Auteur/autrice : julien

  • “Que Londres reste avec nous ou pas, traitons avec Berlin les sujets qui fâchent”

    “Que Londres reste avec nous ou pas, traitons avec Berlin les sujets qui fâchent”

    Si, par malheur, les partisans du « Brexit » l’emportaient, l’Union européenne pourrait se disloquer. Une initiative franco-allemande est évoquée. Elle est indispensable. Même dans l’hypothèse d’une victoire des adversaires du « Brexit », Paris et Berlin devraient prendre leurs responsabilités.

    L’Union a assuré la paix et la prospérité du continent depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Elle est imparfaite, des erreurs ont été commises mais tolérer encore les mensonges et les jeux de défausse actuels est un comportement d’enfants gâtés. Un nouveau dessein commun doit être conçu. Entendre les peuples est une chose, les bercer d’illusions en est une autre. Il faut au contraire expliquer la réalité : faute de changement d’échelle, non seulement l’Union européenne sera balayée mais les États-nations seront dépassés. Isolément, ils sont dépourvus des moyens de se défendre, ils sont incapables de contrer la puissance financière et technologique des États-Unis ou la force industrielle de la Chine. Ces phénomènes interdisent de faire la moindre pause.

    Si, par le passé, la justification de l’Europe venait de l’intérieur – la paix entre ses membres, la raison d’être de la construction européenne se trouve désormais à l’extérieur, dans l’évolution rapide du monde : vis-à-vis des réfugiés ou plus durablement, face à la pression démographique de l’Afrique, que voulons-nous faire ? Comment défendons-nous nos libertés individuelles dans la révolution technologique, notre justice sociale ? Comment ripostons-nous à la terreur islamique ? Aucun dossier ne montre mieux le dilemme européen que le traité transatlantique : sur le papier, les Européens sont plus forts que les Américains mais l’inachèvement de l’Union européenne les empêche d’en tirer parti.

    Dans ce contexte, il ne faut pas sous-estimer les divergences franco-allemandes. Rares sont les Allemands qui cultivent la nostalgie de l’Europe des Six, une époque où leur pays était affaibli et divisé. Les Français idéalisent d’ailleurs indûment les débuts de la Communauté, oubliant qu’en 1954, par exemple, ils ont rejeté la Communauté européenne de défense. La question du transfert de souveraineté était à peine moins épineuse quand le nombre d’États était réduit. Aux yeux des Allemands, l’euro n’est pas une alternative au marché unique, d’où le soin qu’ils mettent à soigner leurs relations avec Londres ou Varsovie. Dans l’hypothèse de discussions visant à redéfinir les rapports avec un Royaume-Uni sorti de l’Union, comme dans toute refondation européenne, ce réflexe jouera encore.

    Pour l’Allemagne, le respect des règles est l’alpha et l’oméga. Une certaine exaspération est perceptible après que le côté français, des années durant, a demandé des délais sans toujours les mettre à profit. En outre, comme l’a souligné le président de la Bundesbank, pour la zone euro, la seule alternative aux règles, c’est un partage de souveraineté plus poussé. Les dirigeants français successifs ont malheureusement tendance à violer les premières et refuser le deuxième. Les Français devraient se souvenir qu’à Maastricht, c’est la France qui a voulu l’euro et rejeté l’Europe politique. Sans doute les Allemands montrent-ils peu d’appétit, en ce moment, pour des avancées fédérales. La zone euro n’en souffre pas moins de carences démocratiques, la crise l’a montré. Le 14 juillet dernier, le président de la République a lancé des idées intéressantes en ce sens. Elles mériteraient d’être développées, ce qui permettrait aussi de dénoncer certains abus de position dominante des Allemands : les préjugés persistants contre les pays du Sud, les critiques déplacées contre la Banque centrale européenne ou le risque de voir la poursuite de l’union bancaire capoter en raison des conflits d’intérêts des responsables politiques locaux avec les caisses d’épargne et les Landesbanken (banques publiques).

    Enfin, les Allemands sont meurtris que les Français n’aient pas été à leurs côtés dans leur effort exceptionnel pour accueillir les réfugiés syriens. En matière de défense, c’est la France qui fournit la majeure contribution, même si le budget de défense et la vision stratégique de l’Allemagne sont en train de changer.

    La réalité déplaisante pour la France, c’est que la relation est désormais déséquilibrée. Même si l’Allemagne n’est pas exempte de fragilités, elle domine l’Europe. Sa chancelière en est le leader, comme le Président Obama l’a rappelé récemment à Hanovre. Ce n’est pas une raison pour baisser les bras. La France peut améliorer ses performances et regagner en influence. Son retour est attendu par bien des partenaires inquiets d’une possible hégémonie allemande, tandis que l’Allemagne elle-même aspire à partager son fardeau.

    Ainsi, quelle que soit la décision des Britanniques le 23 juin, nous voilà au pied du mur. Bâtir un avenir commun appelle plus d’efforts que l’évocation pavlovienne d’une relation qui s’étiole. Le succès de la coopération franco-allemande au service de l’Europe dépendra d’engagements plus vigoureux, plus créatifs et plus constants que ceux des dernières années. La relation franco-allemande est à reconstruire, autant que l’Union européenne est à refonder.

  • “Que Londres reste avec nous ou pas, traitons avec Berlin les sujets qui fâchent”

    “Que Londres reste avec nous ou pas, traitons avec Berlin les sujets qui fâchent”

    Le Figaro – 23 juin 2016

    Si, par malheur, les partisans du « Brexit » l’emportaient, l’Union européenne pourrait se disloquer. Une initiative franco-allemande est évoquée. Elle est indispensable. Même dans l’hypothèse d’une victoire des adversaires du « Brexit », Paris et Berlin devraient prendre leurs responsabilités.

    L’Union a assuré la paix et la prospérité du continent depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Elle est imparfaite, des erreurs ont été commises mais tolérer encore les mensonges et les jeux de défausse actuels est un comportement d’enfants gâtés. Un nouveau dessein commun doit être conçu. Entendre les peuples est une chose, les bercer d’illusions en est une autre. Il faut au contraire expliquer la réalité : faute de changement d’échelle, non seulement l’Union européenne sera balayée mais les États-nations seront dépassés. Isolément, ils sont dépourvus des moyens de se défendre, ils sont incapables de contrer la puissance financière et technologique des États-Unis ou la force industrielle de la Chine. Ces phénomènes interdisent de faire la moindre pause.

    Si, par le passé, la justification de l’Europe venait de l’intérieur – la paix entre ses membres, la raison d’être de la construction européenne se trouve désormais à l’extérieur, dans l’évolution rapide du monde : vis-à-vis des réfugiés ou plus durablement, face à la pression démographique de l’Afrique, que voulons-nous faire ? Comment défendons-nous nos libertés individuelles dans la révolution technologique, notre justice sociale ? Comment ripostons-nous à la terreur islamique ? Aucun dossier ne montre mieux le dilemme européen que le traité transatlantique : sur le papier, les Européens sont plus forts que les Américains mais l’inachèvement de l’Union européenne les empêche d’en tirer parti.

