Avec la montée du FN, les eurodéputés redoutent l’affaiblissement sur la scène étrangère de Paris, acteur indispensable à la consruction de l’Union.
Pour le reste de l’UE, «la France n’envoie pas une image de stabilité»
A Bruxelles, on s’est habitué à vivre avec une France dont la couleur semble inexorablement virer au brun. Car le vrai coup de massue ne remonte pas à dimanche soir, mais au 25 mai 2014, lorsque le FN avait obtenu 25 % des voix et 24 des 74 sièges de députés européens réservés à l’Hexagone. «Le résultat des régionales n’est quand même pas une surprise, non ?» s’enquiert un haut fonctionnaire européen. «Ce n’est pas une surprise, d’accord, mais mes collègues allemands, italiens ou britanniques sont de plus en plus inquiets de ce qui se passe en France», tempère Sylvie Goulard, eurodéputée Modem.
Surtout, à chaque triomphe de l’extrême droite, l’image de la France se ternit et son influence se réduit. «Les citoyens croient que ces votes de protestation sont gratuits, analyse Sylvie Goulard. Or c’est une véritable catastrophe pour le pays, tant sur le plan européen qu’économique, car la France n’envoie pas une image de stabilité et d’adaptation au monde moderne.» Ainsi, au Parlement, les députés FN sont isolés et la représentation française réelle pèse du même poids que celle de l’Espagne ou de la Pologne, bien loin de celui de l’Allemagne…

