Catégorie : Médias

Les différentes interventions de Sylvie Goulard dans les médias

  • Presseschau: Zwischen Gebetskerzen und rotem Teppich; Frankreich kann einem Brexit nicht nur Schlechtes abgewinnen

    Presseschau: Zwischen Gebetskerzen und rotem Teppich; Frankreich kann einem Brexit nicht nur Schlechtes abgewinnen

    Frankreich ringt kurz vor dem Referendum in Großbritannien um Gelassenheit. “Die Briten sind in Europa mit einem Fuß drinnen und mit einem Fuß draußen. Nach dem 23. Juni wird es genau umgekehrt sein”, scherzte der langjährige französische Europaabgeordnete Jean-Louis Bourlanges. Sein vielzitiertes Bonmot zeugt vom ausgeprägten Wunsch in Paris, dem Referendum auf der anderen Seite des Ärmelkanals nicht zu viel Bedeutung beizumessen. Präsident François Hollande wirkt beim Thema Brexit wie von Sprachlosigkeit befallen. Er meidet es offensichtlich, eine Debatte darüber zu führen. Zum Auftakt der Euro 2016 spottete er, mit den Briten sei es halt kompliziert, sie schickten auch gleich drei Mannschaften in den europäischen Wettbewerb.

    Bis auf Äußerungen über “die Gefahr einer Zersplitterung Europas” hat sich Hollande mit grundsätzlichen Erwägungen zum britischen Referendum zurückgehalten, zugleich aber immer wieder vage über eine “deutsch-französische Initiative” für den Tag danach sinniert.

    “Wir zünden Kerzen in der Kirche an und beten, dass die Briten nicht für einen Brexit stimmen”, beschreibt die französische Europaabgeordnete Sylvie Goulard von der liberalen Alde-Fraktion die Haltung der Linksregierung.
    Sie hält diese Passivität für einen schweren politischen Fehler. “Frankreich als Gründungsnation stellt sich seiner Verantwortung für die EU nicht, indem der Präsident der Debatte über die Folgen des Referendums ausweicht”, sagt Goulard. Dies gelte auch für die deutsch-französische Zusammenarbeit. “Unsere Regierenden haben Unrecht, das Unbehagen über die EU mit der Methode zu behandeln, die es seit 20 Jahren nur verschlimmert hat”, schreibt Goulard in ihrem jüngsten Buch “Goodbye Europe”. Auch der ehemalige französische Präsident Valéry Giscard d’Estaing übt Kritik am französischen Abwarten. “Was auch immer das Ergebnis ist, Frankreich muss wieder die Initiative ergreifen”, mahnte Giscard in “Le Point”.

    Die Regionalratsvorsitzende der Hauptstadtregion Ile-de France, Valérie Pécresse (Les Républicains), läuft sich indessen für einen Brexit warm. Trotz Streiks, Blockaden und Protesten in Paris glaubt sie an einen Standortvorteil für die französische Hauptstadt, sollte Großbritannien die EU verlassen. Zusammen mit dem Rathaus von Paris, dem Département Hauts-de-Seine und “Paris Europlace”, dem Lobbyverband des Finanzplatzes Paris, organisierte Pécresse zwei Wochen vor dem britischen Votum eine Konferenz, um umzugswillige Firmen zu umwerben. Paris werde Unternehmern aus Großbritannien den roten Teppich ausrollen, sagte Jean-Louis Missika, beigeordneter Bürgermeister mit Zuständigkeit für die Stadtentwicklung in Paris. Das klang ein wenig wie eine späte Revanche für die werbenden Worte des damaligen Londoner Bürgermeisters Boris Johnson, nachdem Präsident Hollande eine Reichensteuer eingeführt hatte. Johnson sagte damals, alle Unternehmer aus Frankreich seien in London willkommen.

    “Das Referendum führt dazu, dass alle großen Unternehmen ihre europäischen Aktivitäten überdenken”, sagte Gérard Mestrallet vom Verband “Paris Europlace”. Paris wolle zeigen, dass es auch als Finanzplatz sehr attraktiv sei. “Die Folgen eines Brexit werden für Großbritannien und für uns negativ sein. Aber es ist unsere Pflicht, die Gelegenheit beim Schopf zu packen und Paris endlich zum großen Finanzplatz werden zu lassen”, sagte Patrick Devedjian, der das reichste Département Frankreichs, die Hauts-de-Seine, leitet. Die Bürostadt La Défense vor den Toren von Paris könne zu einem neuen Canary Wharf werden, schwärmte Devedjian. Aber die Chefs französischer Großbanken wie BNP Paribas und Société Générale glauben offensichtlich nicht an die Wirksamkeit der Pariser Charmeoffensive. Sie unterzeichneten zusammen mit 32 anderen französischen Großunternehmen einen eindringlichen Appell an die “britischen Freunde”, in der EU zu bleiben: “S’il vous plait, remain!”

    Marine Le Pen hingegen hofft, dass eine Mehrheit der Briten für den Brexit stimmt. Sie hält das Referendum für “den Anfang vom Ende der EU”. Die Chefin des Front National (FN) hat den Franzosen auch ein Referendum über den Verbleib in der EU versprochen. Die Idee hat inzwischen Nachahmer gefunden. Präsidentenanwärter Bruno Le Maire (Les Républicains) wirbt ebenfalls mit einem Referendum über die EU, allerdings mit dem Ziel, “die Franzosen mit Europa zu versöhnen”. Aber die Europa-Skepsis hat sich in Frankreich seit der Ablehnung des europäischen Verfassungsvertrags im Mai 2005 verstärkt. Das mag erklären, warum laut einer Umfrage der Bertelsmann-Stiftung nur lediglich 41 Prozent der Franzosen wollen, dass Großbritannien EU-Mitglied bleibt.

    de Michaela Wiegel, 22/6/2016

  • “Que Londres reste avec nous ou pas, traitons avec Berlin les sujets qui fâchent”

    “Que Londres reste avec nous ou pas, traitons avec Berlin les sujets qui fâchent”

    Si, par malheur, les partisans du « Brexit » l’emportaient, l’Union européenne pourrait se disloquer. Une initiative franco-allemande est évoquée. Elle est indispensable. Même dans l’hypothèse d’une victoire des adversaires du « Brexit », Paris et Berlin devraient prendre leurs responsabilités.

    L’Union a assuré la paix et la prospérité du continent depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Elle est imparfaite, des erreurs ont été commises mais tolérer encore les mensonges et les jeux de défausse actuels est un comportement d’enfants gâtés. Un nouveau dessein commun doit être conçu. Entendre les peuples est une chose, les bercer d’illusions en est une autre. Il faut au contraire expliquer la réalité : faute de changement d’échelle, non seulement l’Union européenne sera balayée mais les États-nations seront dépassés. Isolément, ils sont dépourvus des moyens de se défendre, ils sont incapables de contrer la puissance financière et technologique des États-Unis ou la force industrielle de la Chine. Ces phénomènes interdisent de faire la moindre pause.

