Auteur/autrice : julien

  • De la Démocratie en Europe… Voir plus loin

    De la Démocratie en Europe… Voir plus loin

    En librairie, en France et en Italie, le livre que Mario Monti et Sylvie Goulard ont rédigé ensemble sur la démocratie en Europe.

    Les Européens voudraient être aussi forts justifyque si l’Europe était unie, conserver autant de souveraineté nationale que si elle ne l’était pas.

    Cette contradiction est devenue intenable. Car, au-delà des dérives de la finance et de l’endettement, la crise a révélé l’ampleur de l’interdépendance et les failles de la démocratie en Europe. D’où l’intérêt de relire Tocqueville. Selon lui, depuis des siècles, la marche vers l’égalité est irrésistible : elle invite à créer, par le libre concours des volontés, une démocratie par le peuple, où les Européens choisiraient ensemble ceux qui les dirigent, et pour le peuple, au service du bien-être de tous.

    Ce livre propose de substituer la connaissance de nos intérêts aux instincts plus aveugles, de découvrir les affinités profondes qui lient les Européens, de retrouver confiance. Pour sortir l’Europe de la crise, il faut « voir plus loin ».

    La democrazia in Europa. Guardare lontano

    Gli europei vorrebbero essere forti come se l’Europa fosse unita, ma senza cedere neanche una parte della propria sovranità nazionale, come se l’Europa unita non esistesse affatto. Questa contraddizione è diventata inaccettabile. Le derive della finanza e l’indebitamento sono solo un aspetto della crisi economica, che ha fatto emergere in tutta la loro ampiezza l’interdipendenza e le fratture che caratterizzano la democrazia in Europa. Anche per questo è istruttivo rileggere Tocqueville, autore di un’opera capitale sulla democrazia in America. Per Tocqueville, da secoli, il cammino verso l’uguaglianza è inarrestabile. È un processo che porta a costruire, per mezzo del libero concorso delle volontà, una democrazia che sia opera del popolo, in cui gli europei possano scegliere insieme i loro governanti, e al tempo stesso al servizio del popolo, cioè finalizzata al benessere di tutti. Questo libro invita ad anteporre la retta comprensione dei nostri interessi agli istinti più ciechi, a scoprire le profonde affinità che legano gli europei, a ritrovare la fiducia in noi stessi. Ricordando che per guidare l’Europa oltre la crisi occorre “guardare lontano”.

    Sylvie Goulard è deputata europea e fa parte della commissione per gli Affari economici e monetari. Ha lavorato per il ministero degli Esteri francese e con Romano Prodi, presidente della Commissione europea.

    Mario Monti è presidente del Consiglio e senatore a vita. Economista, è stato presidente dell’Università Bocconi e membro della Commissione europea.

    Democracy in Europe, look to the future

    Too many barriers stand in the way of any real thinking about Europe: prejudice, institutional rivalries and nationalism skew judgement. Hence the idea for this co-authored book, transcending national borders; combining the analysis of a former European Commissioner, who later became a head of government and member of the European Council, with a Member of the European Parliament. The aim of this book is to think about Europe in a genuine European perspective, embracing a wider horizon in the longer term, whilst always keeping the future of the next generations at the forefront. Far from being a unifying element, the Euro has become a cause for discord. The time has come for Europeans to ask themselves if they would be ready to witness the end of a united Europe. We do not believe that for European countries today a national path still exists: globalisation and the IT revolution are irreversible. If we wish to keep the Euro, co-ordination of national policies is not sufficient. Sharing the same currency not only requires each nation to act responsibly in its own country, but also that common policies are put in place which favour growth and innovation, and with a greater focus on fairness…

    Read the Summary “Democracy in Europe” :

    Présentation du livre à Paris, à Milan, à Rome et à Bruxelles

    30 janvier 2013, Bruxelles, Palais des Beaux-Arts

    Après avoir présenté leur livre à Bruegel en décembre Sylvie Goulard et Mario Monti étaient de retour à Bruxelles pour un débat exclusif sur la démocratie en Europe. Une fois la discussion introduite par Guy Verhofstadt, ils ont été rejoints par Daniel Cohn-Bendit et Béatrice Delvaux. Etienne Davignon s’est chargé de la conclusion. Plus d’infos.

    9 janvier 2013, Rome, Festival Libri Come,

    Présentation du livre De la démocratie en Europe Le 9 janvier 2013, Rome, Festival Libri Come, Parco della Musica à 21 h, Présentation du livre “De la démocratie en Europe” : Sylvie Goulard et Mario Monti ont discuté avec Stefano Folli et Paolo Mie.

    Roma – Il Presidente della Repubblica Giorgio Napolitano nel corso dei colloqui con l’On. Sylvie Goulard, Europarlamentare, e il Presidente del Consiglio Mario Monti, oggi 9 gennaio 2013. (Foto di Paolo Giandotti – Ufficio per la Stampa e la Comunicazione della Presidenza della Repubblica)

    9 janvier 2013, le Quirinal

    Le Président de la République italienne, Giorgio Napolitano, grand Européen, ancien Président de la Commission constitutionnelle du Parlement européen, nous a fait l’honneur de nous recevoir à l’occasion de la présentation du livre à Rome. Cette rencontre a été l’occasion d’un échange aussi détendu qu’approfondi sur les thèses contenues dans notre ouvrage.

