovanili.

    Ma «nessuno di questi fattori, da solo, può spiegare tutto». E quanto alla «guerra» che secondo molti è in corso, «è una parola che mi turba: perché quanto accade è una barbarie totale, ma da giurista devo rilevare che giuridicamente non è una guerra, non c’è un conflitto fra potenze, uno Stato che attacca la Francia o la Germania. Dobbiamo certo organizzarci, e resistere, mantenendo però il sangue freddo: e non offrire a certa gente una pubblicità pazzesca usando di continuo questa parola». Se in parte c’è, come c’è, un elemento militare, allora bisogna casomai parlare di una difesa comune europea. Ma «quanto accade», appunto, è forse peggio di una guerra classica: «Una nebulosa di persone vuole distruggere la nostra pace». Perciò capiremo presto che cosa abbiamo perduto con il mondo di una volta. Ma prima di allora, conclude Sylvie Goulard, ognuno di noi può ancora fare molto, e questo è anche il messaggio che viene da Cracovia: «Dare il nostro contributo per sostenere chi, fra i cristiani, i musulmani, gli ebrei, i non credenti, cerca di creare dei ponti, e non sceglie la via della chiusura».

    di Luigi Offeddu, Corriere della sera

  • “Populisten versuchen immer, derartige Situationen auszunutzen”

    “Populisten versuchen immer, derartige Situationen auszunutzen”

    Frau Goulard, was hat es zu bedeuten, dass Flüchtlinge in Würzburg und Ansbach Anschläge im Namen des Dschihadismus verübt haben?

    Wir dürfen nicht naiv sein und glauben, dass es nicht auch negative Folgen hat, wenn eine Million Menschen zusätzlich in ein Land kommen. Man muss die Bedrohung durch mögliche terroristische Anschläge sehr ernst nehmen, aber auch nicht übertreiben: Wenn man die gesamte Anzahl der Flüchtlinge mit der Zahl der Attentäter vergleicht, dann wird klar, dass sich ein Generalverdacht gegen Flüchtlinge verbietet.

    Andererseits versuchen Parteien wie die AfD, aber auch die Linkspartei, die Angst vor weiteren Anschlägen in Deutschland für ihre Zwecke zu instrumentalisieren.

    Grundsätzlich lehne ich derartige Äußerungen wie von der AfD und der Linkspartei ab. Populisten versuchen immer, derartige Situationen auszunutzen…

    …wie beispielsweise in Frankreich: Dort sind die Gewalttaten von Brüssel, Nizza und jetzt auch wieder in Rouen Wasser auf die Mühlen des rechtsextremen Front National.

    Leider haben in Frankreich viele Politiker versucht, dem Front National hinterherzulaufen. Eigentlich hätten sie eine gründliche Analyse zu folgenden Fragen durchführen müssen: Was schützt uns vor dem islamistischen Terror? Welche polizeilichen Erfordernisse gibt es?

    Auch in Deutschland besteht die Gefahr, dass die Union den Parolen der AfD hinterherläuft. Wie würde Ihr Ratschlag an die CDU/CSU lauten? Welche Linie sollte die Union mit Blick auf die AfD und die bevorstehenden Wahlen in Mecklenburg-Vorpommern und Berlin verfolgen?

    Ich will als Französin nicht den Deutschen sagen, was sie zu tun haben. Aber grundsätzlich kann ich sagen, dass manche Entscheidungen in einer Demokratie nicht von der nächsten Wahl abhängig gemacht werden sollten. Frau Merkel hat nach meiner Meinung eine richtige Entscheidung getroffen, als sie im September des vergangenen Jahres die Flüchtlinge aus Syrien willkommen geheißen hat. Die Entscheidung war moralisch richtig. Sie war auch in rechtlicher Hinsicht richtig, denn sie war gerechtfertigt aufgrund der Genfer UN-Flüchtlingskonvention, die auch Frankreich unterzeichnet hat. Unsere Staaten sind Rechtsstaaten. Wenn sich die Politik nicht von festen Grundsätzen leiten lässt, macht sie sich von der Tagespolitik und der nächsten Wahl abhängig. Die beste Antwort auf die Populisten angesichts möglicher terroristischer Anschläge besteht nicht in ausländerfeindlicher Rhetorik, sondern in guter Polizeiarbeit. Wenn sich unter den Flüchtlingen einige befinden, die schreckliche Absichten haben, dann muss man sie ermitteln, bevor sie zur Tat schreiten können.

    Frankreich hat sich bei der Aufnahme der Flüchtlinge stark zurückgehalten. So hat Frankreichs Regierungschef Manuel Valls der verstärkten Aufnahme von Flüchtlingen den Riegel vorgeschoben.