    Si, par le passé, la justification de l’Europe venait de l’intérieur – la paix entre ses membres, la raison d’être de la construction européenne se trouve désormais à l’extérieur, dans l’évolution rapide du monde : vis-à-vis des réfugiés ou plus durablement, face à la pression démographique de l’Afrique, que voulons-nous faire ? Comment défendons-nous nos libertés individuelles dans la révolution technologique, notre justice sociale ? Comment ripostons-nous à la terreur islamique ? Aucun dossier ne montre mieux le dilemme européen que le traité transatlantique : sur le papier, les Européens sont plus forts que les Américains mais l’inachèvement de l’Union européenne les empêche d’en tirer parti.

    Dans ce contexte, il ne faut pas sous-estimer les divergences franco-allemandes. Rares sont les Allemands qui cultivent la nostalgie de l’Europe des Six, une époque où leur pays était affaibli et divisé. Les Français idéalisent d’ailleurs indûment les débuts de la Communauté, oubliant qu’en 1954, par exemple, ils ont rejeté la Communauté européenne de défense. La question du transfert de souveraineté était à peine moins épineuse quand le nombre d’États était réduit. Aux yeux des Allemands, l’euro n’est pas une alternative au marché unique, d’où le soin qu’ils mettent à soigner leurs relations avec Londres ou Varsovie. Dans l’hypothèse de discussions visant à redéfinir les rapports avec un Royaume-Uni sorti de l’Union, comme dans toute refondation européenne, ce réflexe jouera encore.

    Pour l’Allemagne, le respect des règles est l’alpha et l’oméga. Une certaine exaspération est perceptible après que le côté français, des années durant, a demandé des délais sans toujours les mettre à profit. En outre, comme l’a souligné le président de la Bundesbank, pour la zone euro, la seule alternative aux règles, c’est un partage de souveraineté plus poussé. Les dirigeants français successifs ont malheureusement tendance à violer les premières et refuser le deuxième. Les Français devraient se souvenir qu’à Maastricht, c’est la France qui a voulu l’euro et rejeté l’Europe politique. Sans doute les Allemands montrent-ils peu d’appétit, en ce moment, pour des avancées fédérales. La zone euro n’en souffre pas moins de carences démocratiques, la crise l’a montré. Le 14 juillet dernier, le président de la République a lancé des idées intéressantes en ce sens. Elles mériteraient d’être développées, ce qui permettrait aussi de dénoncer certains abus de position dominante des Allemands : les préjugés persistants contre les pays du Sud, les critiques déplacées contre la Banque centrale européenne ou le risque de voir la poursuite de l’union bancaire capoter en raison des conflits d’intérêts des responsables politiques locaux avec les caisses d’épargne et les Landesbanken (banques publiques).

    Enfin, les Allemands sont meurtris que les Français n’aient pas été à leurs côtés dans leur effort exceptionnel pour accueillir les réfugiés syriens. En matière de défense, c’est la France qui fournit la majeure contribution, même si le budget de défense et la vision stratégique de l’Allemagne sont en train de changer.

    La réalité déplaisante pour la France, c’est que la relation est désormais déséquilibrée. Même si l’Allemagne n’est pas exempte de fragilités, elle domine l’Europe. Sa chancelière en est le leader, comme le Président Obama l’a rappelé récemment à Hanovre. Ce n’est pas une raison pour baisser les bras. La France peut améliorer ses performances et regagner en influence. Son retour est attendu par bien des partenaires inquiets d’une possible hégémonie allemande, tandis que l’Allemagne elle-même aspire à partager son fardeau.

    Ainsi, quelle que soit la décision des Britanniques le 23 juin, nous voilà au pied du mur. Bâtir un avenir commun appelle plus d’efforts que l’évocation pavlovienne d’une relation qui s’étiole. Le succès de la coopération franco-allemande au service de l’Europe dépendra d’engagements plus vigoureux, plus créatifs et plus constants que ceux des dernières années. La relation franco-allemande est à reconstruire, autant que l’Union européenne est à refonder.

  • Revue de presse : “Brexit: pourquoi garder le Royaume-Uni au sein de l’UE ne réglera rien”, l’Express 22/06/2016

    Revue de presse : “Brexit: pourquoi garder le Royaume-Uni au sein de l’UE ne réglera rien”, l’Express 22/06/2016

    Les sondages avaient penché en faveur du “out” la semaine dernière, mais le “in” semble reprendre le dessus à la veille du référendum de jeudi sur le Brexit au Royaume-Uni. Mais le maintien britannique dans l’UE n’ôtera pas un net sentiment de malaise.

    Un vote en faveur du Brexit serait un coup de semonce pour l’Union européenne, jeudi au Royaume-Uni. Mais un “in”, qui garderait le pays dans le giron de l’UE, apportera-t-il un sentiment de soulagement ? Rien n’est moins sûr, estiment nombre d’observateurs, ni au Royaume-Uni, ni dans le reste de l’UE. Voici pourquoi.

    Au Royaume-Uni : une campagne à contrecœur…

    Après une campagne violente sur fonds de slogans anti-immigration -qui a culminé avec l’assassinat de la députée Jo Cox, le Royaume-Uni resterait un membre de l’Union méfiant et peu enthousiaste. La tonalité du débat a échoué à réconcilier les Britanniques avec la famille européenne : “La campagne pour le “remain” (rester) n’a pratiquement rien fait pour mettre en valeur les avantages de l’Union, souligne pour L’Express Anand Menon, professeur de politiques européennes au King’s College de Londres. Son argumentaire a privilégié la menace du Brexit plutôt que les bénéfices du maintien dans l’UE.”

    En cas de score serré, le résultat laisserait un gout amer aux partisans du Brexit. Certains pourraient prétendre que les moyens de l’Etat ont été mis à profit de la campagne en faveur du “remain”.

    Le parti conservateur sortirait affaibli par les divisions exacerbées par le référendum, alors que près de la moitié des députés conservateurs n’a pas soutenu la position du Premier ministre David Cameron. Or, assure Anand Menon, “les sondages montrent qu’une proportion plus élevée encore de membres du parti est favorable au Brexit”.