    17 novembre 2012, Conférence de Sylvie Goulard et Mario Monti à Università Bocconi à Milan

    La salle était comble. Le débat, animé par Ferruccio de Bortoli, le directeur du journal Corriere della Sera et Fedderico Fubini, journaliste économique du même quotidien, a été très vivant comme en atteste la vidéo.

    Dans un échange assez amusant, alors que j’expliquais mes réserves face aux propositions tendant à faire des élections européennes le moment où serait choisi le Président de la Commission européenne (issu de la mouvance ayant obtenu la majorité), Mario Monti a cherché à me faire dire que je refusais pour l’Europe “l’étrange majorité” qui est la sienne en Italie. Ce à quoi j’ai répliqué qu’il… n’était pas élu (“ma Lei non è eletto”) ; sous-entendu : il n’avait pas dû faire campagne en se prévalant d’une majorité hétéroclite. A ma courtoise impertinence, il a répondu, non moins courtoisement, merci de me le rappeler. Le fait que le Premier ministre n’ait jamais été élu et soit à la tête d’une majorité d’union nationale est en effet en Italie, un sujet très sensible.

    12 novembre 2012, Conférence de Sylvie Goulard et Mario Monti à Paris

    Sylvie Goulard et le Président du Conseil Italien Mario Monti ont présenté leur ouvrage commun “DE LA DÉMOCRATIE EN EUROPE. Voir plus loin.”, dans l’amphithéâtre Emile Boutmy de Sciences Po Paris. Plusieurs personnalités politiques ont fait le déplacement ; de nombreux étudiants étaient également présents.

    D’où vient l’illustration de la couverture du livre ?

    C’est un fragment de la fresque, l’apothéose de St Ignace, de l’Eglise Sant’Ignazio a Campo Marzo, à Rome (construite sur les plans de Carlo Maderno, réalisée par le Jésuite Orazio Grassi). Elle a été peinte par Andrea Pozzo, peintre jésuite (1685).

    Ce fragment représente l’Europe ; la fresque comporte aussi des allégories de l’Amérique, l’Asie et l’Afrique.

    Sa signification ? Elle nous a plu, telle est la raison de notre choix. C’est un hommage à la beauté, à la culture européenne qui change un peu des « enlèvements d’Europe » inspirés de la mythologie grecque.

    Quelques échos dans les médias

    31 janvier 2013, La Stampa, Monti, il debito e la nuova Agorà.

    30 janvier 2013, Le Soir, Succès de foule à Bozar pour Mario Monti”.

    3 décembre 2012, Panorama.it, “La democrazia in Europa: il libro di Mario Monti e Sylvie Goulard”.

    18 novembre 2012, Libération, “Sur la route de Tocqueville”.

    13 novembre 2012, La Tribune, “Mario Monti : La crise a révélé un certain déficit démocratique”.

    13 novembre 2012, Europe 1, “Mario Monti : “L’Europe se construit de crise en crise”.

    13 novembre 2012, La Croix, “Mario Monti parle d’Europe aux jeunes Français”.

    13 novembre 2012, Rainews24, Monti: Non c’è più il direttorio franco-tedesco in Europa.

    12 novembre 2012, Le Figaro, “Mario Monti : Les réformes, il faut les faire vite”.

    Pour aller plus loin

    Dans notre livre De la démocratie en Europe[1], Mario Monti et moi-même prenons position, à titre personnel, en faveur de la création à Strasbourg d’une sorte de « Collège de France européen » qui serait conçu comme un centre permanent de débats intellectuels et de formation aux questions européennes. Ce centre serait installé dans les locaux du Parlement européen libérés par le transfert à Bruxelles du siège du Parlement.

    Cette proposition appelle quelques précisions, la question du siège du Parlement européen étant en général mal posée. Elle consiste en effet le plus souvent à opposer des arguments qui ne se situent pas au même plan, sans chercher à faire la part de ce qui, dans les deux positions, pourrait être intelligemment combiné.

    Les partisans de Strasbourg ont raison d’invoquer l’histoire et le symbole. Rappeler les origines de la construction européenne – la volonté de réconciliation franco-allemande – aide à comprendre le sens profond de l’unification européenne. Cette pédagogie doit être sans cesse renouvelée, notamment pour les populations des pays qui ont rejoint l’UE sur le tard et pour les jeunes générations. Les étudiants d’aujourd’hui sont nés après la chute du mur de Berlin. Les évènements tragiques du XXème siècle leur semblent de plus en plus lointains.