    Dans ce contexte, il ne faut pas sous-estimer les divergences franco-allemandes. Rares sont les Allemands qui cultivent la nostalgie de l’Europe des Six, une époque où leur pays était affaibli et divisé. Les Français idéalisent d’ailleurs indûment les débuts de la Communauté, oubliant qu’en 1954, par exemple, ils ont rejeté la Communauté européenne de défense. La question du transfert de souveraineté était à peine moins épineuse quand le nombre d’États était réduit. Aux yeux des Allemands, l’euro n’est pas une alternative au marché unique, d’où le soin qu’ils mettent à soigner leurs relations avec Londres ou Varsovie. Dans l’hypothèse de discussions visant à redéfinir les rapports avec un Royaume-Uni sorti de l’Union, comme dans toute refondation européenne, ce réflexe jouera encore.

    Pour l’Allemagne, le respect des règles est l’alpha et l’oméga. Une certaine exaspération est perceptible après que le côté français, des années durant, a demandé des délais sans toujours les mettre à profit. En outre, comme l’a souligné le président de la Bundesbank, pour la zone euro, la seule alternative aux règles, c’est un partage de souveraineté plus poussé. Les dirigeants français successifs ont malheureusement tendance à violer les premières et refuser le deuxième. Les Français devraient se souvenir qu’à Maastricht, c’est la France qui a voulu l’euro et rejeté l’Europe politique. Sans doute les Allemands montrent-ils peu d’appétit, en ce moment, pour des avancées fédérales. La zone euro n’en souffre pas moins de carences démocratiques, la crise l’a montré. Le 14 juillet dernier, le président de la République a lancé des idées intéressantes en ce sens. Elles mériteraient d’être développées, ce qui permettrait aussi de dénoncer certains abus de position dominante des Allemands : les préjugés persistants contre les pays du Sud, les critiques déplacées contre la Banque centrale européenne ou le risque de voir la poursuite de l’union bancaire capoter en raison des conflits d’intérêts des responsables politiques locaux avec les caisses d’épargne et les Landesbanken (banques publiques).

    Enfin, les Allemands sont meurtris que les Français n’aient pas été à leurs côtés dans leur effort exceptionnel pour accueillir les réfugiés syriens. En matière de défense, c’est la France qui fournit la majeure contribution, même si le budget de défense et la vision stratégique de l’Allemagne sont en train de changer.

    La réalité déplaisante pour la France, c’est que la relation est désormais déséquilibrée. Même si l’Allemagne n’est pas exempte de fragilités, elle domine l’Europe. Sa chancelière en est le leader, comme le Président Obama l’a rappelé récemment à Hanovre. Ce n’est pas une raison pour baisser les bras. La France peut améliorer ses performances et regagner en influence. Son retour est attendu par bien des partenaires inquiets d’une possible hégémonie allemande, tandis que l’Allemagne elle-même aspire à partager son fardeau.

    Ainsi, quelle que soit la décision des Britanniques le 23 juin, nous voilà au pied du mur. Bâtir un avenir commun appelle plus d’efforts que l’évocation pavlovienne d’une relation qui s’étiole. Le succès de la coopération franco-allemande au service de l’Europe dépendra d’engagements plus vigoureux, plus créatifs et plus constants que ceux des dernières années. La relation franco-allemande est à reconstruire, autant que l’Union européenne est à refonder.

  • Brexit ou l’école des apprentis sorciers

    Brexit ou l’école des apprentis sorciers

    Le 20 juin 2016, à la surprise générale, le leader du « leave », Boris Johnson, a annoncé qu’il ne serait pas candidat dans la course au 10 Downing Street. Compte tenu des risques économique et politique d’une sortie du Royaume-Uni, il y avait déjà une part d’irresponsabilité, pour un ancien maire de Londres, à faire campagne pour se couper de l’Union européenne. Boris Johnson a certainement du considérer qu’il n’était pas à la hauteur pour assumer les conséquences de son choix.

    1/ Irlande du Nord

    Le résultat du référendum plonge l’Irlande du nord dans l’incertitude. Le pays a voté majoritairement pour rester dans l’Union ; la sortie du Royaume-Uni risque de déstabiliser une paix fragile dans la région : l’accord du vendredi saint, signé en 1998, ouvrant la frontière entre l’Irlande du nord et la République d’Irlande, est fragilisé.

    Cet accord a beaucoup aidé l’économie en Irlande du nord, et a réduit le taux de chômage dans la région frontalière, très élevé avant l’ouverture de la frontière. Pour beaucoup de personnes frontalières, les souvenirs des attentats terroristes restent vivaces et la crainte est grande de retomber dans une spirale de violence.

    Pendant la campagne, Theresa Villiers, secrétaire d’Etat pour l’Irlande du nord et en faveur du « leave », a répété que la sortie du RU n’aurait aucune conséquence sur l’accord du vendredi saint, qu’il n’y aurait pas, de nouveau, des contrôles à la frontière, que la paix ne serait pas remise en question.

    La réalité n’est malheureusement pas si évidente. L’accord réduisait le nombre de contrôles et donc de policiers et soldats britanniques présents en Irlande du nord, ce qui ne serait probablement plus le cas si la frontière Irlandaise devient une frontière extérieure de l’UE. L’Europe a joué un rôle non négligeable dans l’accord, particulièrement sur les droits de l’homme et l’égalité, et aussi l’obligation d’incorporer la convention européenne des droits de l’homme dans la législation en Irlande du nord.

    2/ Les mensonges sur le budget

    Pendant la campagne, des bus ont sillonné le pays, arborant le slogan « £350m for the NHS » : une sortie de l’Union devait permettre de réallouer la contribution hebdomadaire du Royaume-Uni à l’Union européenne, 350 millions de livres sterling (ce qui n’inclue ni le rabais britannique ni les bénéfices économiques de l’appartenance à l’Union, ce chiffre était donc déjà un mensonge), au service de santé.

    Dans les heures qui ont suivi l’annonce officielle du résultat, Nigel Farage a avoué que cette promesse était « une erreur de la campagne », intenable. Iain Ducan Smith, ancien ministre de David Cameron, a lui indiqué que cette promesse faisait partie « de toute une série de possibilité ». Il a pourtant donné des interviews pendant la campagne devant ces bus et cette promesse. Il faut donc s’attendre à d’autres marche-arrière. Les Britanniques qui ont cru, de bonne foi, leurs « responsables » politiques ont de quoi être en colère.

    3/ Les mensonges sur la libre circulation et le marché

    L’immigration est devenue le sujet majeur de la campagne. Sortir de l’Union européenne devait permettre au Royaume-Uni de retrouver ses frontières. Au lendemain du référendum, les partisans du « leave » ont dû admettre que cette promesse, elle aussi, était irréalisable. Le député européen Daniel Hannan a d’ailleurs déclaré à la BBC : « Si les gens qui nous regardent pensent qu’ils ont voté pour avoir une immigration zéro de l’UE, ils vont être déçus. Nous voulons juste un pouvoir de contrôle ».  Certains qui n’ont pas hésité à utiliser ces mensonges pendant la campagne ne souhaitent plus en parler : Daniel Hannan a annoncé qu’il prendrait un mois de ‘congés’ de Twitter, après 6 mois de campagne.