    … qui risque de renforcer l’UKIP

    Si le “remain” sauve provisoirement la tête de David Cameron, les tendances à l’oeuvre dans le parti permettent de prédire que son successeur, dans les trois prochaines années sera un “Brexiter”. Une partie des Tories eurosceptiques pourrait même faire défection vers l’Ukip, le parti europhobe de Nigel Farage, qui devrait, lui, sortir renforcé de ce vote, si l’on s’en tient à la reprise de ses thématiques de campagne -immigration et sentiment anti-élites. A l’image du SNP écossais dopé en 2015 malgré son échec électoral au référendum d’indépendance de l’automne 2014. Ce qui pourrait amener à un nouveau référendum d’ici quelques années. “De quoi menacer l’unité des Tories mais aussi la domination du parti travailliste dans ses bastions populaires”, ajoute Anand Menon.

    Enfin, un maintien à contrecoeur “crée sa propre dynamique”, conclut le chercheur. Un Royaume-Uni à demi-détaché, qui ne s’engage pas avec force dans la construction européenne verra son influence diminuer au sein du club des 28… Ce qui ne fera que renforcer les eurosceptiques dans leurs doutes sur le bien-fondé de cette union.

    Même frustration sur le continent

    Le malaise provoqué en Grande Bretagne par une possible victoire du “oui” à l’UE est partagé de ce côté-ci de la manche. Les traités européens ont bien envisagé la possibilité de retrait d’un des pays membres, le fameux article 50. “Mais ils ne prévoyaient pas la possibilité d’obtenir un accord plus favorable en exerçant un chantage au retrait”, réagit avec agacement la députée européenne Sylvie Goulard (Alliance des Démocrates et des Libéraux).

    Le 19 février, en effet, David Cameron a signé, au terme de plusieurs semaines de négociations, un accord avec ses partenaires européens prévoyant des réformes à destination de Londres. “Pour le Premier ministre, analyse Christian Lequesne, professeur à Sciences Po, l’accord avait surtout pour objectif de montrer à ses concitoyens qu’il s’était battu en faveur de l’exception britannique. Mais une fois le référendum passé, son opposition eurosceptique va réclamer la mise en oeuvre de ces nouveaux droits.”

    En vertu de cet accord, le Royaume a obtenu une dérogation sur les droits sociaux en faveur des travailleurs migrants intra-européens. L’arrangement du 19 février permet aussi à Londres de se soustraire à la clause du traité qui prévoit une “union sans cesse plus étroite”, et il accorde un droit de regard sur la zone euro que beaucoup estiment démesuré.

    Par Catherine Gouëset

  • « On ne doit pas vendre l’Europe par la peur » – Revue des deux mondes

    « On ne doit pas vendre l’Europe par la peur » – Revue des deux mondes

    In or Out ? À J-1 du référendum sur le maintien du Royaume-Uni dans l’UE, la députée européenne Sylvie Goulard plaide pour une renaissance de l’Europe politique.

    Jeudi 23 juin, les Britanniques sont appelés à se prononcer pour ou contre une sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. Un scrutin historique dont l’issue est des plus incertaines : 12 % des votants seraient toujours indécis, selon les derniers sondages qui donnent chaque camp à égalité.

    Le Premier ministre David Cameron, fer de lance du maintien de son pays dans l’UE, joue son poste sur ce référendum. Dans un discours prononcé mardi 21 juin, le locataire du 10 Downing Street a déclaré que quitter l’Union européenne ferait courir un « risque énorme » à la Grande-Bretagne.

    Députée européenne et membre de la commission des Affaires économiques et monétaires, Sylvie Goulard a publié le 25 mai dernier « Goodbye Europe ». Dans cet essai, l’élue conçoit le référendum du 23 juin comme un miroir qui nous est tendu et « où se reflètent nos propres doutes et faiblesses ». Interview.

    Revue des Deux Mondes – Quel est votre sentiment à 24h du référendum britannique ?

    Sylvie Goulard – Je crois fondamentalement qu’il y a des choses qui devraient être placées au-dessus du débat politicien, et qu’on ne joue pas avec l’appartenance à l’Union européenne et son intégrité. Le Brexit est une décision unilatérale qui engage énormément les autres partenaires. Si une sortie du Royaume-Uni se confirme jeudi, elle aura un caractère historique au sens où ce référendum pourrait mettre fin à un processus qui a certes ses défauts, est imparfait, et que l’on peut souhaiter améliorer, mais un processus qui a eu le mérite de nous faire vivre dans un cadre de stabilité.

    Je suis ainsi désolée de voir le Premier ministre d’un pays aussi sérieux que le Royaume-Uni dire des choses telles que « Quand on saute de l’avion, on ne peut pas remonter ». Une réforme de l’Union européenne est possible, et je suis la première à la demander. L’UE est forte de la force des États qui la composent et de leur capacité à gérer les choses de manière stratégique. Tout ceci est donc consternant, quel que soit le résultat.

    « Le caractère binaire de ce référendum est inadapté pour des questions aussi complexes. »

    Malheureusement, même si le Remain l’emporte avec une très faible majorité, je ne suis pas certaine que la relation des Britanniques avec l’Europe en soit considérablement améliorée par cet exercice. Rappelons le contexte de ce vote : il y a eu non seulement des divisions et des confrontations, mais aussi un assassinat. Cela montre à quel point le caractère binaire de ce référendum est inadapté pour des questions aussi complexes.

    Cela ne veut évidemment pas dire qu’il ne faut pas améliorer la démocratie. Mais c’est un instrument inapproprié, qui fait miroiter un choix démocratique alors qu’objectivement, la plupart des personnes qui voteront jeudi sont un peu perdues pour évaluer cette sortie de manière rationnelle, intellectuelle, avec des arguments et des faits. Au contraire, le débat s’est énormément déplacé vers un choc d’émotions et de propos sur l’immigration. À tel point que je ne sais même pas si les Britanniques voteront véritablement demain sur leur appartenance à l’Union européenne ou s’ils voteront pour ou contre l’immigration.

    Revue des Deux Mondes – On a le sentiment que, quelle que soit l’issue du vote, le Royaume-Uni aura toujours la volonté, pour préserver ses intérêts, de conserver vis-à-vis de l’UE sa position « un pied dedans, un pied déhors ».

    Sylvie Goulard – Et on l’y a encouragé ! Le traité de Lisbonne prévoit bien, dans son article 50, la possibilité pour un pays de sortir de l’UE. En revanche, il ne prévoit pas la possibilité, pour un pays menaçant de quitter l’UE, d’obtenir un statut plus favorable que ceux qui remplissent leurs droits et obligations. Prenons un exemple du quotidien : à quoi aboutirait ce genre de situation dans une famille, une équipe sportive, une équipe professionnelle ? Il faut un accord de tous. Or ce référendum présente une asymétrie, puisque l’on ne consulte pas les autres membres. Une fois encore, on organise un référendum pseudo-démocratique où l’on demande à une partie du tout de se prononcer sur le tout.