    Mais les symboles ne peuvent être assénés, ni défendus à coups de recours devant la Cour de justice. La plus belle réussite de la réconciliation franco-allemande et de l’intégration européenne consiste justement dans la consolidation de la démocratie européenne, dans l’émergence d’un Parlement européen souverain. En Allemagne, après l’unification, c’est le Bundestag qui a choisi la capitale et non l’exécutif qui a contraint l’assemblée parlementaire.

    C’est pourquoi de grands acteurs de la relation franco-allemande comme Alfred Grosser ou Dany Cohn-Bendit par exemple, ne sont pas favorables au maintien du siège à Strasbourg.

    Les partisans de Bruxelles ont raison de souligner que la transhumance des députés européens nuit à l’image de l’Europe dans l’opinion. Les arguments tirés du coût et de l’efficacité sont légitimes, aussi longtemps qu’ils ne tournent pas au populisme. Certains propos « anti-Strasbourg » relèvent moins de la rationalité économique que d’un ressentiment anti-français ou anti-allemand voire anti-franco-allemand. Il est du reste assez amusant de relever que l’ardeur de certains à rationaliser les coûts s’arrête lorsqu’il est question de déplacer des agences ou autorités qui se trouvent sur le territoire du pays dont ils sont originaires. La création des autorités de supervision financière en a donné un bel exemple : l’idée de déplacer l’autorité bancaire de Londres à Francfort, auprès de la BCE, n’a pas été soutenue par ceux-là mêmes qui crient le plus fort contre Strasbourg.

    D’où l’idée d’une démarche qui combine 2 aspects :

    • Créer à Strasbourg un centre permanent de pédagogie européenne qui réponde au besoin d’expliquer l’Europe ; les locaux seraient ainsi utilisés intelligemment et la vocation européenne de Strasbourg confortée ;
    • Déplacer le siège à Bruxelles en contrepartie du versement de dix années de budget actuellement alloué aux sessions à Strasbourg, pour solde de tout compte, et au profit d’une fondation ayant vocation à organiser ces sessions pédagogiques, ainsi que d’un réexamen du siège de toutes les institutions, agences, autorités, dans une optique de rationalisation.

    [1] Flammarion, 2012, La democrazia in Europa, RCS

  • Die Krise demokratisch überwinden / A democratic Solution to the Crisis, Nomos, Septembre 2012

    Die Krise demokratisch überwinden / A democratic Solution to the Crisis, Nomos, Septembre 2012

    Cet ouvrage est le fruit d’une initiative que j’ai prise en 2011 et qui a pu aboutir à l’été 2012. Ayant eu la chance d’être invitée à m’exprimer sur l’Europe à l’université Humboldt, j’ai proposé au professeur Pernice de faire travailler des jeunes chercheurs de la prestigieuse faculté de droit de Berlin, sur la légitimation démocratique de l’UE. La question étant extrêmement importante pour l’opinion publique allemande, les Allemands ayant mis en place depuis 1949, une démocratie exemplaire et une Cour constitutionnelle puissante, j’ai eu envie de lancer ce dialogue.

    Trop souvent, à Paris, la sincérité de la demande allemande est mise en doute. Personnellement, je ne le crois pas. Le souci de conserver ce qui a été durement acquis, explique largement l’attitude allemande. Ceci posé, il est clair que l’Allemagne ne peut prétendre imposer à des pays qui ont d’autres traditions et d’autres expériences historiques, le système qui a été conçu en république fédérale. En tout cas, quelques efforts mutuels pour mieux se comprendre sur le plan technique – nos régimes juridiques étant assez différents – mais aussi et surtout émotionnel, psychologique, ne sont pas de trop.

    Je ne remercierai jamais assez Ingolf Pernice, Européen convaincu, d’avoir joué le jeu avec persévérance et amitié. L’équipe des chercheurs, animée par Mattias Wendel, Lars Otto, Kristin Bettge, Martin Mlynarski, Michael Schwarz était de première qualité. Nous avons eu la chance d’organiser un séminaire d’une jour avec Juergen Habermas Zur Verfassung Europas (La constitution de l’Europe) auquel ont participé Jan Philipp Albrecht, Peter Altmaier, Giuliano Amato, Jörg Asmussen, Jean-Louis Bianco, Judith Hermes, Peter M. Huber, Axel Schäfer, Guy Verhofstadt.

    Toute l’équipe est venue présenter ses réflexions au Parlement européen en juin 2012.

    Voici le fruit de ces travaux, qui ne prétendent pas être plus qu’une contribution au débat mais qui cherchent à nourrir le dialogue entre nos deux pays, en lien avec les autres Européens.

    Texte de la Préface de Sylvie Goulard

    Keine Frage kann Deutschland und Frankreich mehr auseinanderdividieren als die der Verfassung Europas: der Staat wird in beiden Ländern auf andere Weise wahrgenommen, das Recht auf andere Weise respektiert, die Wirtschaft auf andere Weise verwaltet. Die Geschichte hat unterschiedliche Spuren hinterlassen. Und etwas Auseinandersetzung gefällt den meisten Menschen. Keiner ist Nationalist, nein, sicherlich nicht. Solange die Grande Nation herrscht bzw. solange am deutschen Wesen die Mitglieder der ganzen Eurozone genesen…

    Dennoch müssen wir gemeinsame Lösungen finden, damit der Euro weiterbesteht und damit jenseits der Wirtschaft das phantastische Projekt der friedlichen Einheit des Kontinents nicht ins Stolpern gerät.

