Catégorie : Économie, Finances; Euro

  • Un budget européen ? Quel budget européen ?

    Un budget européen ? Quel budget européen ?

    Après une nuit de discussions, les chefs d’Etat et de gouvernement se sont mis d’accord le 8 février dernier sur les perspectives financières pour la période 2014 – 2020. Ce texte appelé « budget européen » n’en présente guère le caractère.

    Le budget baisse : est-ce un drame?

    En soi, il n’est pas choquant que, dans une période d’économies, l’Union européenne s’impose des efforts. Et les sommes allouées à l’UE (960 milliards de crédits d’engagement – 908 de crédits de paiement pour 7 ans) ne sont pas négligeables. Mais encore faut-il avoir conscience des ordres de grandeur.

    Ce budget représente 1% de la richesse collective ; voilà le prix de « l’Europe » aux yeux de nos gouvernants. Il est vrai que Judas se contenta de 30 deniers pour livrer Jésus Christ.

    Qu’on déplore ou approuve les économies faites par rapport aux perspectives financières précédentes (-3,4 %) ou aux propositions initiales de la Commission (- 8 %), les coupes sont limitées ; dès lors, les gouvernements « dépensiers » ne sont pas si fous, les « économes » ne sont pas si sages.

    Avec ces sommes, les gouvernements promettent beaucoup : des mesures en faveur de la compétitivité et d’une croissance durable, une politique agricole commune, une politique de cohésion, ils entendent financer une politique étrangère, un budget d’aide au développement et couvrir le coût de fonctionnement des institutions.

    La discussion prend donc par moments la tournure d’une guerre de postures. Un bon exemple : la différence entre les 960 milliards de crédits d’engagement et les 908 milliards de crédits de paiement 1. Le recours à une marge d’ajustement est courant, mais, en l’occurrence, celle-ci a été exploitée à des fins politiciennes, les gouvernements favorables à un budget significatif mettant en avant le chiffre de 960 milliards, les autres celui de 908 milliards.

    Les déclarations des chefs d’Etat et de gouvernement à l’issue de cette nuit montrent bien l’importance de ces postures dans la dramaturgie collective : tous insistent sur la défense des intérêts de leur pays ; beaucoup en déduisent que l’UE est gagnante, peu s’osent à dire que l’UE y a peut-être perdu.

    La répartition des dépenses reflète des choix du passé

    Malgré la gravité de la crise, c’est l’inertie qui a gagné : ce budget n’est pas un budget de sortie de crise ; il perpétue largement des choix des années 80 du siècle dernier (priorité à la PAC, dépenses de cohésion pour les pays du Sud et de l’Est sans guère d’inventaire ; rabais en tous genres. Le rabais britannique n’a par exemple aucune justification. Il est inique car il ne compense plus un retard du pays qui en bénéficie.).

    La PAC reste le premier poste (373 milliards) ; cela pourrait se concevoir si elle devenait un outil stratégique. Or, si elle est réorientée en partie vers les productions « vertes », et moins consacrée aux paiements directs, il n’y a pas de plafonnement européen des aides directes, ce qui perpétue l’une des injustices antérieures.

    La cohésion économique, sociale et territoriale (325 milliards) constitue le second poste, sans que la question de l’efficacité des mannes européennes (voir la Grèce, l’Espagne, l’Irlande) n’ait été posée.

    Les fonds pour les personnes démunies représentent 2,5 milliards mais la nécessaire discussion sur les politiques de pauvreté par rapport à la subsidiarité n’a pas eu lieu, pas plus que n’a été identifié le moyen d’en faire bénéficier les pauvres de tous les pays membres. A ce jour, ce programme souffre du défaut de ne pas concerner un certain nombre d’Etats (Allemagne et Royaume-Uni notamment).

    L’action externe reçoit 58 milliards ; les politiques de sécurité et de citoyenneté près de 16 milliards. Le fonds de développement européen reste stable (26 milliards), les dépenses d’administration sont « contenues » à 50 milliards.

    Enfin, et c’est sans doute le plus grave, ce budget « light » de l’UE à 27 n’est pas complété par la création d’un budget de la zone euro (ou zone euro et pays destinés à y entrer), permettant d’en faire une zone monétaire optimale (politiques de mobilité du travail, investissements, transferts financiers) ou de prendre des mesures contra-cycliques. La discussion lancée par Herman Van Rompuy a tourné court.