    Ich teile die Auffassung von Herrn Valls nicht. Einerseits verstehe ich es, dass unsere Regierung nicht die Augen davor verschließen kann, dass der Rechtspopulismus bei uns bereits sehr stark ist. Aber nach meiner Meinung war die Entscheidung unserer Regierung trotzdem nicht richtig. Aber ich möchte mit Blick auf die europäische Flüchtlingspolitik noch etwas anderes betonen: Schon in den Jahren 2013 und 2014 hat uns die italienische Regierung auf das Problem der Flüchtlinge aufmerksam gemacht. Damals haben sowohl die Deutschen als auch die Franzosen die Augen zugemacht. Den Preis dafür bezahlen wir heute. Die Entscheidung von Frau Merkel vom September 2015, die Flüchtlinge ins Land zu lassen, war zwar moralisch richtig. Sie kam aber sehr spät. Ein Problem verschwindet ja nicht dadurch, dass man die Augen davor verschließt.

    Sehen Sie Unterschiede bei der Integration von Muslimen in Deutschland und Frankreich?
    Die Franzosen hatten lange das Gefühl, sie würden mit der so genannten Laizität alle Probleme lösen. Aber so einfach ist es nicht. Die Laizität trennt strikter zwischen Religion und Staat, als es beim deutschen Prinzip der Säkularität der Fall ist. Deshalb haben wir uns früher als andere Länder mit dem Tragen des Kopftuchs befasst. Der zweite Unterschied besteht darin, dass die starke internationale Rolle Frankreichs, beispielsweise in der Nahost-Politik, die Stimmung in unseren Vororten belastet. Und drittens kommen die meisten Muslime in Frankreich aus ehemaligen Kolonien. Die Beziehung ist dadurch sehr belastet, weil die geschichtliche Vergangenheit leider in Frankreich nicht in genügendem Maße aufgearbeitet wurde. Die Beziehungen sind stärker belastet als beispielsweise das Verhältnis zwischen Deutschen und Türken.

    Aber Deutschland ist in Sachen Integration auch nicht gerade ein Musterland – wenn man etwa an die ausländerfeindlichen Parolen der Pegida und die Angriffe auf Flüchtlingsheime denkt.

    Richtig. Aber dennoch habe ich den Eindruck, dass das politische Klima in Deutschland anders ist, weil die Arbeitslosigkeit hier geringer ist als in Frankreich. Eine Gesellschaft wie die deutsche, die mehr Wachstum kennt, kann auch eine bessere Zukunftsperspektive anbieten.

    Das Gespräch führte Albrecht Meier.

  • Before Brexit talks begin, Boris Johnson must understand three things

    Before Brexit talks begin, Boris Johnson must understand three things

    During the referendum campaign Boris Johnson likened the EU’s ambitions to those of Nazi Germany. “Napoleon, Hitler, various people tried this out, and it ends tragically,” he said. “The EU is an attempt to do this by different methods.” Perhaps it was not, with hindsight, the most diplomatic opinion for a foreign secretary to have aired in public.

    Johnson’s appointment as foreign secretary was certainly not a surprise that anyone in EU circles was hoping for. But there may have been a logic to Theresa May’s decision. For a start, it will oblige the former mayor of London to exercise self-control. Plus, he will be surrounded by highly professional civil servants loyal to the national interests of the UK – which, in a complex world, require more than Johnson’s oversimplified views.

    Quite quickly Johnson will also be forced to recognise that there are more than a few differences between the methods Napoleon and Hitler used and the way the EU functions, which is through cooperation and commonly agreed rules. For all Europeans, including the British, the crash course in diplomacy May intends to impose on Johnson could yield a positive outcome.

    As all those now responsible for the Brexit negotiations reflect on their strategy, I would recommend that they listen to Jonathan Hill, UK commissioner for financial services, who stepped down from his position in the EU after the referendum. At a hearing in the European parliament on 13 July he had some wise words. He said that “constructive relationships are needed between the UK and the EU”. I can only echo this sentiment. For him, “these relationships are more likely to be built by people who listen to other people in Europe rather than insulting them”.

    Dialogue between the UK and the EU is first and foremost what is now required. And before that dialogue begins, it is crucial that the UK negotiators understand three things.

    First, that the EU, with its 27 member states, including the 19 countries of the eurozone, has their legitimate interests to defend – in particular in the financial sector – and both sides of the Channel need to achieve an agreement that will be accepted across Europe. After months of inward-looking conversation, the British must realise that they are now negotiating a divorce – and divorce requires the assent of both parties.

    Of course our interests are linked, and nobody wants things to get to that point. The UK is a major ally, as well as an major global economy, and it is in the EU’s interests to maintain close, and as constructive as possible, ties with it. It is also in the UK’s interest to negotiate the best possible exit deal, as the EU remains the UK’s largest trading partner.

    Some models of cooperation “from outside” exist. They, however, also come with obligations. When deals were concluded, Norway and Switzerland accepted that they would contribute to the EU budget and apply EU legislation in exchange for access to the market – and also allowed the free movement of people.

    The British public has voted, and that vote must be respected. Few voices on the continent contest this. But Britain must now help us to find a mutually acceptable solution.