    Deswegen bin ich auf die Idee gekommen, mit Juristen der berühmten Humboldt- Universität eine gemeinsame Arbeit aufzunehmen. Meinen Beitrag der von Professor Ingolf Pernice organisierten Redereihe Forum Constitutionis Europae braucht man hier nicht zu rekapitulieren.1 Mir schien wichtig, nach dem Lissabon-Urteil des deutschen Bundesverfassungsgerichts die gemeinsame Aufgabe nicht aufzugeben, sondern den Dialog fortzuführen.

    Die Deutschen haben Recht, wenn sie die europäischen Institutionen besser legitimieren wollen. Ohne Demokratie hat die Wirtschafts-und Währungsunion, hat die EU dauerhaft keine Zukunft. Wenn wir mit einer strengen gegenseitigen Haushaltskontrolle, mit einer Annäherung der Steuer-, Sozial- und Wirtschaftspolitiken den Wohlstand sichern wollen, kann dies nur in einem viel transparenteren und demokratischeren Rahmen stattfinden. Die Rolle des Deutschen Bundestages und die Kontrolle des Bundesverfassungsgerichts haben dazu beigetragen, die deutsche Demokratie stabil zu machen. Die Intensität der Demokratie muss unbedingt auf die europäische Ebene übertragen werden. Aber wie?

    Die Franzosen haben aber auch Recht, wenn sie sich eine „Regierung” wünschen: mit ein paar Regeln kann man, anders als wir in Maastricht geglaubt haben, nicht alles regeln. In einer Krisensituation müssen die kompetenten Behörden rasch handeln. Unsere weltweite Glaubwürdigkeit wird jetzt leider in Frage gestellt, weil unsere Regierungen zu oft zögern. Und die Franzosen – und andere Europäer – betonen mit Recht, dass die Karlsruher Richter das Schicksal von 500 Millionen Menschen nicht allein bestimmen dürfen.

    Die deutsch-französische Synthese ist notwendig: Wir brauchen eine demokratisch legitimierte europäische Regierung.

    Um sie zustande zu bringen, müssten wir aber noch besser begreifen, dass die Erfahrungen der verschiedenen Völker so unterschiedlich sind, dass dieselben Wörter oft nicht den gleichen Sinn haben. Wenn ein Deutscher – mit Recht – Haushaltsdisziplin fordert, so sollte er berücksichtigen, dass ein anderer Europäer womöglich keine Großmutter hatte, die ihm von der Weimarschen Hyperinflation und Rezession erzählt hat. Nach Tocqueville hat das französische Volk unter dem Ancien Régime eine besondere Begabung entwickelt, die Diktate des Monarchen zu ignorieren. Zu gehorchen heißt danach Freiheit zu verlieren. Wer ohne Rücksicht auf die Geschichte versucht, eine Währung (die viel mit dem Unbewussten zu tun hat) einzuführen und aufrecht zu erhalten, wird scheitern.

    Der gefühlte neue Unilateralismus Deutschlands löst bei seinen europäischen Partnern große Sorge aus. Wenn die besten Freunde Deutschlands dies nicht laut sagen und sich aufmachen, gemeinsame Wege zu finden, wer sonst?

    Demokratie dient der Wirksamkeit und die Interdependenz verbietet Alleingänge, sagt diese hervorragende Studie, in der fünf junge Juristen das Beste des deutschen und zugleich europäischen Geists gezeigt haben. Es ist ein Anfang, ein Beitrag zu einer weiteren, einer breiteren Diskussion. Sie hat gerade erst begonnen.

    Brüssel, den 21. Juli 2012, Sylvie Goulard, MEP (ALDE)

    1 Vgl. die FCE-Rede 3/2011 vom 8.2.2011, Mehr als eine Finanzkrise. Eine Perspektive aus dem Europäischen Parlament, online unter http://www.whiberlin.eu/tl_files/FCE/Rede-Goulard.pdf (letzter Aufruf am 19.7.2012).

