Auteur/autrice : julien

  • Institut Océanographique de Monaco – Fondation Albert Ier, Prince de Monaco

    Institut Océanographique de Monaco – Fondation Albert Ier, Prince de Monaco

    Depuis décembre 2025, Sylvie Goulard est administratrice (membre du Conseil d’administration) de l’Institut océanographique de Monaco, Fondation Albert Ier, Prince de Monaco.

    Cette nomination, intervenue le 11 décembre 2025 aux côtés de celle de Julia Marton-Lefèvre à la présidence du Conseil, marque une nouvelle étape pour l’institution. Sylvie Goulard apporte au Conseil son expertise unique en affaires européennes, finances publiques, finance durable et géopolitique, acquise au cours de ses fonctions de députée européenne, ministre des Armées, sous-gouverneure de la Banque de France et enseignante sur les questions de durabilité.

    Rôle et mission de l’Institut océanographique de Monaco

    Fondé en 1906 par le Prince Albert Ier de Monaco, pionnier de l’océanographie moderne, l’Institut océanographique a pour mission historique et intemporelle de « faire connaître, aimer et protéger l’océan ».

    Institution reconnue d’utilité publique, elle agit aujourd’hui comme un acteur majeur de la médiation scientifique et environnementale à l’échelle internationale. Sous l’impulsion de son président d’honneur, S.A.S. le Prince Albert II de Monaco, elle contribue activement à l’engagement de la Principauté pour la préservation des océans.

    Ses principales actions incluent :

    • La gestion du célèbre Musée océanographique de Monaco et de la Maison de l’Océan à Paris, lieux emblématiques de sensibilisation du grand public ;
    • L’organisation d’expositions, de conférences, de programmes éducatifs et de plaidoyers internationaux ;
    • Le soutien à la recherche et à la conservation marine ;
    • La promotion d’une économie bleue durable, de la finance verte et de la gouvernance mondiale de l’océan (notamment via des initiatives comme la Monaco Blue Initiative ou le Blue Economy and Finance Forum).

    En rejoignant le Conseil d’administration, Sylvie Goulard participe à la définition stratégique de ces actions, en renforçant notamment les dimensions économiques, financières et géopolitiques essentielles aux grands défis actuels de protection de la biodiversité marine et de lutte contre le changement climatique.

  • L’allargamento non guarirà l’Europa

    L’allargamento non guarirà l’Europa

    Cet article est issu de « la Lettura » (supplément du Corriere della Sera, daté du 30 novembre 2025), qui présente une conversation entre Maurizio Ferrera (professeur de sciences politiques italien) et Sylvie Goulard (experte française en affaires européennes).

    Le thème central est la survie de l’Union européenne (UE) face à ses fragilités internes et externes, sous le titre « L’élargissement ne guérira pas l’Europe ». Il s’agit d’un débat sur le « (Dés)ordre global : l’Europe peut-elle résister à elle-même ? », organisé à la Fondation Feltrinelli à Milan le 2 décembre 2025. L’article met l’accent sur les crises récentes (euro, Brexit, réfugiés, Covid, invasion russe en Ukraine, changement climatique) et les défis géopolitiques, en soulignant l’incomplétude de l’UE comme construction politique.

    Arguments clés

    Les arguments sont développés à travers un dialogue structuré, où Sylvie Goulard et Maurizio Ferrera analysent les faiblesses de l’UE et proposent des pistes de réforme. Voici une synthèse condensée :