    On est loin de quoi que ce soit qui ressemblerait au New Deal du Président américain Roosevelt, durant la grande dépression, période où le budget fédéral des Etats-Unis a décollé, partant d’ordres de grandeur antérieurs similaires à ceux de l’UE actuelle, pour dépasser les 20 % de la richesse nationale. Une telle augmentation pourrait pourtant se faire sans gabegie, en réduisant parallèlement les budgets nationaux grâce notamment aux économies d’échelle.

    Des recettes qui ne sont pas européennes

    La seule chance de mettre fin à ces discussions budgétaires absurdes, où l’unanimité et l’existence de « contributions nationales » et de « rabais » aiguise les rivalités, aurait été de doter l’UE de ressources propres. Le traité le prévoit ; les Etats en parlent depuis des années ; Commission et Parlement l’ont proposé (par exemple avec la taxe sur les transactions financières). Les dirigeants le refusent.

    Une fois de plus, l’occasion a été perdue de doter l’UE d’un financement moderne et pérenne. Et de cesser une mise en scène préjudiciable à l’image de l’Europe. Il est choquant que les chefs d’Etat et de gouvernement soient impliqués en personne, jour et nuit, dans de tels marchandages alors même que l’adoption du budget n’est qu’un acte ordinaire de la vie d’une collectivité. En réalité, tout l’enjeu de ces négociations nocturnes consiste à récupérer quelques carottes spécifiques pour rentrer dans sa capitale avec un panier garni visant à contenter chacun.

    Quant à la durée de l’accord – conçu pour couvrir 7 ans – elle pose à la fois un problème de démocratie (la prochaine législature du Parlement européen n’aura donc rien à dire ?) et de bons sens (qui sait où nous en serons dans 7 ans ?). Comme a dit Guy Verhofstadt en plénière, même l’URSS bornait sa planification à 5 ans. Sans compter que le Premier ministre britannique David Cameron a obtenu satisfaction sur la réduction du budget au moment même où il envisage de revoir les relations entre son pays et l’UE à bref horizon.

    Et maintenant ? Le PE aboie mais mordra-t-il ?

    Le traité de Lisbonne donne, pour la première fois, aux députés européens, un droit d’approbation des perspectives financières. Les Présidents des 4 principaux groupes parlementaires du PE ont indiqué par un communiqué conjoint qu’ils rejetteraient cet accord. Un vote négatif permettrait de redonner la priorité à une perspective européenne, i.e. d’avoir un budget européen, au lieu d’agglutiner des intérêts dits nationaux (qui, du reste, sont parfois ceux de lobbies puissants de certains pays). En cas de rejet, ce sont les perspectives financières précédentes qui continueraient de s’appliquer, sur une base annuelle, le temps qu’un nouvel accord soit trouvé.

    Mais le Parlement européen, arrivé au terme de la législature, peut aussi hésiter à user de son droit.

    Reconduire les perspectives financières précédentes laisse entière l’objection consistant à trouver une meilleure réponse à la crise. Un vote négatif ne serait donc qu’une première étape, nécessaire mais insuffisante en soi.

    A ce stade, les documents disponibles 2 permettent uniquement d’avoir une vision par rubrique du budget décidé par le Conseil européen. Les dirigeants mettent en avant la sauvegarde de certaines politiques (par exemple Erasmus ou l’Aide aux plus démunis) mais il faudra vérifier que le règlement du Conseil, appelé à recevoir formellement l’approbation du Parlement, soit conforme aux bonnes intentions. Une solution pourrait consister à accepter ce budget pour 2 ou 3 ans tout en négociant une possibilité de révision, des marges de flexibilité, voire des ressources propres. Le vote du PE devrait intervenir avant l’été.

    *

    Conclusion : une fois encore, le Parlement européen est placé par le Conseil européen devant un dilemme. Si, au nom du moyen terme et de la rigueur intellectuelle, les députés européens rejetaient le budget, ils seraient sans doute caricaturés comme irresponsables, surtout sur la base d’un traité mal conçu où les élus européens se prononcent finalement sur une somme de contributions nationales. S’ils l’acceptaient, ils privilégieraient une nouvelle fois ce qui, à court terme, semble raisonnable mais, vu la crise actuelle, peut aussi être considéré comme tout à fait déraisonnable. Pour ma part, je crois juste de dire non. Des procédures budgétaires aboutissant à des résultats aussi peu adaptés à notre temps, dans une telle opacité, en encourageant un nationalisme larvé, méritent assurément d’être revues. Et le manque de vision des dirigeants européens dénoncé.