    Texte de la préface de Giuliano Amato, Ancien Premier ministre italien

    Geleitwort

    Ein tiefer Riss klafft zusehends zwischen Nord- und Südeuropäern: hervorgerufen einerseits durch die Entwicklungen der Wirtschafts- und Finanzkrise (welche die Eurozone noch immer beeinträchtigt) und andererseits durch die Lösungsmechanismen, mit denen man der Krise begegnen möchte. Die Südeuropäer fühlen sich ungerechterweise strikten Sparmaßnahmen unterworfen, die ihnen von anderen auferlegt werden, während die Nordeuropäer finden, dass sie ungerechterweise gezwungen werden, die Schulden von anderen zu bezahlen. Basierend auf dem gemeinsamen Interesse – dem Funktionieren der Eurozone und der Stabilität unserer gemeinsamen Währung – zeigt sich indes eine zentrale Forderung, die beiden Sichtweisen gemeinsam ist: die Forderung nach mehr demokratischer Legitimation für die Entscheidungen, die auf europäischer Ebene getroffen werden. Nach den Vorstellungen der meisten unserer unzufriedenen Bürgerinnen und Bürger bedeutet das, solche Entscheidungen einer engeren Kontrolle zu unterwerfen – allerdings viel mehr einer engeren Kontrolle durch unsere nationalen Parlamente als durch das Europäische Parlament.

    Nach meiner persönlichen Auffassung hatte der Europäische Konvent absolut Recht, als er festschrieb, dass die Europäische Union auf dem Willen ihrer Mitgliedstaaten und auf dem Willen ihrer Bürger beruht. Die duale Legitimation, die sich aus diesen Annahmen ergibt, ist dem Wesen unserer hybriden institutionellen Konstruktion inhärent. Welche Entwicklungen auch immer unsere Zukunft bringt: die nationalen Parlamente werden unstrittig eine Rolle spielen. Allerdings: Wie erklären wir, dass unsere Bürgerinnen und Bürger sich in genau dem Augenblick hauptsächlich auf ihre nationalen Parlamente verlassen, in dem unser gemeinsames Handeln durch immer weiter fortgeschrittene Integrationsformen erfolgt und wir eine Transformierung mehr und mehr in Richtung Fiskalunion erleben, die zu einer politischen Union führen soll1? Dürfte man nicht erwarten, dass das Europäische Parlament im Zentrum steht?

    Die Antwort lässt sich leicht den Worten entnehmen, die unsere Bürgerinnen und Bürger, im Norden wie im Süden, verwenden, um ihre Gefühle auszudrücken: „Verlust der Souveränität“, so sagen sie, „unsere Souveränität wird geraubt“. So wird die Union – genauer: die Eurozone – heute wahrgenommen. Sie wird wahrgenommen als ein verbundenes System von Staaten, die ihre Einheit, und ihre Währung, wahren, indem sie die Lasten und Beschränkungen so verteilen, dass Freiheit und Verantwortlichkeit zugunsten anderer erodieren. Wenn Teil der Union zu sein also bedeutet, Gefangene der jeweils anderen zu sein, dann lasst uns, so sagen sie, die Rolle unserer nationalen Parlamente stärken als Schutzschilde der Freiheit und Verantwortlichkeit, die wir verlieren.

    Das ist eine verzerrte Wahrnehmung unserer tatsächlichen Lage, denn Lasten und Beschränkungen werden zum Wohle unserer gemeinsamen Güter verteilt, nicht lediglich zugunsten einiger von uns. Allerdings ist diese Wahrnehmung auch nicht vollkommen falsch, denn sie führt zum Kern der Probleme: erstens zu dem Fehler, den wir gemacht haben, als wir den Rahmen des Euro auf die Koordination nationaler Politiken beschränkt haben (unter Ablehnung stärkerer supranationaler Handlungsformen), und zweitens zu den Lösungsmechanismen, die wir – im selben Rahmen – nunmehr anwenden. Als wir damals entschieden, uns nicht mit stärkeren supranationalen Handlungsformen auszurüsten, geschah das aus dem einfachen Grund, dass die Mehrheit von uns nationale Prärogativen und Verantwortlichkeiten schützen und behalten wollte. Nunmehr ereilt uns aber überdeutlich die Rache der Geschichte, denn genau die Einführung dieses Rahmens ist es, die unsere Prärogativen und Verantwortlichkeiten verringert. Innerhalb eines Rahmens der intergouvernementalen Koordination nationaler Politiken war die Umsetzung von Empfehlungen in Beschränkungen und von Vorschlägen in bindende Forderungen unsere einzige Option. Das ist es, was wir bisher getan haben, und das ist es, wogegen sich unsere Bürgerinnen und Bürger verwehren.

    Würde Candide noch leben, würde er uns fragen, ob es für uns nicht besser wäre, unsere ursprüngliche Wahl zu überdenken und uns aus der Falle zu befreien, in die wir gerade tappen. In einer stärker nach föderalem Muster ausgerichteten, also quasi-föderalen, Architektur wäre jeder Mitgliedstaat „freier“ (zu handeln) und gleichzeitig verantwortlicher für seine eigene Zukunft. Vergessen wir nicht, dass in einer solchen Konstruktion der Wert und die Festigkeit der gemeinsamen Währung nicht von den Schulden der Mitgliedstaaten abhingen, sondern von der Finanzsituation auf supranationaler Ebene. Mitgliedstaaten könnten sogar insolvent werden, ohne dass dies die gemeinsame Währung beeinträchtigen würde; zugleich aber hätten sie geringere finanzielle Schwierigkeiten, denn es ist bekannt, dass ein Teil des hohen Aufschlags auf die Schuldverschreibungen unserer schwächeren Mitgliedstaaten ihrer Verbindung zum Euro geschuldet ist.