    Pour conserver l’accès au marché unique, le Royaume-Uni devra respecter ses règles, dont l’une des plus importantes est… la libre circulation des personnes.

    4/ Avant / Après

    AvantAprès
    « Napoléon, Hitler, plusieurs personnes ont essayé de le faire, et cela s’est terminé de manière tragique. L’Union européenne est une autre tentative avec des méthodes différentes. » Boris Johnson, Sunday Telegraph, 15 mai 2016« Je ne soulignerai jamais assez que la Grande-Bretagne fait partie de l’Europe, et en fera toujours partie. Il y aura toujours une coopération européenne intense et qui s’intensifiera dans de nombreux domaines : arts, sciences, universités, protection de l’environnement… » Boris Johnson, Daily Telegraph, 27 juin 2016
    “Nous envoyons chaque semaine 350 millions de livres sterling à Bruxelles. Je préfèrerais que l’on puisse contrôler la manière dont on utilise cette argent, et si j’avais ce contrôle je dépenserais cet argent pour la NHS (Service national de santé) ». Gisela Stuart, présidente du bureau de la campagne officielle « Vote Leave » et co-organisatrice du Comité de campagne de « Vote Leave », BBC Radio 4, 15 avril 2016« Je prendrai toutes les mesures nécessaires pour donner au système de santé au moins 100 millions de livres sterling supplémentaires par semaine ». Michael Gove, co-organisateur du commité de campagne de « Vote Leave », discours du 1er juillet 2016,   « Je n’ai jamais dit cela pendant la campagne. Les 350 millions de livres étaient une extrapolation des 19,1 milliards – c’est à dire le montant total de ce que nous donnions à l’Union européenne ». Iain Duncan Smith, Andrew Marr show, 26 juin 2016
    «Le Premier ministre a vu ses demandes- des compétences rapatriées, des limites à l’immigration, des exemptions pour nos industries clés – lui être rejetées à la figure.

    L’UE ne peut pas changer ou ne changera jamais.

    La seule manière d’obtenir un meilleur arrangement est de voter la sortie. »

    Daniel Hannan, député européen, The Sun, 22 juin 2016

    « Honnêtement, si les gens qui nous regardent pensent qu’ils ont voté et qu’à partir de maintenant il n’y aura plus du tout d’immigration européenne, ils vont être déçus. »

    Daniel Hannan, Député européen, BBC News, 24 juin 2016

    ***

    Brexit or a school for wizardry and witchcraft

    On 20th June 2016, much to the surprise of everyone, Boris Johnson, one of the leaders of the “Leave” campaign, announced that he would not be a candidate in the race to become Britain’s next Prime Minister. Taking into account the economic and political risks linked to the UK leaving the EU, the fact that a former Mayor of London was campaigning to leave shows a certain degree of irresponsibility. Boris Johnson must have come to the conclusion that he was not capable of dealing with the consequences resulting from his choice.

    1/ Northern Ireland

    The outcome of the referendum plunges Northern Ireland into uncertainty. The country voted to stay in the Union by a clear majority; the departure of the EU puts the current fragile peace in the region at risk: the Good Friday Agreement, signed in 1998, which opened the border between Northern Ireland and the Republic of Ireland, could be undermined.

    This Agreement significantly helped the Northern Irish economy, and reduced the rate of unemployment in the border region, which was very high before the border was opened. For many living in this area the memories of the terrorist attacks remain very fresh and there are real concerns of relapsing into violence.

    During the campaign, Theresa Villiers, Secretary of State for Northern Ireland and in favour of “Leave”, said multiple times that the UK leaving the EU would not have any impact on the Good Friday Agreement, that there would not be a return to border controls, and that there was no risk concerning peace in the region.

    The reality is unfortunately much less clear cut. The Agreement reduced the number of controls and the number of British police and soldiers present in Northern Ireland, which would probably no longer be the case if the Irish border becomes an external border of the EU. Europe played a not insignificant role in the Agreement, particularly concerning the focus on human rights and equality, as well as an obligation for the European Convention on Human Rights to be incorporated into Northern Irish legislation.

    2/ Lies concerning the budget

    During the campaign buses crossed the country brandishing the slogan “£350m for the NHS”: leaving the Union would allow the UK’s weekly contribution to the EU budget, 350 million pounds (this figure does not include the British rebate nor the economic benefits which membership of the Union brings, thus this figure is already incorrect), to be used for the National Health Service.

    Just hours after the official result was announced, Nigel Farage admitted that this promise “was one of the mistakes that the Leave campaign made” and untenable. Iain Duncan Smith, former minister in David Cameron’s government, indicated that this commitment “is the divide up. It was never the total.” During the campaign however, he did interviews in front of this bus bearing this promise. Other retractions are to be expected. Those British voters who believed, in good faith, their political “representatives” have reason to be angry.

    3/ Lies concerning free movement and the market

    Immigration became the key topic during the campaign. Leaving the Union was supposed to allow the UK to control its borders once again. The day after the referendum the “Leave” camp had to admit that this promise too was impossible to keep. The MEP Daniel Hannan declared on the BBC: ““Frankly, if people watching think that they have voted and there is now going to be zero immigration from the EU, they are going to be disappointed… All we are asking for is some control over roughly who comes in and roughly in what numbers.” Some, who did not hesitate to make use of these lies during the campaign no longer want to talk: Daniel Hannan announced that he would be “taking month off Twitter” after 6 months of campaigning.

    In order to maintain access to the Single Market, the UK would have to respect the rules, one of the most important of those being…the free movement of people.

    4/ Before/After

    BeforeAfter
    “Napoleon, Hitler, various people tried this out, and it ends tragically. The EU is an attempt to do this by different methods.” Boris Johnson, Sunday Telegraph, 15 May 2016“I cannot stress too much that Britain is part of Europe, and always will be. There will still be intense and intensifying European cooperation and partnership in a huge number of fields: the arts, the sciences, the universities, and on improving the environment…” Boris Johnson, Daily Telegraph, 27 June 2016
    “Every week we send £350m to Brussels. I’d rather that we control how to spend that money, and if I had that control I would spend it on the NHS.” Gisela Stuart, chairman of Vote Leave Board and co-convenor of Vote Leave Campaign Committee,  BBC Radio 4, 15 April 2016  “I will take all the steps necessary to give the NHS at least another £100million per week by 2020” Michael Gove leadership speech 1 July 2016, Michael Gove, co-convenor of the Vote Leave Campaign committee   “I never said that during the course of the election. The £350m was an extrapolation of the £19.1bn – that’s the total amount of money we gave across to the European Union.” Iain Duncan Smith, Andrew marr Show, 26 June 2016
    The PM’s requests — powers returned, limits on immigration, exemptions for our key industries — were thrown back in his face. The EU can’t or won’t change. The only way to get a better deal is to vote to leave.” Daniel Hannan, MEP, The Sun, 22 June 2016  “Frankly, if people watching think that they have voted and there is now going to be zero immigration from the EU, they are going to be disappointed.” Daniel Hannan, MEP, BBC Newsnight 24 June 2016
  • Note on the withdrawal from the European Union prepared by the committee of Constitutional affairs secretariat