    1 Les crédits pour engagements et les crédits pour paiements diffèrent souvent car les paiements s’étalent dans le temps ; il y a donc une différence entre le plafond possible et la somme effectivement déboursée chaque année.

    2 https://www.consilium.europa.eu/uedocs/cms_data/docs/pressdata/fr/ec/135363.pdf

    Liens utiles :

    Site de la Commission européenne dédié au cadre financier pluriannuel pour la période 2014-2020

  • Une union économique renforcée

    Une union économique renforcée

    Le 9 décembre 2012, le Conseil européen a lancé la négociation, (sans le Royaume-Uni) d’un accord international destiné à établir une union économique renforcée (ou « pacte budgétaire »). Objectif : rassurer les opinions publiques des pays du Nord de l’Europe afin d’augmenter la taille des fonds de secours et de permettre à la BCE d’agir.

    Plénière à Strasbourg, le 23 janvier 2013, à Strasbourg, le Parlement a adopté en session plénière une résolution exposant ses préoccupations et ses exigences. Trois députés – Elmar Brok (Parti populaire, Allemagne), Roberto Gualtieri (Socialistes et démocrates, Italie) et Guy Verhofstadt (Libéraux et démocrates, Belgique) représentent le Parlement dans ces discussions.

    La résolution marque d’abord clairement les doutes du Parlement quant à la nécessité d’un tel accord, en dehors du cadre juridique communautaire et dans un domaine où la législation vient d’être renforcée par le “6 pack”. Cet accord a plus une valeur symbolique que juridique sauf sur un point : l’engagement d’introduire une “régle d’or” ie une limite à l’endettement dans les constitutions nationales.

    En outre, si la discipline budgétaire est indispensable, elle ne suffit pas. C’est pourquoi la résolution du Parlement s’attache à faire du renforcement de la croissance une priorité.

    De plus, les députés soulignent le besoin d’accompagner le renforcement des règles communes et de la convergence par une plus grande légitimation démocratique. Dès lors, la résolution soutient que les parlements nationaux et le Parlement européen doivent être impliqués dans tous les aspects de la gouvernance économique.

    Un accord international risque également d’instaurer, de manière permanente, une “Europe à deux vitesses”. Pour éviter une telle situation, la résolution préconise qu’à terme (5 ans au plus) la substance de cet accord soit intégrée dans le droit communautaire (valable pour les 27).

    Enfin, les députés voudraient inclure dans cet accord l’engagement des États membres de créer un fonds d’amortissement de la dette existante, d’émettre des emprunts obligataires pour le financement de futurs projets, d’instaurer une taxe sur les transactions financières et d’adopter une feuille de route pour l’introduction d’euro-obligations.

    Plus que jamais, le Parlement reste donc actif dans la régulation économique et financière de la zone euro. Il n’a qu’un rôle d’observateur mais entend faire entendre sa voix.

  • Le Parlement européen adopte mon rapport sur les eurobonds

    Le Parlement européen adopte mon rapport sur les eurobonds

    Le rapport voté mercredi 16 janvier 2013, à une large majorité est un rapport d’initiative par lequel le Parlement donne un signal au Conseil et à la Commission ; dans le cadre juridique actuel, les députés n’ont pas le pouvoir de lancer un processus législatif ;

    • La majorité du Parlement est ainsi nettement en faveur de la poursuite du travail sur les différentes options qui ont été esquissées par le Commission dans son livre Vert, et par divers académiques ;
    • Le rapport envisage plusieurs étapes et ne cache aucun obstacle juridique. Il énumère les conditions préalables à la mutualisation de la dette, notamment :
      • Le respect le plus strict des règles de discipline budgétaire et de réduction de l’endettement qui ont été renforcées ces dernières années ;
      • La conduite des réformes structurelles destinées à renforcer la compétitivité des économies ;
      • Le respect des règles de droit contenues dans les traités et les constitutions nationales.
    • Mais il rappelle aussi les avantages qu’on pourrait attendre de la création de nouveaux instruments, notamment :
      • Une détente des taux avec des eurobills ou un fonds de rédemption, afin de rendre plus durables les efforts en cours dans un certain nombre de pays ;
      • Une incitation à respecter la discipline, en abaissant le coût de l’endettement en dessous de 60 % du PIB (option des blue / red bonds)
      • l’apparition de produits liquides et stables, destinés aux investisseurs, facilitant le financement des Etats et de l’économie.
    •  Enfin, il place l’euro dans une perspective de long terme en abordant même l’éventualité de la création d’instruments qui ne seraient pas le résultat de la mutualisation des dettes nationales, qui requiert des contrôles mutuels extrêmement intrusifs sur la nature des dépenses engagées par les partenaires, mais constitueraient une dette européenne (Option 4). Le document du Président Van Rompuy pour le conseil européen de décembre 2012 reconnaît lui aussi la nécessité, pour la zone euro, de disposer de son propre budget.