    Ich weiß ehrlich gesagt nicht, ob Candides Frage hinreichend realistisch ist, ob wir, mit anderen Worten, noch die Zeit für die quasi-föderale Option haben, also dafür, unsere Union weniger horizontal und dafür vertikaler zu gestalten. Sicher ist aber, dass die Forderung nach verstärkter demokratischer Legitimation ein ausgezeichneter Anker für Reformen zur Erreichung einer stärkeren demo kratischen Verantwortlichkeit auch auf europäischer Ebene und für Reformen hinsichtlich einer möglichen Übertragung von Kompetenzen auf diese Ebene ist – Reformen, die gegenwärtig in der zersetzenden Beziehung zwischen unseren Mitgliedstaaten gefangen sind.

    Die Autoren dieses Buches haben die bestehenden Verträge untersucht; mit bewundernswerter Klarheit sagen sie uns, was auf Grundlage der bestehenden Verträgen erreicht werden kann, welche Maßnahmen Vertragsänderungen im vereinfachten Vertragsänderungsverfahren benötigen und welche Maßnahmen in eine dritte Kategorie fallen, die nach dem Bundesverfassungsgericht Änderungen sowohl der Verträge als auch der nationalen Verfassungen (wie des deutschen Grundgesetzes) erfordern. Es ist dies keine einfache road map, sondern ein entscheidender Leitfaden für diejenigen, die auf der Grundlage des erwähnten Berichts der vier Präsidenten Reformen vorbereiten. Beschrieben wird die Rolle, die den nationalen Parlamenten zukommen soll, aber auch die noch umfangreichere Rolle des Europäische Parlaments, das unsere Autoren stärker in das Defizitverfahren einbinden wollen; auf diese Weise soll demokratische Unterstützung für die bindenden Entscheidungen vermittelt werden, die von der Kommission bei der Umsetzung der engeren Regeln nach dem Fiskalvertrag angenommen werden müssen. Zudem werden Kompetenzübertragungen untersucht, die unsere politische Union nützlicher-weise „vertikalisieren“ würden.

    Die Autoren habe ihre Untersuchung nicht vorgenommen, um die Candide- Frage zu beantworten. Das Modell des Verfassungsverbundes, das wir Ingolf Pernice verdanken, war das Leitbild, dem sie in ihren Ausführungen gefolgt sind. Dieses Modell ist genau deswegen besonders fruchtbar, weil es offen für mehr als nur eine Option ist. Aber es ist die Aufgabe von uns Europäern, über den Weg in unsere Zukunft zu entscheiden und folglich über die Option, der wir folgen wollen.

    Die Auffassung des Bundesverfassungsgerichts sollte im Übrigen nicht als Stoppschild zur Verhinderung weiterer Übertragungen verstanden werden, die wesentlich sein könnten, um die europäische Ebene dichter zu gestalten als sie es jetzt ist – und stark genug, um dem Euro einen angemessenen europäischen Rahmen zur Verfügung zu stellen. Das Bundesverfassungsgericht erklärt uns lediglich, dass die Wahl dieses Weges eine Umwandlung unseres Zusammenbleibens bedeutet und eine erneuerte Verfassungsentscheidung verlangt. Ehrlicherweise können wir nicht leugnen, dass das die einfache Wahrheit ist. Aber wenn wir wirklich eine politische, quasi-föderale Union wollen, können wir unseren Bürgerinnen und Bürgern erklären, dass sich deren Schaffung lohnt, um genau dem Unbehagen über die gegenwärtigen Trends entgegenzutreten. Wäre eine feste politische Union von freien und verantwortlichen europäischen Völkern nicht viel besser als eine Union von nationalen Gemeinschaften, die sich gegenseitig auf die Füße treten? Candide hätte überhaupt keine Zweifel.

    Pisa, den 7. August 2012 Giuliano Amato

    1 Vgl. den Bericht der „vier Präsidenten“ – von Europäischem Rat, Kommission, Eurogruppe und Europäischer Zentralbank – angenommen vom Europäischen Rat am 29. Juni 2012.

  • opinions

    L’Europe de Jean Monnet n’est pas morte !

    Ce n’est pas dans l’épreuve qu’il faut abandonner.
    Certains l’enterrent avec allégresse. Dès le 3 juin 2005, moins d’une semaine après le référendum français, le journal The Economist rédigeait son épitaphe : « Depuis au moins cinquante ans, les Britanniques ont eu deux objectifs principaux en Europe … suite

    Financial Times

    13 mai 2014, The Financial Times, Sylvie Goulard parmi les 25 figures à suivre au Parlement

    Les élections européennes de mai marquent la première étape du changement du personnel politique à Bruxelles, avec de nouvelles figures nommés dans toutes les grandes institutions de l’UE. Dans cet article Sylvie Goulard est citée parmi les 25 figures politiques à suivre au Parlement européen, notamment pour son travail sur les Eurobonds et l’Union bancaire.