    La France a connu ce cas en 2005, cela a créé une frustration majeure. Les Français ont eu le sentiment qu’on ne les avait pas écoutés. Ils ont pourtant bel et bien été écoutés, mais seulement en tenant compte de l’avis des autres. De même en Grèce : lorsqu’Aléxis Tsípras a fait son référendum, les Grecs n’étaient pas les seuls concernés. Tout le reste de l’Europe, et notamment tous les pays qui financent les plans de secours à la Grèce, auraient pu légitimement être impliqués. On demande à un peuple de se prononcer sur l’avenir de l’Union européenne, tout en lui faisant des concessions unilatérales. C’est une très mauvaise manière de faire.

    Revue des Deux Mondes – En février 2016, le Conseil européen a conclu un « nouvel arrangement pour le Royaume-Uni dans l’Union européenne ». Un accord qui « s’est borné à donner satisfaction à David Cameron », écrivez-vous dans votre livre*.

    Sylvie Goulard – Les gouvernements se sont mis à 28 pour faire un accord intergouvernemental assez peu sensé. C’est véritablement mettre l’Europe en péril. On impute souvent à l’UE des décisions qui ne relèvent pas seulement du niveau européen. Mais dans ce cas précis, la Commission européenne aurait dû protester plus vivement, tout comme le Parlement qui n’a pas eu le comportement adéquat. Si les chefs d’État ou de gouvernement avaient pris leurs responsabilités plus clairement, on aurait peut-être eu un autre scénario.

    Mais quand on voit la manière avec laquelle on a géré les demandes britanniques, on peut s’interroger sur l’attachement de nos pays à la question européenne et au projet européen ! Nos gouvernements auraient pu dire aux Britanniques qu’ils avaient le droit de sortir, tout en leur signifiant que nous avions aussi nos intérêts à défendre. Qu’il fallait trouver une solution profitable pour tout le monde, qui puisse être présentée aux opinions de tous les pays. On aurait alors eu des résultats moins déséquilibrés en leur faveur. Ce qui a été fait pour la zone euro est particulièrement fâcheux : on a un pays qui dit ne vouloir jamais y participer, et qui obtient de rester dans les organes de décision d’un projet qu’il refuse définitivement. Tout cela est absurde !

    Si le Remain l’emporte, il y aura une vraie difficulté encore trop sous-estimée : celle de concevoir un vivre-ensemble entre un pays qui aura vécu un tel débat, pour ne pas dire une telle foire d’empoigne, et des pays qui vont découvrir a posteriori ce qu’on leur aura donné, car il n’y aura pas eu de débat des Parlements nationaux.

    Revue des Deux Mondes – Comment expliquez-vous cette relative résignation européenne ?

    Sylvie Goulard – Je ne me l’explique absolument pas, mais je la dénonce car cette inertie est fâcheuse. Il y a un certain nombre de personnes responsables et qui ne font pas le job pour lequel ils sont censés être là. L’idée selon laquelle notre intervention dans le débat britannique aurait favorisé le camp des pro-Brexit ne tient pas la route. Si le climat avait été un peu plus factuel, s’il y avait eu des interventions régulières de la Commission européenne, cela aurait pu aider les partisans du Remain, et éviter que le débat atteigne ce niveau de mensonges et de distorsion des faits. Ce genre de bataille n’est certes pas facile à mener, mais ne pas la mener n’est pas glorieux.

    Revue des Deux Mondes – Évaluer les répercussions d’un Brexit sur l’UE semble difficile, compte tenu de l’absence de précédent historique. Quelles pourraient être les conséquences d’une sortie des Britanniques de l’Union européenne pour celle-ci et pour la France ?

    Sylve Goulard – Il y aura un impact négatif, cela ne fait pas de doute. Quand vous mettez des obstacles aux échanges là où il n’y en avait pas, quand vous désintégrez des marchés intégrés, il ne faut pas se raconter d’histoires. Pourtant, il est plus raisonnable et honnête intellectuellement de ne pas tenter de chiffrer quoi que ce soit. Tout va dépendre des choix d’un certain nombre d’investisseurs, de la manière dont la livre sterling va tanguer sur les marchés, de la réaction des autres pays… Ce sont des phénomènes complexes qui peuvent créer des effets dominos.

    « On ne doit pas vendre l’Europe par la peur. Il nous faut convaincre les populations de faire l’Europe par une valorisation de projets que nous avons à mener ensemble. »

    Mais je ne veux pas utiliser cet argument de la peur, bien trop utilisé par le camp du Remain. On ne doit pas vendre l’Europe par la peur. Il nous faut convaincre les populations de faire l’Europe par une valorisation de projets que nous avons à mener ensemble dans un monde qui change. La deuxième partie de mon livre insiste beaucoup là-dessus. Nous souffrons, dans nos pays, d’un manque de prise de conscience du danger que représente le désintérêt pour les changements mondiaux.

    Je prends toujours cette image un peu brutale mais dont on a malheureusement vu un exemple avec Daesh : si vous voulez vous désintéresser de la mondialisation, la mondialisation peut venir vous tuer à une terrasse de café. Durant la Seconde Guerre mondiale, les Américains auraient pu dire « Dans le fond, Hitler n’est pas chez nous, cela ne nous concerne pas ». On ne peut se désintéresser de la marche du monde si l’on est un tant soit peu responsable. C’est vrai en matière de sécurité intérieure et de défense, c’est vrai aussi en matière d’économie. Nous avons d’ores et déjà, en matière de finance, de pratique de dumping etc. des phénomènes très concrets d’attaque contre nos intérêts. Nous ne pourrons défendre ceux-ci que collectivement. Ceux qui pensent que l’on va s’en tirer par le repli sur les États-Nations mentent à leurs électeurs. Je ne dis pas que l’Europe est aujourd’hui assez bien organisée pour faire face. Mais il nous faut la renforcer plutôt que la défaire, car il n’y a pas d’alternative nationale.

    Revue des Deux Mondes – N’est-ce pas alors le moment pour la France de réaffirmer son leadership historique sur la plan européen ?

    Sylvie Goulard – Si la France continue à avoir la prétention du leadership, il faut qu’elle prenne ses responsabilités. Et surtout il faut qu’elle évite deux écueils. Le premier qui consiste à dire que l’on peut vivre avec le statu quo ou, comme l’a suggéré Hubert Védrine, qu’il faut faire une pause. Ce qui, dans l’état actuel de la mondialisation, serait tout bonnement vertigineux ! Le second qui consiste à dire que l’Europe est finie et qu’on ne fait plus rien.