    La balle est maintenant dans le camp de la Commission ; plusieurs Etats membres sont très réticents, parfois avec de bonnes raisons vu les failles observées ces dernières années, dans les finances publiques de plusieurs Etats, au détriment de l’intérêt des citoyens concernés.

    La mutualisation de la dette est un chantier difficile qui prendra des années ; ce rapport est un jalon. Mais, après tout, il a fallu des décennies pour faire l’euro.

    Texte adopté en français

    Texte adopté en anglais

    Texte adopté en français

  • Le pacte pour la croissance et l’emploi » adopté par le Conseil européen – 29 juin 2012

    Le pacte pour la croissance et l’emploi » adopté par le Conseil européen – 29 juin 2012

    Les chefs d’État ou de gouvernement, exprimant leur détermination à favoriser une croissance intelligente, durable, inclusive, efficace dans l’utilisation des ressources et créatrice d’emplois, dans le contexte de la stratégie Europe 2020, soulignant la nécessité de mobiliser à cette fin l’ensemble des moyens, instruments et politiques à tous les niveaux de gouvernance dans l’Union européenne, rappelant l’importance que revêtent des finances publiques saines, les réformes structurelles et les investissements ciblés pour assurer une croissance durable, ont décidé du pacte suivant. Lire l’intégralité du pacte, à partir de la page 8.

  • Un plan pour la croissance en Europe

    Un plan pour la croissance en Europe

    Le 20 février dernier, les Premiers ministres David Cameron, Mario Monti et Mark Rutte ont adressé une lettre – cosignée par leurs homologues de neuf pays (Estonie, Lettonie, Finlande, Irlande, République tchèque, Slovaquie, Espagne, Suède, Pologne) – à MM. Barroso et Van Rompuy. Objectif : « restaurer la confiance en la capacité de l’Europe à générer une croissance économique forte et durable ».

    Cette initiative intéressante vient à point nommé à la fois pour apporter une autre vision que celle des Allemands et des Français, comme sur le fond.

    Toutefois, une lecture attentive peut susciter deux questions:

    1. Faut-il vraiment que les chefs de gouvernement entrent dans ce degré de détail et, à bien des égards, répètent des engagements antérieurs ? Ne sommes-nous pas, encore une fois, dans l’incantation chère au Conseil européen ? Quel citoyen peut s’y retrouver ?
    2. Sur plusieurs points, le Parlement européen a des compétences en tant que co-législateur (directives sur le marché unique, mise en œuvre des règles d’exigences en capital des banques, etc.) Etait-il vraiment si difficile de mentionner le Parlement européen, de proposer un effort collectif des différentes institutions ? Tout ceci est un peu décevant.

    Joint letter from Prime Minister David Cameron, Prime Minister Mark Rutte, Prime Minister Mario Monti, Prime Minister Andrus Ansip, Prime Minister Valdis Dombrovskis, Prime Minister Jyrki Katainen, Taoiseach Enda Kenny, Prime Minister Petr Nečas, Prime Minister Iveta Radičová, Prime Minister Mariano Rajoy, Prime Minister Fredrik Reinfeldt, and Prime Minister Donald Tusk
    Herman van Rompuy, President of the European Council
    José Manuel Barroso, President of the European Commission