    Réponse à la chronique de Jean-Claude Guillebaud parue dans le Nouvel Observateur du 2 mai 2013 n°2530.

    Dans sa chronique « L’Europe est -vraiment !- à l’agonie » (n° 2530 du 2 mai), Jean-Claude Guillebaud salue notre « foi inébranlable » dans l’Europe tout en la qualifiant de « pieusement dénégatoire ». Cohn-Bendit, Goulard, Guetta, improbable trinité ? La veine religieuse ne manque pas de sel mais si J-C Guillebaud y tient, allons-y.

    Oui, nous croyons que, dans le monde tel qu’il est, les Européens partagent un art de vivre, des valeurs et des intérêts qu’ils gagnent à défendre ensemble. Sans unité, c’est l’insignifiance qui nous guette. Mais s’il fallait une référence religieuse, ce serait plutôt Luther : de même qu’il dénonçait les dérives de l’Eglise catholique et l’hypocrisie d’un clergé corrompu, nous réprouvons le dévoiement actuel de l’Europe. Au Parlement européen, au fil de nos chroniques, articles, interviews, livres, nous martelons inlassablement que l’ersatz intergouvernemental qu’on nous sert, sans saveur ni vertu, n’a rien à voir avec l’union des hommes que visaient les pères fondateurs. Nous nous battons pour que l’Europe devienne une démocratie à part entière. Mais cela ne tombera pas… du Ciel. Lire la suite.

    21 mars 2012. Impôt sur les sociétés : vers une assiette commune consolidée, la proposition du Parlement

    Depuis longtemps, je suis convaincue que l’absence de rapprochement fiscal, au sein du marché unique, constitue l’une des erreurs majeures de l’UE.

    Si des conditions plus favorables sont offertes au capital, des distorsions sont créées entre taxation du capital, mobile, et taxation du travail, captif.

    Certains pays de l’UE se sont fait une spécialité d’attirer des entreprises dans des conditions plus favorables. Or, par ce biais, ces entreprises accèdent à l’ensemble du marché unique ; elles ne s’installent pas dans un pays de l’UE seulement pour accéder aux clients qui se trouvent dans celui-ci.

    En outre, dans le contexte actuel de rigueur budgétaire, il n’est pas loyal de priver des Etats de ressources au moment même où on leur demande de réduire leur déficit et leur dette. Une harmonisation de l’impôt sur les sociétés rejoint largement les objectifs du 6 pack, texte dont j’ai été rapporteur, et ceux du fiscal compact (voir mon article intitulé “Union économique renforcée”) … Suite

    15 mars 2012

    Guy Verhofstadt, président de l’ADLE et ancien Premier ministre belge, a tenu à répondre à Jean-François Copé qui s’indignait des propos tenus à l’encontre de Nicolas Sarkozy. Guy Verhofstadt avait en effet dénoncé dans la menace du président-candidat de sortir la France de l’espace Schengen un langage visant à flatter l’extrême droite. Partageant son constat (voir mon papier du 12 mars dernier pour le Nouvel Obs “Nicolas Sarkozy à Villepinte : l’Europe attaquée, la France dans la poussière”), je joins à ce billet la tribune écrite par mon collègue Guy sur le Huffington Post.

    Qui connaît monsieur Copé?

    M. Sarkozy prétend vouloir réduire de moitié l’immigration en France, alors que les trois quarts des immigrés qui arrivent sur le sol français le sont par mariage ou regroupement familial. Pour arriver à ce résultat, la France devrait dénoncer les conventions internationales qui la lient, et dont elle est d’ailleurs souvent à l’origine. Accessoirement, la France devra aussi quitter l’UE dont la législation en matière d’immigration repose précisément sur ces Conventions et qu’aucun autre chef d’Etat que M. Sarkozy ne dénonce. Quitter l’UE? N’est ce pas ce que veut l’extrême droite? … suite

    13 décembre 2011, mon message de soutien à la rédaction de l’Expansion

    Depuis des années, j’apprécie la qualité du travail de décryptage et de pédagogie qu’effectue la rédaction de l’Expansion. Je souhaiterais vivement que ce titre se perpétue ; il n’a pas la vue courte ; il peut prendre du recul par rapport à l’actualité quotidienne, c’est pourquoi nombre de ses journalistes, passés ou présents, ont contribué à nous éclairer. Les débats, les manifestations organisés par l’Expansion ont toujours été marqués par le sceau du sérieux.

    D’une manière générale, il est préoccupant de voir disparaître un certain nombre de journaux et magazines économiques dans un pays où l’économie tient déjà une place insuffisante dans le débat public.

    Enfin, la presse n’est assurément pas un secteur comme un autre. C’est aussi un pilier de la démocratie. Sa pluralité est précieuse.