    Note on the withdrawal from the European Union prepared by the committee of Constitutional affairs secretariat

    Une note factuelle préparée par le secrétariat de la commission des affaires constitutionnelles qui explique les aspects techniques, juridiques et institutionnels liés au retrait d’un Etat membre de l’Union. (En anglais)

    A factual note prepared by the committee of Constitutional affairs secretariat which explains the technical, legal and institutional elements linked to the withdrawal of a Member State from the Union. (In English)

  • Revue de presse : “Brexit: pourquoi garder le Royaume-Uni au sein de l’UE ne réglera rien”, l’Express 22/06/2016

    Revue de presse : “Brexit: pourquoi garder le Royaume-Uni au sein de l’UE ne réglera rien”, l’Express 22/06/2016

    Les sondages avaient penché en faveur du “out” la semaine dernière, mais le “in” semble reprendre le dessus à la veille du référendum de jeudi sur le Brexit au Royaume-Uni. Mais le maintien britannique dans l’UE n’ôtera pas un net sentiment de malaise.

    Un vote en faveur du Brexit serait un coup de semonce pour l’Union européenne, jeudi au Royaume-Uni. Mais un “in”, qui garderait le pays dans le giron de l’UE, apportera-t-il un sentiment de soulagement ? Rien n’est moins sûr, estiment nombre d’observateurs, ni au Royaume-Uni, ni dans le reste de l’UE. Voici pourquoi.

    Au Royaume-Uni : une campagne à contrecœur…

    Après une campagne violente sur fonds de slogans anti-immigration -qui a culminé avec l’assassinat de la députée Jo Cox, le Royaume-Uni resterait un membre de l’Union méfiant et peu enthousiaste. La tonalité du débat a échoué à réconcilier les Britanniques avec la famille européenne : “La campagne pour le “remain” (rester) n’a pratiquement rien fait pour mettre en valeur les avantages de l’Union, souligne pour L’Express Anand Menon, professeur de politiques européennes au King’s College de Londres. Son argumentaire a privilégié la menace du Brexit plutôt que les bénéfices du maintien dans l’UE.”

    En cas de score serré, le résultat laisserait un gout amer aux partisans du Brexit. Certains pourraient prétendre que les moyens de l’Etat ont été mis à profit de la campagne en faveur du “remain”.

    Le parti conservateur sortirait affaibli par les divisions exacerbées par le référendum, alors que près de la moitié des députés conservateurs n’a pas soutenu la position du Premier ministre David Cameron. Or, assure Anand Menon, “les sondages montrent qu’une proportion plus élevée encore de membres du parti est favorable au Brexit”.

    … qui risque de renforcer l’UKIP

    Si le “remain” sauve provisoirement la tête de David Cameron, les tendances à l’oeuvre dans le parti permettent de prédire que son successeur, dans les trois prochaines années sera un “Brexiter”. Une partie des Tories eurosceptiques pourrait même faire défection vers l’Ukip, le parti europhobe de Nigel Farage, qui devrait, lui, sortir renforcé de ce vote, si l’on s’en tient à la reprise de ses thématiques de campagne -immigration et sentiment anti-élites. A l’image du SNP écossais dopé en 2015 malgré son échec électoral au référendum d’indépendance de l’automne 2014. Ce qui pourrait amener à un nouveau référendum d’ici quelques années. “De quoi menacer l’unité des Tories mais aussi la domination du parti travailliste dans ses bastions populaires”, ajoute Anand Menon.

    Enfin, un maintien à contrecoeur “crée sa propre dynamique”, conclut le chercheur. Un Royaume-Uni à demi-détaché, qui ne s’engage pas avec force dans la construction européenne verra son influence diminuer au sein du club des 28… Ce qui ne fera que renforcer les eurosceptiques dans leurs doutes sur le bien-fondé de cette union.

    Même frustration sur le continent

    Le malaise provoqué en Grande Bretagne par une possible victoire du “oui” à l’UE est partagé de ce côté-ci de la manche. Les traités européens ont bien envisagé la possibilité de retrait d’un des pays membres, le fameux article 50. “Mais ils ne prévoyaient pas la possibilité d’obtenir un accord plus favorable en exerçant un chantage au retrait”, réagit avec agacement la députée européenne Sylvie Goulard (Alliance des Démocrates et des Libéraux).

    Le 19 février, en effet, David Cameron a signé, au terme de plusieurs semaines de négociations, un accord avec ses partenaires européens prévoyant des réformes à destination de Londres. “Pour le Premier ministre, analyse Christian Lequesne, professeur à Sciences Po, l’accord avait surtout pour objectif de montrer à ses concitoyens qu’il s’était battu en faveur de l’exception britannique. Mais une fois le référendum passé, son opposition eurosceptique va réclamer la mise en oeuvre de ces nouveaux droits.”

    En vertu de cet accord, le Royaume a obtenu une dérogation sur les droits sociaux en faveur des travailleurs migrants intra-européens. L’arrangement du 19 février permet aussi à Londres de se soustraire à la clause du traité qui prévoit une “union sans cesse plus étroite”, et il accorde un droit de regard sur la zone euro que beaucoup estiment démesuré.

    Par Catherine Gouëset

  • « On ne doit pas vendre l’Europe par la peur » – Revue des deux mondes

    « On ne doit pas vendre l’Europe par la peur » – Revue des deux mondes

    In or Out ? À J-1 du référendum sur le maintien du Royaume-Uni dans l’UE, la députée européenne Sylvie Goulard plaide pour une renaissance de l’Europe politique.

    Jeudi 23 juin, les Britanniques sont appelés à se prononcer pour ou contre une sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. Un scrutin historique dont l’issue est des plus incertaines : 12 % des votants seraient toujours indécis, selon les derniers sondages qui donnent chaque camp à égalité.

    Le Premier ministre David Cameron, fer de lance du maintien de son pays dans l’UE, joue son poste sur ce référendum. Dans un discours prononcé mardi 21 juin, le locataire du 10 Downing Street a déclaré que quitter l’Union européenne ferait courir un « risque énorme » à la Grande-Bretagne.

    Députée européenne et membre de la commission des Affaires économiques et monétaires, Sylvie Goulard a publié le 25 mai dernier « Goodbye Europe ». Dans cet essai, l’élue conçoit le référendum du 23 juin comme un miroir qui nous est tendu et « où se reflètent nos propres doutes et faiblesses ». Interview.

    Revue des Deux Mondes – Quel est votre sentiment à 24h du référendum britannique ?