    20 February 2012

    A PLAN FOR GROWTH IN EUROPE

    We meet in Brussels at a perilous moment for economies across Europe. Growth has stalled. Unemployment is rising. Citizens and businesses are facing their toughest conditions for years. As many of our major competitor economies grow steadily out of the gloom of the recent global crisis, financial market turbulence and the burden of debt renders the path to recovery in Europe much harder to climb.
    Europe has many fundamental economic assets. But the crisis we are facing is also a crisis of growth. The efforts that each of us are taking to put our national finances on a sustainable footing are essential. Without them, we will not lay the foundations for strong and lasting economic recovery. But action is also needed to modernise our economies, build greater competitiveness and correct macroeconomic imbalances. We need to restore confidence, among citizens, businesses and financial markets, in Europe’s ability to grow strongly and sustainably in the future and to maintain its share of global prosperity.
    We discussed these issues when we last met. It is right that we discuss them again. Building on the conclusions we have previously reached, it is now time to show leadership and take bold decisions which will deliver the results that our people are demanding. We welcome the steps being taken, nationally and at the European level, to address this challenge and look forward to agreeing further concrete steps at our next meeting, with action focused on eight clear priorities to strengthen growth.
    First, we must bring the single market to its next stage of development, by reinforcing governance and raising standards of implementation. The Commission’s report to the June European Council should set out clear and detailed actions needed to enhance implementation and strengthen enforcement.
    Action should start in the services sector. Services now account for almost four fifths of our economy and yet there is much that needs to be done to open up services markets on the scale that is needed. We must act with urgency, nationally and at the European level, to remove the restrictions that hinder access and competition and to raise standards of implementation and enforcement to achieve mutual recognition across the single market. We look forward to the Commission report on the outcome of sectoral performance checks and call on the Commission to fulfil its obligation under the services directive to report comprehensively on efforts to open up services markets and to make recommendations for additional measures, if necessary in legislation, to fulfil the internal market in services.

    Second, we must step up our efforts to create a truly digital single market by 2015. The digital economy is expanding rapidly but cross-border trade remains low and creativity is stifled by a complex web of differing national copyright regimes. Action is needed at the EU level to provide businesses and consumers with the means and the confidence to trade on- line, by simplifying licensing, building an efficient framework for copyright, providing a secure and affordable system for cross-border on-line payments, establishing on-line dispute resolution mechanisms for cross-border on-line transactions and amending the EU framework for digital signatures. We should build on the recent proposals of the Commission, without reopening the e-commerce directive, to create a system that balances the interests of consumers, businesses and rights holders, and spurs innovation, creative activity and growth. We must also continue our efforts to build modern infrastructure to provide better broadband coverage and take-up and extend and promote e-government services to simplify the start up and running of businesses and aid the mobility of workers.
    Third, we must deliver on our commitment to establish a genuine, efficient and effective internal market in energy by 2014. All member States should implement fully the Third Energy Package, swiftly and in recognition of agreed deadlines. Energy interconnection should be enhanced to help underpin security of supply. Urgent action is also needed, nationally and where appropriate collectively, to remove planning and regulatory barriers to investment in infrastructure to release the potential of the single market and support green growth and a low-emissions economy. We look forward to the Commission’s forthcoming communication on the functioning of the internal market, which should include an assessment of the degree of liberalisation and energy market opening in member States. We also commit to making concrete progress towards the development of a Single European Transport Area and establishing the Connecting Europe Facility.
    Fourth, we must redouble our commitment to innovation by establishing the European Research Area, creating the best possible environment for entrepreneurs and innovators to commercialise their ideas and create jobs, and putting demand-led innovation at the heart of Europe’s research and development strategy. We must also act decisively to improve investment opportunities for innovative start-ups, fast-growing companies and small businesses, by creating an effective EU-wide venture capital regime which allows venture capital funds to operate on a pan-European basis, assessing a proposal for an EU venture capital scheme building on the EIF and other financial institutions in cooperation with national operators, and agreeing a new EU-wide programme, modelled on the Small Business Innovation Research scheme, to promote more effective use of pre-commercial public procurement to support innovative and high tech businesses. Reforms to create an effective and business-friendly system of intellectual property protection remain a very high priority.
    Fifth, we need decisive action to deliver open global markets. This year we should conclude free trade agreements with India, Canada, countries of the Eastern neighbourhood and a number of ASEAN partners. We should also reinforce trade relations with countries in the southern neighbourhood. Fresh impetus should be given to trade negotiations with strategic partners such as Mercosur and Japan, with negotiations with Japan launched before the summer, provided there is progress on the scope and ambition of a free trade agreement. The deals that are currently on the table could add €90 billion to EU GDP.
    But we must go further too. We need to inject political momentum into deepening economic integration with the US, examining all options including that of a free trade agreement ; seek to deepen trade and investment relations with Russia, following its accession to the WTO; and launch a strategic consideration of our trade and investment relationship with China, with a view to strengthening our economic ties and reinforcing commitment to rules-based trade. Recognising the benefits that open markets bring, we should continue our efforts to strengthen the multilateral system, including through the Doha Development Agenda, strive for multilateral and plurilateral agreements in priority areas and sectors, and resist protectionism and seek greater market access for our businesses in third countries. Above all, we must reject the temptation to seek self-defeating protectionism in our trade relations.
    Sixth, we need to sustain and make more ambitious our programme to reduce the burden of EU regulation. We welcome the commitments made by the institutions to reduce burdens on small businesses but urge further and faster progress across the EU institutions while maintaining the integrity of the single market and the Union’s wider objectives. We should assess the scope for ambitious new EU sectoral targets and agree new steps to bring tangible benefits to industry. We should also make a very clear and visible statement of our intention to support micro-enterprises and ask the Commission to present detailed proposals to achieve this, including possible amendments to existing legislation. We also ask the Commission to publish an annual statement identifying and explaining the total net cost to business of regulatory proposals issued in the preceding year.
    Seventh, we must act nationally and, respecting national competences, collectively to promote well functioning labour markets which deliver employment opportunities and, crucially, promote higher levels of labour market participation among young people, women and older workers. Special attention should also be given to vulnerable groups that have been absent from the labour market for long periods. We should foster labour mobility to create a more integrated and open European labour market, for example by advancing the acquisition and preservation of supplementary pension rights for migrating workers, while respecting the role of the social partners. We should also take further action to reduce the number of regulated professions in Europe, through the introduction of a tough new proportionality test set out in legislation. In this context, we ask the Commission to convene without delay a new forum for the mutual evaluation of national practices to help identify and bring down unjustified regulatory barriers, examine alternatives to regulation which ensure high professional standards and assess the scope for further alignment of standards to facilitate mutual recognition of professional qualifications.
    Finally, we must take steps to build a robust, dynamic and competitive financial services sector that creates jobs and provides vital support to citizens and businesses. Implicit guarantees to always rescue banks, which distort the single market, should be reduced. Banks, not taxpayers, should be responsible for bearing the costs of the risks they take. While pursuing a level playing field globally, we should commit irrevocably to international binding standards for capital, liquidity and leverage with no dilution, ensuring that EU legislation adheres to Basel 3 standards to ensure financial stability and meet the financing needs of our economies. Banks should be required to hold appropriate levels and forms of capital in line with international criteria, without discrimination between private and public equities. We also call for rigorous implementation of the G20 principles on banking sector remuneration in line with existing EU legislation.