    Il existe une voie médiane qui exige de se remettre à faire des réformes. Celles-ci ne seront pas faciles, devront reposer sur un degré plus grand de démocratie (l’un des problèmes de l’Europe actuelle). Mais si l’on ne prend pas à bras-le-corps le sentiment de dépossession qu’ont les citoyens des moyens d’influer sur leur avenir, l’Europe ne peut pas avancer. La vraie difficulté est qu’il s’agit d’un travail ingrat, qui n’aboutira probablement pas très vite à des résultats significatifs que l’on peut vendre par tweet ou dans des conférences de presse. Si Robert Shuman s’était posé la question de savoir si ce qu’il faisait était juste en termes d’aura médiatique en 1950, nous n’en serions pas là.

    Revue des Deux Mondes – La sortie des Britanniques de l’Union européenne serait « avant tout une victoire de Vladimir Poutine », écrivez-vous dans votre livre. Dans quelle mesure ?

    Sylvie Goulard – À l’heure actuelle, un certain nombre de forces dans le monde ne partagent pas nos valeurs de l’État de droit, de liberté, de démocratie, de droits sociaux, de non-discrimination… Derrière l’Europe, il y a un substrat de valeurs très importantes, issues de la Seconde Guerre mondiale, lorsque l’on est allé plus loin dans le dénigrement de la dignité humaine. C’est cela qui mérite d’être défendu. La raison principale pour laquelle il nous faut rester ensemble, ce sont tous ces acquis, à la fois en termes de liberté et de garanties économique et sociale.

    *Goodbye Europe, Sylvie Goulard, Flammarion, mai 2016. 144p, 12€

  • Rassegna stampa : Brexit o no, l’Ue deve cambiare passo – Il Sole 24 Ore

    Rassegna stampa : Brexit o no, l’Ue deve cambiare passo – Il Sole 24 Ore

    « Una Brexit sarebbe negativa per l’Ue, creerebbe turbolenze per tutti, anche per l’Italia. Ma altrettanto sbagliato tirare un sospiro di sollievo per il pericolo scampato in caso di vittoria del “Remain” e adagiarsi come se niente fosse successo». Così è intervenuto Enrico Letta, ex premier e direttore della Scuola di Affari Internazionali di Sciences-Po, durante un dibattito sui rischi e le prospettive della Brexit al Centro studi per le politiche europee Ceps a Bruxelles assieme all’economista Daniel Gros , direttore del Ceps e Sylvie Goulard eurodeputata dei Liberali e Democratici, a conclusione anche di una scuola di formazione politica per i giovani italiani fondata dallo stesso ex premier.

    «L’impatto sul primo periodo di una uscita della Gran Bretagna potrebbe portare instabilità e incertezza senza precedenti che disincentiverebbero gli investimenti in Europa. In ogni caso non deve aprirsi nessun negoziato con la Gran Bretagna se escono semplicemente escono», afferma Enrico Letta.

    Quello che è chiaro, secondo Letta, qualunque sia il risultato del referendum inglese, dal giorno dopo si dovrà rilanciare l’Europa, perché così come è non va. E anche in caso di vittoria del “Remain”, si dovranno affrontare le paure e le speranze dei cittadini e ripartire queste, trovando una connessione tra istituzioni Ue e cittadini europei.

    «Alle due grandi crisi , quella economica e quella migratoria, si devono dare soluzioni europee», così prosegue Letta, che ricorda anche l’importanza, a suo avviso, di una guardia di frontiera europea che a salvaguardia delle frontiere esterne Ue possa rappresentare uno strumento valido per eliminare ed evitare le barriere interne crescenti negli ultimi tempi tra gli stati membri. È un referendum dove le emozioni hanno un ruolo centrale il fronte Brexit gioca anche sull’aggressività contro i disoccupati europei che migrano nel Regno Unito e “sfruttano” i benefits della sicurezza sociale inglese, sebbene l’Inghilterra non abbia reali problemi in termini di occupazione o di economia. «Dobbiamo fare della deputata laburista Jo Cox, uccisa brutalmente, un’eroe, la sua storia personale di caratteristiche positive e valori , scoperta in questi giorni, ha avuto un impatto di contrasto alle emozioni negative che propendono alla Brexit».

    Finora secondo Letta la campagna “Remain”, si è fondata molto sui fatti ma poco su emozioni trascinanti e definisce la campagna del leader laburista Corbyn “troppo timida e ambigua” per poter attrarre gli inglesi. Ciò che fa ingranare le campagne degli euroscettici Nigel Farage in Inghilterra e Marine Le Pen in Francia sono le emozioni. «Farage utilizza spesso le parole “back “ e “great”, per fare presa sulla nostalgia per un passato da grande potenza, ossia da soli e grandi , senza euro e senza Europa: un messaggio profondamente anti storico che non prende in considerazione i cambiamenti del mondo. Si deve tornare a proteggere le persone, perché le diseguaglianze sono crescenti e preoccupano tutti i cittadini, che altrimenti trovano risposte in Le Pen».

    Mentre per l’economista Daniel Gros si devono fare dei distinguo tra i paesi Ue: «Le diseguaglianze non aumentano ovunque, si deve guardare a quanto si spende in sicurezza sociale e ai risultati che sono diversi da paese a paese soprattutto nei paesi in crisi. Allo stato attuale sembra che il progresso tecnologico sia il fattore che gioca di più sulle diseguaglianze».

    La battaglia europea sembra essere solo all’inizio, secondo Letta gli elettori sono divisi: se votassero solo quelli sopra i 40 anni vincerebbe Brexit, sotto i 40 vincerebbe Bremain. «L’Ue è mettere la competenza prima del passaporto: sono stufa di leggere critiche sulla stampa italiana sui tedeschi e sui giornali tedeschi sul Sud Europa», commenta Sylvie Goulard dell’Alde. Secondo l’europarlamentare non possono essere presi a modello per un futuro europeo nuovi movimenti o partiti come il Movimento Cinque Stelle che «hanno portato giovani nel Parlamento italiano ma con idee vecchie e nazionaliste».

    Anche nel caso di un risultato del referendum che porti la Gran Bretagna a rimanere nell’Ue, la linea del premier inglese Cameron è comunque quella di una minore integrazione europea, ed è anche quella della maggior parte dei cittadini inglesi intervistati in un sondaggio del think tank Bertelsmann Stiftung recentemente, per Letta i Paesi della zona euro saranno chiamati a tornare a correre e a offrire soluzioni concrete ai propri cittadini e a pretendere più libertà nelle scelte per una maggiore integrazione europea. «L’Ue ci ha messo quattro anni dal 2008 e 2012 per cercare risposte alla crisi economica, ora non possiamo aspettare altri quattro anni per i rifugiati perché moriranno milioni di persone, l’Ue sparirà, e sarà nostra responsabilità», ha concluso l’ex premier.

    di Irene Giuntella

  • « La Grande-Bretagne nous tend un miroir », entretien avec Yves Durand pour le Courrier de l’Ouest, 21/06/2016

    « La Grande-Bretagne nous tend un miroir », entretien avec Yves Durand pour le Courrier de l’Ouest, 21/06/2016

    Les Britanniques votent jeudi pour ou contre leur sortie de l’Union européenne. Que faut-il redouter le plus d’un retrait ?