    Sylvie Goulard – Je crois fondamentalement qu’il y a des choses qui devraient être placées au-dessus du débat politicien, et qu’on ne joue pas avec l’appartenance à l’Union européenne et son intégrité. Le Brexit est une décision unilatérale qui engage énormément les autres partenaires. Si une sortie du Royaume-Uni se confirme jeudi, elle aura un caractère historique au sens où ce référendum pourrait mettre fin à un processus qui a certes ses défauts, est imparfait, et que l’on peut souhaiter améliorer, mais un processus qui a eu le mérite de nous faire vivre dans un cadre de stabilité.

    Je suis ainsi désolée de voir le Premier ministre d’un pays aussi sérieux que le Royaume-Uni dire des choses telles que « Quand on saute de l’avion, on ne peut pas remonter ». Une réforme de l’Union européenne est possible, et je suis la première à la demander. L’UE est forte de la force des États qui la composent et de leur capacité à gérer les choses de manière stratégique. Tout ceci est donc consternant, quel que soit le résultat.

    « Le caractère binaire de ce référendum est inadapté pour des questions aussi complexes. »

    Malheureusement, même si le Remain l’emporte avec une très faible majorité, je ne suis pas certaine que la relation des Britanniques avec l’Europe en soit considérablement améliorée par cet exercice. Rappelons le contexte de ce vote : il y a eu non seulement des divisions et des confrontations, mais aussi un assassinat. Cela montre à quel point le caractère binaire de ce référendum est inadapté pour des questions aussi complexes.

    Cela ne veut évidemment pas dire qu’il ne faut pas améliorer la démocratie. Mais c’est un instrument inapproprié, qui fait miroiter un choix démocratique alors qu’objectivement, la plupart des personnes qui voteront jeudi sont un peu perdues pour évaluer cette sortie de manière rationnelle, intellectuelle, avec des arguments et des faits. Au contraire, le débat s’est énormément déplacé vers un choc d’émotions et de propos sur l’immigration. À tel point que je ne sais même pas si les Britanniques voteront véritablement demain sur leur appartenance à l’Union européenne ou s’ils voteront pour ou contre l’immigration.

    Revue des Deux Mondes – On a le sentiment que, quelle que soit l’issue du vote, le Royaume-Uni aura toujours la volonté, pour préserver ses intérêts, de conserver vis-à-vis de l’UE sa position « un pied dedans, un pied déhors ».

    Sylvie Goulard – Et on l’y a encouragé ! Le traité de Lisbonne prévoit bien, dans son article 50, la possibilité pour un pays de sortir de l’UE. En revanche, il ne prévoit pas la possibilité, pour un pays menaçant de quitter l’UE, d’obtenir un statut plus favorable que ceux qui remplissent leurs droits et obligations. Prenons un exemple du quotidien : à quoi aboutirait ce genre de situation dans une famille, une équipe sportive, une équipe professionnelle ? Il faut un accord de tous. Or ce référendum présente une asymétrie, puisque l’on ne consulte pas les autres membres. Une fois encore, on organise un référendum pseudo-démocratique où l’on demande à une partie du tout de se prononcer sur le tout.

    La France a connu ce cas en 2005, cela a créé une frustration majeure. Les Français ont eu le sentiment qu’on ne les avait pas écoutés. Ils ont pourtant bel et bien été écoutés, mais seulement en tenant compte de l’avis des autres. De même en Grèce : lorsqu’Aléxis Tsípras a fait son référendum, les Grecs n’étaient pas les seuls concernés. Tout le reste de l’Europe, et notamment tous les pays qui financent les plans de secours à la Grèce, auraient pu légitimement être impliqués. On demande à un peuple de se prononcer sur l’avenir de l’Union européenne, tout en lui faisant des concessions unilatérales. C’est une très mauvaise manière de faire.

    Revue des Deux Mondes – En février 2016, le Conseil européen a conclu un « nouvel arrangement pour le Royaume-Uni dans l’Union européenne ». Un accord qui « s’est borné à donner satisfaction à David Cameron », écrivez-vous dans votre livre*.

    Sylvie Goulard – Les gouvernements se sont mis à 28 pour faire un accord intergouvernemental assez peu sensé. C’est véritablement mettre l’Europe en péril. On impute souvent à l’UE des décisions qui ne relèvent pas seulement du niveau européen. Mais dans ce cas précis, la Commission européenne aurait dû protester plus vivement, tout comme le Parlement qui n’a pas eu le comportement adéquat. Si les chefs d’État ou de gouvernement avaient pris leurs responsabilités plus clairement, on aurait peut-être eu un autre scénario.

    Mais quand on voit la manière avec laquelle on a géré les demandes britanniques, on peut s’interroger sur l’attachement de nos pays à la question européenne et au projet européen ! Nos gouvernements auraient pu dire aux Britanniques qu’ils avaient le droit de sortir, tout en leur signifiant que nous avions aussi nos intérêts à défendre. Qu’il fallait trouver une solution profitable pour tout le monde, qui puisse être présentée aux opinions de tous les pays. On aurait alors eu des résultats moins déséquilibrés en leur faveur. Ce qui a été fait pour la zone euro est particulièrement fâcheux : on a un pays qui dit ne vouloir jamais y participer, et qui obtient de rester dans les organes de décision d’un projet qu’il refuse définitivement. Tout cela est absurde !

    Si le Remain l’emporte, il y aura une vraie difficulté encore trop sous-estimée : celle de concevoir un vivre-ensemble entre un pays qui aura vécu un tel débat, pour ne pas dire une telle foire d’empoigne, et des pays qui vont découvrir a posteriori ce qu’on leur aura donné, car il n’y aura pas eu de débat des Parlements nationaux.

    Revue des Deux Mondes – Comment expliquez-vous cette relative résignation européenne ?

    Sylvie Goulard – Je ne me l’explique absolument pas, mais je la dénonce car cette inertie est fâcheuse. Il y a un certain nombre de personnes responsables et qui ne font pas le job pour lequel ils sont censés être là. L’idée selon laquelle notre intervention dans le débat britannique aurait favorisé le camp des pro-Brexit ne tient pas la route. Si le climat avait été un peu plus factuel, s’il y avait eu des interventions régulières de la Commission européenne, cela aurait pu aider les partisans du Remain, et éviter que le débat atteigne ce niveau de mensonges et de distorsion des faits. Ce genre de bataille n’est certes pas facile à mener, mais ne pas la mener n’est pas glorieux.

    Revue des Deux Mondes – Évaluer les répercussions d’un Brexit sur l’UE semble difficile, compte tenu de l’absence de précédent historique. Quelles pourraient être les conséquences d’une sortie des Britanniques de l’Union européenne pour celle-ci et pour la France ?

    Sylve Goulard – Il y aura un impact négatif, cela ne fait pas de doute. Quand vous mettez des obstacles aux échanges là où il n’y en avait pas, quand vous désintégrez des marchés intégrés, il ne faut pas se raconter d’histoires. Pourtant, il est plus raisonnable et honnête intellectuellement de ne pas tenter de chiffrer quoi que ce soit. Tout va dépendre des choix d’un certain nombre d’investisseurs, de la manière dont la livre sterling va tanguer sur les marchés, de la réaction des autres pays… Ce sont des phénomènes complexes qui peuvent créer des effets dominos.