    1. Fragilité structurelle de l’UE : L’UE est une entité « sui generis » basée sur le partage plutôt que le transfert de souveraineté, ce qui crée des incohérences. Par exemple, la monnaie unique coexiste avec une gouvernance économique décentralisée, et il manque une vraie politique étrangère et de sécurité commune. Cela rend l’UE vulnérable face aux menaces externes (comme les tariffs imposés par Trump) et internes.
    2. Menaces externes et géopolitiques : La Russie est vue comme une puissance agressive visant une restauration impériale, tandis que les États-Unis sous Trump cherchent à affaiblir l’UE et à la laisser seule (ex. : exclusion des Européens des négociations sur l’Ukraine, avec un dialogue direct Trump-Poutine). L’Europe a fourni plus d’aide militaire à l’Ukraine que les USA, mais sans coordination unifiée, cela reste inefficace.
    3. Ennemis internes et nationalisme : Le nationalisme (ex. : Viktor Orbán en Hongrie, forces souverainistes) est la principale cause auto-infligée de fragilité, minant les fondements démocratiques et libéraux de l’UE. Il suscite des orientations anti-Bruxelles et freine les réformes. Même au pouvoir (comme Giorgia Meloni en Italie), les souverainistes restent « contre » l’intégration approfondie, comme l’abolition du veto.
    4. Élargissement : un risque sans réformes : L’adhésion de nouveaux pays (Ukraine, Balkans, etc.) ne renforcera pas l’UE sans changements institutionnels préalables (fin du veto, réforme du budget, respect de l’État de droit). Les élargissements passés (pays d’Europe centrale et orientale) ont été risqués et coûteux. Goulard insiste : l’élargissement doit être conditionné à des réformes pour éviter la fragmentation, et la Commission devrait proposer un plan clair, soumis au débat citoyen et aux parlements.
    5. Besoin d’intégration fédérale et démocratique : Pour survivre, l’UE doit compléter son modèle vers un fédéralisme adapté (délégation du bas vers le haut, sans étouffer les autonomies locales). Exemples historiques : le projet avorté de Communauté européenne de défense (1950s). Les instruments récents (European Peace Facility, Safe) sont utiles mais opaques et contrôlés par les gouvernements nationaux, sans accountability parlementaire. Pendant le Covid, l’UE a réussi à créer une « Union de la santé » ; un modèle similaire est nécessaire pour la défense et la politique étrangère.
    6. Résistances et solutions : Les opinions publiques résistent par pacifisme, sous-estimation des menaces (désinformation russe, cyberattaques), ou priorisation du welfare national. Les leaders doivent être courageux pour expliquer les risques et proposer des plans. Le changement doit être démocratique, impliquant les citoyens via des débats et votes. Sans cela, l’UE risque l’implosion, surtout avec des élections clés (France 2027) et un tandem franco-allemand affaibli.

    En résumé, l’article plaide pour une UE plus cohérente et unie, capable de se défendre dans un monde hostile, en évitant l’élargissement précipité et en combattant le nationalisme. Il s’inscrit dans le projet de recherche « Solid » sur les crises post-2008 et la politique européenne.

  • Realistic… really?

    Realistic… really?

    In this article « Realistic… really? » (SDA Bocconi Insight, La Libellula, October 2025), I critique the widespread invocation of « realism » by leaders and executives to justify weakening environmental commitments—such as scaling back ESG reporting, abandoning the 2035 combustion engine ban, retreating from « no net land take » by 2050, failing plastic pollution negotiations, and delaying regenerative agriculture.

    While acknowledging the need for feasible goals and social support, I identify three flaws in this approach: an anthropological/moral issue (enabling denial, e.g., Trump’s 2025 UN speech), an economic one (procrastination escalates costs amid worsening crises like ocean acidification crossing a planetary boundary), and a political one (short-termism ignoring science).

    Drawing on reports (EEA 2025, Dasgupta Review) and SDA Bocconi research, I argue that true realism demands urgent, evidence-based action for a nature-positive transition to safeguard competitiveness and avoid irreversible damage.

  • RÉGÉNÉRER LA NATURE,C’EST RÉGÉNÉRER L’ÉCONOMIE

    RÉGÉNÉRER LA NATURE,C’EST RÉGÉNÉRER L’ÉCONOMIE

    En octobre 2025, a été publié ce rapport intitulé Régénérer la Nature, C’est Régénérer l’Économie, en partenariat avec la plateforme 2050Now et l’équipe du Sustainability Lab de Bocconi. Ce document fait suite à une étude précédente, Détruire la nature, c’est détruire l’économie (janvier 2025), et vise à promouvoir une approche positive et actionnable pour intégrer la préservation de la nature au cœur des stratégies économiques.