    Sylvie Goulard : « Sortir serait une décision grave dont les conséquences seraient d’abord politiques – le projet européen, un parcours de 60 ans, s’en trouverait disloqué. Sur le plan économique, cela signerait la perte d’un partenaire important. Tout cela crée confusion et incertitude, ce qui n’est jamais bon pour le développement économique, ni pour les investisseurs et les particuliers. »

    D’autres pays peuvent-ils être tentés de quitter à leur tour l’UE ?

    « Cela peut effectivement créer un précédent et susciter des vocations. Je pense à Marine Le Pen et à un certain nombre de dirigeants aux Pays-Bas, en Italie ou en Hongrie… Dans ce débat, la Grande-Bretagne nous tend un miroir. Quand Cameron, le Premier ministre britannique, a lancé son processus, il dénonçait des faiblesses avérées de l’Union européenne. C’était le moment pour l’Europe de se ressaisir. »

    Certaines demandes de Cameron sont fondées, dîtes-vous. Lesquelles ?

    « Le plus intéressant, dans son discours, concerne la désaffection des peuples vis-à-vis de la construction européenne. Il attire l’attention, à juste titre, me semble-t-il, sur le risque pour l’Europe de se laisser distancer à l’échelle mondiale. Prendre en compte cette analyse permettait de repousser d’autres de ses demandes, moins fondées. »

    À l’Allemagne, à la France et aux autres pionniers de l’Europe, vous reprochez des reniements…

    « L’affaire a été mal gérée. Nous avons cherché à retenir le Royaume-Uni mais au prix d’un accord qui ressemble à du bricolage. Nos gouvernements ont baissé les bras face à Cameron et accepté une forme de chantage et tout le monde y perd. Il fallait en profiter au contraire pour refonder l’Europe sur des bases solides. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la justification de la construction européenne, c’était la paix à bâtir entre nous. Aujourd’hui, l’UE se justifie essentiellement par des enjeux extérieurs qui tiennent à l’évolution du monde. Comment résister à la puissance technologique des États-Unis, comment affronter l’immense force industrielle de la Chine, comment regrouper nos forces pour faire face à Daech, défendre nos valeurs face à Poutine ou Erdogan : tels sont les défis actuels qui nécessitent de construire un ensemble suffisamment solide. Sans oublier la défense du modèle social et des valeurs que nos pays partagent ensemble. »

    Continuez-vous de croire à l’Europe ?

    « Je vous ferai la réponse de George Clooney : what else, quoi d’autre ? Qu’on nous le présente le projet alternatif, s’il existe, qui permettrait d’ébranler les Chinois, de discuter d’égal à égal avec les Américains, de faire face aux terroristes et à leur idéologie de mort et de violence. Les Européens doivent se réveiller, sortir de leur torpeur et de leur paresse. Et former une équipe Europe plutôt que de se diviser ! »

    Ouest France

  • How Europeans see a vote for Brexit – The Guardian 21/06/2016

    How Europeans see a vote for Brexit – The Guardian 21/06/2016

    Jennifer Rankin in Brussels, Angelique Chrisafis in Paris, Kit Gillet in Bucharest, Philip Oltermann in Berlin and Helena Smith in Athens

    Some think the vote is stupid or playing into Putin’s hands, while others regard it as a chance to give Brussels a run for its money

    If Britain votes to leave the European Union, it could be cast out of Europe in one very literal way.

    Brexit might cost the UK its place in Mini-Europe, a Brussels theme park, where European landmarks, including the Eiffel Tower, the Acropolis and Mount Vesuvius, are recreated in painstaking miniatures. If Britain votes to leave, the British models – including the Houses of Parliament, Anne Hathaway’s cottage and a 1970s vintage British Rail intercity train – could be banished from the theme park. “

    [Britain] could not stay in the park and that would be a real problem,” said Thierry Meeùs, Mini-Europe’s owner and director.

    The Brits would be missed, not only because Meeùs has just spent €120,000 (£95,000) renovating Big Ben and its clock tower, finished with gold leaf. “It would be a real hole in the European history that I would like to show here,” he added.

    In Mini-Europe there is no half-in/half-out: no place for European Free Trade Association members Norway or Switzerland, or for EU hopefuls Albania and Kosovo. Meeùs says he turned down a request from Turkey because it is not a member state.

    Meeùs hopes the UK will stay because it makes “a positive contribution” to the EU: “British people oblige many European countries to ask the right questions – why are we doing this?”

    Some visitors to the park were less diplomatic. The referendum “is stupid”, said Gregor, a 31-year-old project manager from Antwerp. “I think [Brexit] would be a bad thing because it gives a signal to other countries that [the EU] cannot handle a difficult period.”

    The British debate about the EU provokes perplexity. “I don’t understand why they are doing it,” said Ben Kabba, an 18-year-old Danish student visiting Brussels on a school trip. “We are kind of a family and we should stick together and support each other. We might not have as much power as America and Russia.”

    These themes – a mix of bewilderment and geopolitical anxiety – resonate among government officials. One Belgian official, a keen observer of the British political scene, said it was hard to understand how it had reached the point where the UK might leave. The only winner would be Russia’s president: “If there were a Brexit it would play into the hands of [Vladimir] Putin.”

    View from Paris

    Despite the love-hate metaphors ever since General de Gaulle vetoed Britain’s entry to the common market in the 1960s, a majority of French people have a positive view of the UK and want Britain to stay in the EU.

    Viewed from Paris, the referendum is a reminder of France’s own painful and divisive poll in 2005 when the country voted no to the EU constitution.

    Members of France’s Socialist government – as well as the mainstream rightwing opposition – keenly want Britain to remain but ministers are tight-lipped, saying in private they don’t want to be seen to interfere from abroad, fearing it would be counterproductive. France knows that whatever the outcome of the referendum on 23 June, questions will weigh heavily in Paris about the very nature of the European project.