    « On ne doit pas vendre l’Europe par la peur. Il nous faut convaincre les populations de faire l’Europe par une valorisation de projets que nous avons à mener ensemble. »

    Mais je ne veux pas utiliser cet argument de la peur, bien trop utilisé par le camp du Remain. On ne doit pas vendre l’Europe par la peur. Il nous faut convaincre les populations de faire l’Europe par une valorisation de projets que nous avons à mener ensemble dans un monde qui change. La deuxième partie de mon livre insiste beaucoup là-dessus. Nous souffrons, dans nos pays, d’un manque de prise de conscience du danger que représente le désintérêt pour les changements mondiaux.

    Je prends toujours cette image un peu brutale mais dont on a malheureusement vu un exemple avec Daesh : si vous voulez vous désintéresser de la mondialisation, la mondialisation peut venir vous tuer à une terrasse de café. Durant la Seconde Guerre mondiale, les Américains auraient pu dire « Dans le fond, Hitler n’est pas chez nous, cela ne nous concerne pas ». On ne peut se désintéresser de la marche du monde si l’on est un tant soit peu responsable. C’est vrai en matière de sécurité intérieure et de défense, c’est vrai aussi en matière d’économie. Nous avons d’ores et déjà, en matière de finance, de pratique de dumping etc. des phénomènes très concrets d’attaque contre nos intérêts. Nous ne pourrons défendre ceux-ci que collectivement. Ceux qui pensent que l’on va s’en tirer par le repli sur les États-Nations mentent à leurs électeurs. Je ne dis pas que l’Europe est aujourd’hui assez bien organisée pour faire face. Mais il nous faut la renforcer plutôt que la défaire, car il n’y a pas d’alternative nationale.

    Revue des Deux Mondes – N’est-ce pas alors le moment pour la France de réaffirmer son leadership historique sur la plan européen ?

    Sylvie Goulard – Si la France continue à avoir la prétention du leadership, il faut qu’elle prenne ses responsabilités. Et surtout il faut qu’elle évite deux écueils. Le premier qui consiste à dire que l’on peut vivre avec le statu quo ou, comme l’a suggéré Hubert Védrine, qu’il faut faire une pause. Ce qui, dans l’état actuel de la mondialisation, serait tout bonnement vertigineux ! Le second qui consiste à dire que l’Europe est finie et qu’on ne fait plus rien.

    Il existe une voie médiane qui exige de se remettre à faire des réformes. Celles-ci ne seront pas faciles, devront reposer sur un degré plus grand de démocratie (l’un des problèmes de l’Europe actuelle). Mais si l’on ne prend pas à bras-le-corps le sentiment de dépossession qu’ont les citoyens des moyens d’influer sur leur avenir, l’Europe ne peut pas avancer. La vraie difficulté est qu’il s’agit d’un travail ingrat, qui n’aboutira probablement pas très vite à des résultats significatifs que l’on peut vendre par tweet ou dans des conférences de presse. Si Robert Shuman s’était posé la question de savoir si ce qu’il faisait était juste en termes d’aura médiatique en 1950, nous n’en serions pas là.

    Revue des Deux Mondes – La sortie des Britanniques de l’Union européenne serait « avant tout une victoire de Vladimir Poutine », écrivez-vous dans votre livre. Dans quelle mesure ?

    Sylvie Goulard – À l’heure actuelle, un certain nombre de forces dans le monde ne partagent pas nos valeurs de l’État de droit, de liberté, de démocratie, de droits sociaux, de non-discrimination… Derrière l’Europe, il y a un substrat de valeurs très importantes, issues de la Seconde Guerre mondiale, lorsque l’on est allé plus loin dans le dénigrement de la dignité humaine. C’est cela qui mérite d’être défendu. La raison principale pour laquelle il nous faut rester ensemble, ce sont tous ces acquis, à la fois en termes de liberté et de garanties économique et sociale.

    *Goodbye Europe, Sylvie Goulard, Flammarion, mai 2016. 144p, 12€

  • Rassegna stampa : Brexit o no, l’Ue deve cambiare passo – Il Sole 24 Ore

    Rassegna stampa : Brexit o no, l’Ue deve cambiare passo – Il Sole 24 Ore

    « Una Brexit sarebbe negativa per l’Ue, creerebbe turbolenze per tutti, anche per l’Italia. Ma altrettanto sbagliato tirare un sospiro di sollievo per il pericolo scampato in caso di vittoria del “Remain” e adagiarsi come se niente fosse successo». Così è intervenuto Enrico Letta, ex premier e direttore della Scuola di Affari Internazionali di Sciences-Po, durante un dibattito sui rischi e le prospettive della Brexit al Centro studi per le politiche europee Ceps a Bruxelles assieme all’economista Daniel Gros , direttore del Ceps e Sylvie Goulard eurodeputata dei Liberali e Democratici, a conclusione anche di una scuola di formazione politica per i giovani italiani fondata dallo stesso ex premier.

    «L’impatto sul primo periodo di una uscita della Gran Bretagna potrebbe portare instabilità e incertezza senza precedenti che disincentiverebbero gli investimenti in Europa. In ogni caso non deve aprirsi nessun negoziato con la Gran Bretagna se escono semplicemente escono», afferma Enrico Letta.

    Quello che è chiaro, secondo Letta, qualunque sia il risultato del referendum inglese, dal giorno dopo si dovrà rilanciare l’Europa, perché così come è non va. E anche in caso di vittoria del “Remain”, si dovranno affrontare le paure e le speranze dei cittadini e ripartire queste, trovando una connessione tra istituzioni Ue e cittadini europei.

    «Alle due grandi crisi , quella economica e quella migratoria, si devono dare soluzioni europee», così prosegue Letta, che ricorda anche l’importanza, a suo avviso, di una guardia di frontiera europea che a salvaguardia delle frontiere esterne Ue possa rappresentare uno strumento valido per eliminare ed evitare le barriere interne crescenti negli ultimi tempi tra gli stati membri. È un referendum dove le emozioni hanno un ruolo centrale il fronte Brexit gioca anche sull’aggressività contro i disoccupati europei che migrano nel Regno Unito e “sfruttano” i benefits della sicurezza sociale inglese, sebbene l’Inghilterra non abbia reali problemi in termini di occupazione o di economia. «Dobbiamo fare della deputata laburista Jo Cox, uccisa brutalmente, un’eroe, la sua storia personale di caratteristiche positive e valori , scoperta in questi giorni, ha avuto un impatto di contrasto alle emozioni negative che propendono alla Brexit».

    Finora secondo Letta la campagna “Remain”, si è fondata molto sui fatti ma poco su emozioni trascinanti e definisce la campagna del leader laburista Corbyn “troppo timida e ambigua” per poter attrarre gli inglesi. Ciò che fa ingranare le campagne degli euroscettici Nigel Farage in Inghilterra e Marine Le Pen in Francia sono le emozioni. «Farage utilizza spesso le parole “back “ e “great”, per fare presa sulla nostalgia per un passato da grande potenza, ossia da soli e grandi , senza euro e senza Europa: un messaggio profondamente anti storico che non prende in considerazione i cambiamenti del mondo. Si deve tornare a proteggere le persone, perché le diseguaglianze sono crescenti e preoccupano tutti i cittadini, che altrimenti trovano risposte in Le Pen».