    Ce rapport de 72 pages explore comment les entreprises peuvent se transformer grâce aux solutions fondées sur la nature, en reliant étroitement les enjeux climatiques et la biodiversité. Il s’appuie sur des exemples concrets d’entreprises partenaires (comme BCG, BETC, BNPP, Bouygues, ENGIE, LVMH, SNCF Voyageurs et Veolia), des recherches scientifiques, et des analyses sur les sols, l’eau, les océans, la résilience, et la coopération avec les parties prenantes. Les messages clés soulignent l’urgence d’agir pour préserver les chaînes de valeur, mesurer les impacts, et favoriser une économie régénérative, inclusive et durable.

    Voici un aperçu de la structure principale :

    • Messages clés (p. 4) : Cinq points essentiels sur l’urgence écologique, les solutions nature-based, la résilience intégrée, la mesure des impacts, et l’inclusion des acteurs.
    • Introduction : « Business in Nature » (p. 5-8) : Un contexte mondial sur les défis géopolitiques, climatiques et environnementaux, avec des références à des travaux de recherche comme ceux de Stefano Pogutz et Monika Winn.
    • Partie 1 : Se transformer grâce aux solutions fondées sur la nature (p. 9 et suivantes) : Focus sur les sols, l’eau et les océans pour une agriculture et une gestion régénératrices.
    • Partie 2 : Mettre la nature au cœur de la résilience (p. 32) : Mesure, sécurité, compétitivité et préservation.
    • Partie 3 : Inclure et coopérer (p. 52) : Connaissance, persuasion et action durable.
    • Conclusion : Une vision à long terme où régénérer la nature fonde une prospérité humaine durable.

    Ce rapport invite les entreprises, décideurs et citoyens à agir sans délai, en s’appuyant sur la science et des pratiques concrètes. Pour plus de détails, je vous encourage à explorer les sources citées et les exemples d’initiatives.

  • REGENERATING NATURE MEANS REGENERATING THE ECONOMY

    REGENERATING NATURE MEANS REGENERATING THE ECONOMY

    In October 2025, was published this report titled Regenerating Nature is Regenerating the Economy, in partnership with the 2050Now platform and the Sustainability Lab team at Bocconi. This document follows my previous study, Destroying Nature is Destroying the Economy (January 2025), and aims to promote a positive and actionable approach to integrating nature preservation at the heart of economic strategies.

    This 72-page report explores how companies can transform themselves through nature-based solutions, closely linking climate challenges and biodiversity. It draws on concrete examples from partner companies (such as BCG, BETC, BNPP, Bouygues, ENGIE, LVMH, SNCF Voyageurs, and Veolia), scientific research, and analyses on soils, water, oceans, resilience, and cooperation with stakeholders. The key messages emphasize the urgency of action to preserve value chains, measure impacts, and foster a regenerative, inclusive, and sustainable economy.

    Here is an overview of the main structure:

    • Key Messages (p. 4): Five essential points on ecological urgency, nature-based solutions, integrated resilience, impact measurement, and actor inclusion.
    • Introduction: “Business in Nature” (p. 5-8): A global context on geopolitical, climate, and environmental challenges, with references to research works like those by Stefano Pogutz and Monika Winn.
    • Part 1: Transforming Through Nature-Based Solutions (p. 9 and following): Focus on soils, water, and oceans for regenerative agriculture and management.
    • Part 2: Placing Nature at the Heart of Resilience (p. 32): Measurement, security, competitiveness, and preservation.
    • Part 3: Including and Cooperating (p. 52): Knowledge, persuasion, and sustainable action.
    • Conclusion: A long-term vision where regenerating nature forms the basis of sustainable human prosperity.

    This report invites companies, decision-makers, and citizens to act without delay, relying on science and concrete practices.

  • Nuclear power and jellyfish

    Nuclear power and jellyfish

    In this article « Nuclear Power and Jellyfish » (SDA Bocconi Insight, La Libellula, September 2025), I use the August 2025 jellyfish invasion that shut down units at France’s Gravelines nuclear plant as a stark reminder of climate change’s real and interconnected impacts.