    Each of us recognises that the plan we propose requires leadership and tough political decisions. But the stakes are high and action in many of these areas is long overdue. With bold and effective action and strong political will we can recover Europe’s dynamism and put our economies back on the path to economic recovery. We urge you and the European Council to answer our peoples’ call for reform and to help restore their confidence in Europe’s ability to deliver strong and sustainable growth.
    We are copying this letter to colleagues on the European Council. David Cameron, Prime Minister of the United Kingdom
    Mark Rutte, Prime Minister of the Netherlands
    Mario Monti, Prime Minister of Italy Andrus Ansip, Prime Minister of Estonia Valdis Dombrovskis, Prime Minister of Latvia Jyrki Katainen, Prime Minister of Finland
    Enda Kenny, Taoiseach, Republic of Ireland
    Petr Nečas, Prime Minister of the Czech Republic Iveta Radičová, Prime Minister of Slovakia Mariano Rajoy, Prime Minister of Spain
    Fredrik Reinfeldt, Prime Minister of Sweden
    Donald Tusk, Prime Minister of Poland

  • Le « 6 pack »

    Le « 6 pack »

    Le 28 septembre 2011, le Parlement européen a adopté les six textes de réforme de la gouvernance économique proposés un an plus tôt par la Commission européenne. Pour la première fois, le Parlement européen était associé à la définition des règles de la monnaie unique, négociant sur un pied d’égalité avec le Conseil représentant les Etats. Après de longues et âpres négociations, les députés ont obtenu des avancées significatives pour que les erreurs du passé ne puissent plus se reproduire à l’avenir.

    Pour un aperçu général des mesures adoptées

    Explication du “dialogue économique” créé sur proposition du Parlement européen