    Mentre per l’economista Daniel Gros si devono fare dei distinguo tra i paesi Ue: «Le diseguaglianze non aumentano ovunque, si deve guardare a quanto si spende in sicurezza sociale e ai risultati che sono diversi da paese a paese soprattutto nei paesi in crisi. Allo stato attuale sembra che il progresso tecnologico sia il fattore che gioca di più sulle diseguaglianze».

    La battaglia europea sembra essere solo all’inizio, secondo Letta gli elettori sono divisi: se votassero solo quelli sopra i 40 anni vincerebbe Brexit, sotto i 40 vincerebbe Bremain. «L’Ue è mettere la competenza prima del passaporto: sono stufa di leggere critiche sulla stampa italiana sui tedeschi e sui giornali tedeschi sul Sud Europa», commenta Sylvie Goulard dell’Alde. Secondo l’europarlamentare non possono essere presi a modello per un futuro europeo nuovi movimenti o partiti come il Movimento Cinque Stelle che «hanno portato giovani nel Parlamento italiano ma con idee vecchie e nazionaliste».

    Anche nel caso di un risultato del referendum che porti la Gran Bretagna a rimanere nell’Ue, la linea del premier inglese Cameron è comunque quella di una minore integrazione europea, ed è anche quella della maggior parte dei cittadini inglesi intervistati in un sondaggio del think tank Bertelsmann Stiftung recentemente, per Letta i Paesi della zona euro saranno chiamati a tornare a correre e a offrire soluzioni concrete ai propri cittadini e a pretendere più libertà nelle scelte per una maggiore integrazione europea. «L’Ue ci ha messo quattro anni dal 2008 e 2012 per cercare risposte alla crisi economica, ora non possiamo aspettare altri quattro anni per i rifugiati perché moriranno milioni di persone, l’Ue sparirà, e sarà nostra responsabilità», ha concluso l’ex premier.

    di Irene Giuntella

  • Réaction de Sylvie Goulard suite au résultat du référendum britannique

    Réaction de Sylvie Goulard suite au résultat du référendum britannique

    Le peuple britannique a fait un choix souverain qui doit être respecté.

    Nous devons prendre acte du fait que le Royaume-Uni entend quitter l’Union européenne, avec toutes les conséquences qui s’attachent à cette décision. La première est que l’accord du 19 février 2016 est caduc selon ses propres termes.

    Le processus de sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne doit impérativement se dérouler dans le cadre et les délais prévus par les traités (article 50 TUE) afin de réduire les incertitudes. Les intérêts légitimes des autres peuples, ainsi que de l’Union dans son ensemble, devront être dûment respectés dans cette négociation.

    Commencée en 1950, sous l’impulsion de Robert Schuman, sans le Royaume-Uni, la construction européenne continue.

    Il en est ainsi, notamment, de la monnaie unique, à laquelle le Royaume-Uni ne participait pas. L’euro n’est pas concerné par le référendum britannique. Les autorités des États membres de la zone euro, en lien avec la BCE, veilleront à assurer la stabilité de la monnaie unique et des économies qui y participent.

    **

    The British people made a sovereign decision, which must be respected.

    We must acknowledge that the United Kingdom intends to leave the European Union, as well as all the consequences that this decision entails. The first consequence is that the settlement agreed on 19th February 2016 ceases to exists, as stated in the text.

    The process of the United Kingdom’s withdrawal from the European Union must absolutely be carried out within the framework and the timeframe laid out in the Treaties (article 50 TEU) in order to limit the number of uncertainties. The legitimate interests of other EU citizens, as well as those of the Union as a whole, must be duly respected during this negotiation.

    Started in 1950, driven by Robert Schuman, without the United Kingdom, European construction continues.

    The same is true of the single currency, which the United Kingdom is not part of. The euro is not concerned by the British referendum. The authorities of the euro area Member States, along with the ECB, will work to ensure the stability of the single currency and the economies of the countries who use it.

    **

    Das britische Volk hat eine souveräne Wahl getroffen, die respektiert werden muss.

    Wir müssen zur Kenntnis nehmen, dass das Vereinigte Königreich aus der Europäischen Union austritt, mit all den Konsequenzen die mit dieser Entscheidung einher gehen.
    Die erste Konsequenz bedeutet, dass die Abmachung vom 19 Februar 2016 ungültig ist.

    Der Prozess des britischen Austritts muss sich unbedingt im Rahmen des Artikels 50 des EU- Vertrags fristgerecht abspielen damit Unsicherheiten verringert werden.
    Die Interessen der anderen europäischen Völker, als auch die der Union insgesamt, müssen während der Verhandlungen angemessen respektiert werden.
    1950 begann  mit der Initiative von Robert Schumann die Europäische Integration ohne das Vereinigte Königreich, sie wird sich weiterhin fortsetzen.

    So beläuft es sich ebenfalls mit der gemeinsamen Währung an der das Vereinigte Königreich nicht teilgenommen hat.
    Der Euro ist von dem britischen Referendum nicht betroffen. Die Verantwortlichen der Mitgliedstaaten der Eurozone, in Zusammenarbeit mit der EZB, sorgen weiterhin für eine Stabilität der  gemeinsamen Währung und ihrer Volkswirtschaften.

  • Rassegna stampa : Brexit o no, l’Ue deve cambiare passo – Il Sole 24 Ore

    Rassegna stampa : Brexit o no, l’Ue deve cambiare passo – Il Sole 24 Ore

    di Irene Giuntella – 22/06/2016

    « Una Brexit sarebbe negativa per l’Ue, creerebbe turbolenze per tutti, anche per l’Italia. Ma altrettanto sbagliato tirare un sospiro di sollievo per il pericolo scampato in caso di vittoria del “Remain” e adagiarsi come se niente fosse successo». Così è intervenuto Enrico Letta, ex premier e direttore della Scuola di Affari Internazionali di Sciences-Po, durante un dibattito sui rischi e le prospettive della Brexit al Centro studi per le politiche europee Ceps a Bruxelles assieme all’economista Daniel Gros , direttore del Ceps e Sylvie Goulard eurodeputata dei Liberali e Democratici, a conclusione anche di una scuola di formazione politica per i giovani italiani fondata dallo stesso ex premier.

    «L’impatto sul primo periodo di una uscita della Gran Bretagna potrebbe portare instabilità e incertezza senza precedenti che disincentiverebbero gli investimenti in Europa. In ogni caso non deve aprirsi nessun negoziato con la Gran Bretagna se escono semplicemente escono», afferma Enrico Letta.