    While nuclear power is promoted for its low-CO2 benefits, energy sovereignty, and competitiveness, it remains vulnerable to warming seas (fostering jellyfish blooms) and rivers (preventing cooling water discharge), leading to costly shutdowns.

    I argue against prioritizing short-term competitiveness over ecology, highlighting invasive species as a major environmental pressure (per IPBES), alongside threats to tourism, health, and prosperity from droughts, heatwaves, and species proliferation.

    I call for collaborative public-private efforts in mitigation, adaptation (e.g., upgrading plants), and conservation, urging us to heed nature’s warnings rather than ignore science.

  • « La loi Duplomb révèle une triple dérive sur l’économie, la science et l’Europe »

    « La loi Duplomb révèle une triple dérive sur l’économie, la science et l’Europe »

    Dans cette tribune, est critiquée la loi Duplomb (visant à exploiter les minerais des fonds marins) comme révélatrice d’une triple dérive :

    • Économique : Illusion de relance par des ressources non renouvelables, au détriment d’une vraie innovation.
    • Scientifique : Mépris des alertes des experts sur les risques irréversibles pour les écosystèmes marins.
    • Européenne : Affaiblissement de la position de l’UE, pionnière en protection environnementale, face à la concurrence internationale.

    J’appelle à privilégier une approche durable et cohérente avec les engagements climatiques et biodiversité de l’Europe.

  • With a sea view

    With a sea view

    In this article « With a Sea View » (SDA Bocconi Insight, La Libellula), I emphasize the ocean’s vital yet undervalued role in the biosphere—covering 70% of Earth and hosting 95% of its life—arguing that greening terrestrial economies is insufficient without addressing marine risks and opportunities.

    Reflecting on the June 2025 UN Ocean Conference in Nice and related events, I highlight progress in high-seas biodiversity protection, marine conservation, decarbonizing shipping, and reducing plastics. Key points include:

    Persistent multilateral cooperation amid challenges, offering grounds for optimism in shifting to a regenerative blue economy.te ….

    Integration of finance into ocean sustainability (e.g., investments needed for ecosystem restoration).

    Emerging tools like the Ocean Impact framework (SDA Bocconi et al.) for assessing business impacts on seas, and biodiversity credits pilots.

  • GREEN DISCLOSURE: RED TAPE OR STRATEGIC TOOL?

    GREEN DISCLOSURE: RED TAPE OR STRATEGIC TOOL?

    In this IEP@BU Policy Brief No. 43 (June 2025), titled Green Disclosure: Red Tape or Strategic Tool?, we (Sylvie Goulard and Aure Keraron) argue that the EU’s Corporate Sustainability Reporting Directive (CSRD) – with its double materiality and assurance requirements – is a vital strategic tool, not mere bureaucracy.

    While the 2025 Omnibus simplification package seeks to ease burdens amid economic pressures, we caution that excessive rollbacks risk undermining the Green Deal, fragmenting the single market, eroding Europe’s green competitiveness, and ignoring ongoing climate and biodiversity crises.

    Reliable ESG reporting supports informed decisions, financial stability, innovation, and long-term resilience – essential for the sustainable transition.

  • In the Name of the French People: The European Consequences of Marine Le Pen’s Conviction

    In the Name of the French People: The European Consequences of Marine Le Pen’s Conviction

    In this article titled « In the Name of the French People: The European Consequences of Marine Le Pen’s Conviction » (published April 4, 2025), I defend the recent French court ruling convicting Marine Le Pen for misappropriating European Parliament funds.

    I argue that the judgment upholds the rule of law, protects European taxpayers, and is not a « political » decision, as Le Pen claims. Drawing on my own experience in the same investigation (from which I was cleared), I stress the impartiality of the process, the need for political integrity, and the broader implications for EU values.

    Criticizing international nationalists’ support for Le Pen, I highlight how the case safeguards the EU budget and democracy beyond mere elections. Appeals remain possible, but undermining judicial independence risks eroding public trust.