    Sylvie Goulard, a French centrist MEP who has just published a book, Goodbye Europe, on the lessons to be learned from David Cameron’s recent “new deal” in Brussels, is in favour of Britain staying in the EU and has observed two phenomena in the campaign. “First, I’ve noticed that the government and Mr Cameron seem to have discovered Europe in the positive sense and so they are becoming more convincing. Mr Cameron seems more convinced about Europe than he was, even if I don’t agree 100% with his vision. At least there are people trying to sell Europe in the UK, which isn’t something easy,” she said.

    “Second, I’ve noticed that the debate is often based on exaggeration. You can dislike the European Union, but it’s not comparable to Hitler invading the UK. We should respect the people who died in the second world war. The same is true of Michael Gove saying millions of Muslims would come to the UK tomorrow if Turkey joined the EU. I admire the way British democracy functions and there are many elements to be proud of, but sometimes exaggeration seems to be the normal way of arguing – and where Europe is concerned, even more so.”

    Yannick Dupuis, 54, an equipment manager for French railways, from near Lille, said: “Britain has always been an island and it has clearly always wanted its sovereignty in one way or another.” He voted no in France’s 2005 referendum. But, with economic turmoil in an increasingly globalised world, he wasn’t sure if Britain would be more exposed if it left. “Given the global situation right now, I really don’t know if it’s good for the British to stay or leave. What’s at stake still seems to be obscure for most people.”

    Alain Poupaux, from the Paris suburbs, who has retired after a career in international insurance, feels there is a growing sense that Europe had done more for the world of finance than for the people. “If Brexit happens, it will be taken as a kind of warning to reform the European Union so it better reflects people’s interests. But I wonder if people will ultimately feel afraid to vote to leave Europe because they don’t know how it will go afterwards. In any case, the UK already has one foot outside Europe: you kept the pound, you’re not in Schengen. You’re already one step removed.”

    View from Berlin

    Attitudes have broadly shifted in recent months, from mild annoyance with the British “cherry-picking” a personalised menu from the EU treaties, to genuine shock that the UK could choose to leave the EU.

    “What I don’t understand is: why are you Brits feeling so bold?” asked political activist Oliver Moldenhauer during a Brexit workshop for British migrants living in Berlin. “Why are people who are so scared of losing their status at the same time so willing to take such a huge risk? It seems you only have things to lose from this referendum.”

    What depressed him about the EU debate in Britain, Moldenhauer said, was that it was concentrated purely on British interests. “Hardly anyone seems to be making the point that Britain should stay because it would help Europe as a whole.”

    Off the record, many parliamentarians advocate a hardline stance in any post-Brexit negotiations. During a recent trip to Westminster, one senior Social Democrat handed British MPs a Brexit-themed short story set in 2030 that implied the UK would have to sign up to the euro if it ever asked to rejoin the EU.

    “It’s an illusion that things would continue as they were before,” said Katarina Barley, the general secretary of the Social Democratic party, who holds dual British-German citizenship. “Negotiations would start at zero. We can’t have a scenario where one country gets all the advantages out of the EU but doesn’t shoulder any responsibilities. You can’t have free movement of goods while opting out of free movement of peoples.”

    What makes the tone of debate in Germany different from that in France is that none of the significant political figures are actively cheering on a British exit.

    Unlike in France, even Germany’s Eurosceptic right does not support Brexit. Alexander Gauland, the deputy chairman of Alternative für Deutschland, who is considered the chief thinker behind the anti-immigration party, said: “When it comes to Brexit, there are two hearts beating in our chest. There is one view that Britain leaving the EU is a good thing, because it will destroy the idea of an ever-closer union.

    “The other view, which is closer to my own, is that as long as Britain remains inside the European Union they help to block certain other ideas of what kind of union it should be, and that Britain helps to shape the EU in the way we imagine it: a Europe of cooperating fatherlands, but not a United States of Europe with federal elements in the way the French love to imagine it. That is why I would plead for Britain to remain in the European Union.”

    Gauland, an anglophile who has written books on the House of Windsor, used to drive a classic Mini and whose office at the Brandenburg state parliament is adorned with 18th-century portraits of British parliamentarians, said he would support a lenient course in post-Brexit negotiations with Britain.

    Yet he dismissed the argument, put forward by Brexit advocates such as Michael Gove, that a British vote to leave could trigger a wave of similar secession movements across the continent, including in Germany.

    “If we were to leave Nato or the EU, which some people in our party want, then that would trigger a debate: is Germany still predictable? Is it too strong for its neighbours? Diplomatically, you have to respect those concerns. It would not be wise for Germany to leave the EU, because we could quickly slip into ill-advised isolation.”

    View from Athens

    When asked to ponder the prospect of Brexit, the fate of European currencies was the first thing that came to Pavlos Kannelopoulos’s mind. “Italy was better off when it had the lira, France was better off with the franc, Spain was better off with the peseta, Germany was better off with the deutsche mark,” says the jeweller tapping his forefinger to make the point on the doorstep of his downtown store. “And us! We were much better off when we had the drachma. The English, they’re clever. They kept their currency, so why stay in this so-called union at all?”

    Britain’s referendum has received relatively little publicity in Greece, which is preoccupied with its own euro woes. In private, Athens’ pro-European political elite insist the 28-member bloc would not be the same without the UK. Some politicians go so far as to admit that if, on the eve of the ballot, polls indicated victory for the leave camp, they hoped the Queen would intervene. But on the street there is sympathy for Brexiters. And, as anti-European sentiment grows, the popular view among Greeks appears to be that Britons should give Brussels a run for its money.

    “They’ll do very well if they vote leave,” said Kleanthis Papazoglou, an unemployed factory worker. “Every day Europe is becoming a little bit more fascistic. The euro has failed. Much better, each to their own.”

    Relief that Athens may have been cut some slack in its own debt negotiations with Brussels as a result of the UK’s referendum is also evident.

    “There’s a feeling we got a good deal because everyone wanted to avoid a new Greek crisis,” said Dimitris Keridis, professor of political science at Panteion University in Athens.

    But that is not the sentiment among Greek MEPs and business leaders. Both fear Brexit and the potentially explosive effect it could have for Greece’s battle to remain in the single currency and, by extension, the EU.

    “It would be a catastrophic move,” said Andreas Andreas, the country’s tourism chief. “Great Britain counters the influence of Germany in the EU. It is a balancing force. If it leaves, it will definitely lead to further integration of a much smaller number of countries around Germany, which will mean the rest will become totally peripheral and even irrelevant to the European dream.”

    In Brussels, Georgios Kyrtsos, who sits on a working group set up by the centre-right European People’s party (EPP) to analyse poll dynamics and data before the vote, said MEPs were far from sure which camp would prevail. “What I do know, and fear, is that in the event of leave winning there will be a move to integrate further and Greece will never be able to keep up,” he said by phone from the Belgian capital. “The Germans and the French will take steps to make up for the loss of the UK and will impose criteria that’ll be so tough Greece won’t be able to follow. It can, after all, barely keep apace now.”