    Quello che è chiaro, secondo Letta, qualunque sia il risultato del referendum inglese, dal giorno dopo si dovrà rilanciare l’Europa, perché così come è non va. E anche in caso di vittoria del “Remain”, si dovranno affrontare le paure e le speranze dei cittadini e ripartire queste, trovando una connessione tra istituzioni Ue e cittadini europei.

    «Alle due grandi crisi , quella economica e quella migratoria, si devono dare soluzioni europee», così prosegue Letta, che ricorda anche l’importanza, a suo avviso, di una guardia di frontiera europea che a salvaguardia delle frontiere esterne Ue possa rappresentare uno strumento valido per eliminare ed evitare le barriere interne crescenti negli ultimi tempi tra gli stati membri. È un referendum dove le emozioni hanno un ruolo centrale il fronte Brexit gioca anche sull’aggressività contro i disoccupati europei che migrano nel Regno Unito e “sfruttano” i benefits della sicurezza sociale inglese, sebbene l’Inghilterra non abbia reali problemi in termini di occupazione o di economia. «Dobbiamo fare della deputata laburista Jo Cox, uccisa brutalmente, un’eroe, la sua storia personale di caratteristiche positive e valori , scoperta in questi giorni, ha avuto un impatto di contrasto alle emozioni negative che propendono alla Brexit».

    Finora secondo Letta la campagna “Remain”, si è fondata molto sui fatti ma poco su emozioni trascinanti e definisce la campagna del leader laburista Corbyn “troppo timida e ambigua” per poter attrarre gli inglesi. Ciò che fa ingranare le campagne degli euroscettici Nigel Farage in Inghilterra e Marine Le Pen in Francia sono le emozioni. «Farage utilizza spesso le parole “back “ e “great”, per fare presa sulla nostalgia per un passato da grande potenza, ossia da soli e grandi , senza euro e senza Europa: un messaggio profondamente anti storico che non prende in considerazione i cambiamenti del mondo. Si deve tornare a proteggere le persone, perché le diseguaglianze sono crescenti e preoccupano tutti i cittadini, che altrimenti trovano risposte in Le Pen».

    Mentre per l’economista Daniel Gros si devono fare dei distinguo tra i paesi Ue: «Le diseguaglianze non aumentano ovunque, si deve guardare a quanto si spende in sicurezza sociale e ai risultati che sono diversi da paese a paese soprattutto nei paesi in crisi. Allo stato attuale sembra che il progresso tecnologico sia il fattore che gioca di più sulle diseguaglianze».

    La battaglia europea sembra essere solo all’inizio, secondo Letta gli elettori sono divisi: se votassero solo quelli sopra i 40 anni vincerebbe Brexit, sotto i 40 vincerebbe Bremain. «L’Ue è mettere la competenza prima del passaporto: sono stufa di leggere critiche sulla stampa italiana sui tedeschi e sui giornali tedeschi sul Sud Europa», commenta Sylvie Goulard dell’Alde. Secondo l’europarlamentare non possono essere presi a modello per un futuro europeo nuovi movimenti o partiti come il Movimento Cinque Stelle che «hanno portato giovani nel Parlamento italiano ma con idee vecchie e nazionaliste».

    Anche nel caso di un risultato del referendum che porti la Gran Bretagna a rimanere nell’Ue, la linea del premier inglese Cameron è comunque quella di una minore integrazione europea, ed è anche quella della maggior parte dei cittadini inglesi intervistati in un sondaggio del think tank Bertelsmann Stiftung recentemente, per Letta i Paesi della zona euro saranno chiamati a tornare a correre e a offrire soluzioni concrete ai propri cittadini e a pretendere più libertà nelle scelte per una maggiore integrazione europea. «L’Ue ci ha messo quattro anni dal 2008 e 2012 per cercare risposte alla crisi economica, ora non possiamo aspettare altri quattro anni per i rifugiati perché moriranno milioni di persone, l’Ue sparirà, e sarà nostra responsabilità», ha concluso l’ex premier.

  • « La Grande-Bretagne nous tend un miroir », entretien avec Yves Durand pour le Courrier de l’Ouest, 21/06/2016

    « La Grande-Bretagne nous tend un miroir », entretien avec Yves Durand pour le Courrier de l’Ouest, 21/06/2016

    Les Britanniques votent jeudi pour ou contre leur sortie de l’Union européenne. Que faut-il redouter le plus d’un retrait ?

    Sylvie Goulard : « Sortir serait une décision grave dont les conséquences seraient d’abord politiques – le projet européen, un parcours de 60 ans, s’en trouverait disloqué. Sur le plan économique, cela signerait la perte d’un partenaire important. Tout cela crée confusion et incertitude, ce qui n’est jamais bon pour le développement économique, ni pour les investisseurs et les particuliers. »

    D’autres pays peuvent-ils être tentés de quitter à leur tour l’UE ?

    « Cela peut effectivement créer un précédent et susciter des vocations. Je pense à Marine Le Pen et à un certain nombre de dirigeants aux Pays-Bas, en Italie ou en Hongrie… Dans ce débat, la Grande-Bretagne nous tend un miroir. Quand Cameron, le Premier ministre britannique, a lancé son processus, il dénonçait des faiblesses avérées de l’Union européenne. C’était le moment pour l’Europe de se ressaisir. »

    Certaines demandes de Cameron sont fondées, dîtes-vous. Lesquelles ?

    « Le plus intéressant, dans son discours, concerne la désaffection des peuples vis-à-vis de la construction européenne. Il attire l’attention, à juste titre, me semble-t-il, sur le risque pour l’Europe de se laisser distancer à l’échelle mondiale. Prendre en compte cette analyse permettait de repousser d’autres de ses demandes, moins fondées. »

    À l’Allemagne, à la France et aux autres pionniers de l’Europe, vous reprochez des reniements…

    « L’affaire a été mal gérée. Nous avons cherché à retenir le Royaume-Uni mais au prix d’un accord qui ressemble à du bricolage. Nos gouvernements ont baissé les bras face à Cameron et accepté une forme de chantage et tout le monde y perd. Il fallait en profiter au contraire pour refonder l’Europe sur des bases solides. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la justification de la construction européenne, c’était la paix à bâtir entre nous. Aujourd’hui, l’UE se justifie essentiellement par des enjeux extérieurs qui tiennent à l’évolution du monde. Comment résister à la puissance technologique des États-Unis, comment affronter l’immense force industrielle de la Chine, comment regrouper nos forces pour faire face à Daech, défendre nos valeurs face à Poutine ou Erdogan : tels sont les défis actuels qui nécessitent de construire un ensemble suffisamment solide. Sans oublier la défense du modèle social et des valeurs que nos pays partagent ensemble. »

    Continuez-vous de croire à l’Europe ?

    « Je vous ferai la réponse de George Clooney : what else, quoi d’autre ? Qu’on nous le présente le projet alternatif, s’il existe, qui permettrait d’ébranler les Chinois, de discuter d’égal à égal avec les Américains, de faire face aux terroristes et à leur idéologie de mort et de violence. Les Européens doivent se réveiller, sortir de leur torpeur et de leur paresse. Et former une équipe Europe plutôt que de se diviser ! »

    Ouest France