    View from Bucharest

    For a nation that fought hard to get into the EU, Romania sees a certain comic timing in the UK’s Brexit referendum and potential exit from the union.

    “We in this region have struggled to get out of communism, and join the European club. But once inside everything crumbles, with Greece and now the Brexit,” said Adrian Moraru, deputy director of the Institute for Public Policy in Bucharest.

    In February, just before the Brussels summit to try to renegotiate aspects of the EU rules, Romania’s president, Klaus Iohannis, suggested a willingness to compromise in order to keep Britain in, but added that he wouldn’t accept any changes that would discriminate against Romanians. “We do not accept in any way the freedom of movement to be questioned. Likewise … we cannot accept that someone who comes from Romania is treated differently than someone from Spain or Italy,” he told local media at the time.

    Alina Mungiu-Pippidi, a Romanian political scientist, sees a certain hypocrisy at play, noting the way that Britain pushed for enlargement to create a broader EU.

    “The vision of a broader EU was Britain’s vision, so it is bizarre that after the others did what you wanted you talk about leaving the boat, saying it is no longer for you,” she said. But “the main people concerned about the Brexit are those Romanians who work in the UK, or plan to work in the UK, but they don’t seem worried”, she added. “If people felt after a Brexit that Romanian workers would no longer be able to go to the UK there would be sheer panic here.”

    On the streets of Bucharest, some said they understood the concerns of those in Britain wanting to leave.

    “You have to think as a middle-class Brit, and I think it is normal for Brits to want out,” said Mihai Cismaru, a 37-year-old EU funds consultant. “The middle class in Britain doesn’t feel the plus value. As a Romanian, before entering the EU we had to have visas to travel to many places in Europe, now we don’t, but as a Brit it was still very simple before the EU. When you see Britain, France, Germany supporting the EU budget you can understand,” he added.

    “I would be sad if the UK left the EU, but maybe it would mean some Romanians coming home. I think it would weaken the EU, though,” said Ioana Loliceru, a bank worker.

  • Revue de presse : Goodbye Europe cité dans le Journal du dimanche

    Revue de presse : Goodbye Europe cité dans le Journal du dimanche

    Peu après le référendum sur le Brexit, j’ai alerté dans le Journal du Dimanche sur le danger mortel qui pèse sur l’Union européenne. L’Europe est en danger de mort. Les peuples doivent retrouver le sentiment que c’est une entité forte qui les protège. Sans une relance ambitieuse, notamment franco-allemande, nous risquons l’implosion ou une sortie chaotique de l’Union.

  • Rassegna stampa : Gli errori dell’Europa e il rischio Brexit – Il Sole 24 ore 19/06/2016

    Rassegna stampa : Gli errori dell’Europa e il rischio Brexit – Il Sole 24 ore 19/06/2016

    Supponiamo per un attimo che gli inglesi il 23 giugno decidano in maggioranza di lasciare l’Unione europea. La reazione di primo acchito è prevedibile. I governanti nazionali si premureranno di rassicurare i loro cittadini sulla stabilità dell’Europa, ma non riusciranno a celare le loro preoccupazioni sul futuro dell’integrazione comunitaria. I mercati saranno scossi dalla paura di una prossima disintegrazione dell’Unione. Dovremmo temere per l’Italia, sempre segnata dal suo elevato debito pubblico? Nel suo ultimo libro, Sylvie Goulard, una europarlamentare liberale francese, non risponde a questa specifica domanda. Ma in Goodbye Europe non nasconde i suoi timori per il futuro dell’Unione, al di là del successo o meno di coloro che in Gran Bretagna vogliono l’uscita dalla Ue. Il libro della signora Goulard ha il merito di guardare con lucidità agli errori dell’Europa; di smentire con abilità gli stereotipi sulle debolezze dell’Unione; di rifuggire dalla retorica di molti suoi colleghi, preferendo l’analisi dei fatti alle dichiarazioni di principio. Tre gli spunti più interessanti.

    Il primo è relativo all’accordo siglato con il Regno Unito, e che sarà messo al voto degli inglesi. I trattati prevedono che «l’Unione europea crea una unione economica e monetaria la cui moneta è l’euro». L’intesa firmata tra i Ventotto in febbraio stabilisce invece che «non tutti gli stati membri hanno l’euro come moneta». Nei fatti, la deputata nota il grave paradosso che si è venuto a creare: «La valuta non è più unica, l’esenzione (accordata alla Gran Bretagna, ndr) non è più transitoria, ma i deputati europei, i commissari e i giudici britannici continueranno a prendere parte alle decisioni relative a una zona euro alla quale il Regno Unito dichiara non voler mai aderire».

    Sempre agli occhi della signora Goulard non è vero che l’Unione toglie sovranità ai cittadini europei. Anzi restituisce loro sovranità. Due gli esempi citati nel libro. Prima dell’euro, l’inflazione era alta e le svalutazioni frequenti. Oggi, la moneta garantisce dopotutto il suo valore d’acquisto. L’altro esempio riguarda una sentenza recente della Corte europea di Giustizia che ha messo un limite alle violazioni della privacy di Facebook. «Nessun Paese europeo da solo – nota la parlamentare europea – avrebbe potuto incitare gli Stati Uniti e rivedere le sue regole». Infine, l’ultimo spunto riguarda l’assetto istituzionale dell’Unione, reso ancor più fragile dal paradossale potere concesso a Londra nell’accordo di febbraio. È evidente che la crisi economica, sociale e politica che attraversa l’Europa è anche il frutto di un sistema costituzionale ormai impossibile da gestire a 28. Non più totalmente confederale, ma neppure sufficientemente federale, il processo decisionale lento e farraginoso contribuisce a scelte poco efficaci e mal comprensibili. In questo senso, la signora Goulard è convinta che «se necessario, un gruppo di Stati europei deve avanzare da solo, senza aspettare chi esita».

    Questa strada appare tanto più indispensabile per contrastare il virus dei nazionalismi, di cui neppure l’Italia è certo immune. A proposito di come sia facile manipolare il patriottismo, la signora Goulard cita Hermann Göring, intervistato durante il processo di Norimberga dallo psicologo americano e germanofono Gustave Gilbert: «È sempre molto semplice trascinare il popolo, sia in una democrazia che in una dittatura (…) Basta dirgli che è attaccato, e di denunciare i pacifisti, notando che mancano di patriottismo e che mettono il loro Paese in pericolo (…) L’effetto è lo stesso in tutti i Paesi».

    di Beda Romano, 19 giugno 2016