    Toutefois, et justement parce qu’il s’agit d’économie, je tiens à ajouter que je ne suis pas en mesure d’apprécier, de l’extérieur, la viabilité du titre ou de son « business model ». Et je suis trop attachée au libéralisme, au bon sens du terme, pour m’immiscer, de l’extérieur, dans les décisions d’une entreprise privée.

    Je forme donc des vœux pour qu’une solution économiquement solide soit trouvée par ses dirigeants, dont c’est la responsabilité, en étroite concertation avec la rédaction et les salariés.

    Sylvie Goulard, Député européen, Coordinateur, pour le groupe ALDE, de la Commission économique et monétaire du Parlement européen

    Inquiétude : le Mouvement Européen France risque de perdre son indépendance !

    Chers amis,

    J’avais décidé de rester en dehors de la campagne pour l’élection du nouveau Président du MEF et me suis astreinte au silence le plus strict.

    Toutefois, les dernières évolutions me préoccupent.

    Le MEF a besoin d’un Président indépendant dont l’action et la parole sont libres de toute allégeance. C’était vrai auparavant. C’est encore plus vrai dans la crise majeure que traverse l’UE.

    Une personnalité exerçant un mandat politique, connue pour être impliquée dans une équipe de campagne présidentielle ne peut pas exprimer dans les médias des positions transcendant les appartenances partisanes.

    Le MEF a aussi besoin d’un Président disponible ce qui devrait conduire à éviter tout cumul avec un mandat électif qui, si l’on s’y consacre pleinement, est très prenant.

    Sylvie Goulard

    Ancienne Présidente du Mouvement Européen France

    21 Novembre 2011, Traitement des députés : démêler le vrai du faux

    De nombreux documents circulent actuellement sur internet à propos du traitement des députés européens, ou encore des pensions que percevraient les fonctionnaires européens. En période de crise, au moment même où la France réforme son système des retraites, les citoyens européens sont tout à fait en droit de s’interroger. Encore faut-il disposer des bonnes données.

    Les articles que l’on trouve sur la toile confondent deux choses tout à fait différentes : d’une part, la rémunération des députés et, d’autre part, les enveloppes budgétaires destinées à couvrir les frais encourus par ceux-ci dans l’exercice de leur mandat. Agréger les deux pour dénoncer un salaire prohibitif est mensonger. …suite

    Réponse ouverte à la pétition “Non à l’attaque contre la démocratie et les droits sociaux en Europe”

    Vous êtes nombreux à avoir exprimé des préoccupations relatives à la gouvernance économique de la zone euro et je vous en remercie. Ce sont des questions centrales, complexes, qui appellent une information rigoureuse. C’est pourquoi, à travers mes tribunes et chroniques, je tente d’expliquer depuis de nombreuses semaines l’évolution de ce dossier, d’expliquer les tensions, les fausses et vraies attentes. Des attaques inconsidérées se mêlent aux questions et exigences légitimes. … suite

    Chronique du FMI – Quelle sera la place de l’Occident dans le monde ?

    Je ne ferai aucun commentaire sur ce qui est arrivé à Dominique Strauss-Kahn et à une jeune femme à New York. La justice américaine tranchera. Juste un mot sur sa succession. Une bataille stratégique est en cours. La lecture de la presse internationale permet d’entrevoir ce que le débat de politique intérieure française a tendance à occulter : un enjeu colossal.

    Cette succession est en effet la première du « monde d’après », i.e. du monde d’après la première la crise de la globalisation. Nos leaders nationaux, trop occupés à garder leur place, ou à la conquérir, ne voient pas combien le monde change. Depuis des siècles, des Européens dominaient le monde, en partage, depuis 1918, avec les Etats-Unis. Aujourd’hui, d’autres revendiquent « le leadership » : derrière une demande de « job » mineure en apparence, les pays émergents font savoir qu’ils sont prêts à pousser les Occidentaux hors de leurs traditionnels bastions. La guerre est à fleuret moucheté, en termes diplomatiques mais ce n’en est pas moins une bataille décisive. Ce qui est en jeu au FMI, même sans vouloir être grandiloquant, c’est la place de l’Occident dans le monde (voir par exemple dans le Financial Times du 26 mai, Eswar Prasad « The BRICs must put up a fight for IMF top job » ou le Corriere della Sera du 27 mai, « Lagarde, l’ultima scelta di un Europa marginale »). …suite

    116 000 – Enfants disparus. Ce numéro gratuit et accessible du lundi au samedi de 9h à 21h est à la disposition des familles dont l’enfant a disparu, quelque soit le motif de cette disparition : fugue, disparition inquiétante, enlèvement parental. Sa mise en place en mai 2009 par la Fondation pour l’Enfance fait suite à la directive européenne sur la création des numéros uniques européens de téléphonie sociale. N’hésitez pas à en parler autour de vous.

    Être députée au Parlement européen

    Sylvie Goulard répond aux interrogations sur sa vision et son expérience de député européen

    Quelle différence faites-vous entre la fonction de député européen et celle de député national?

    Je n’ai jamais été députée au Parlement national mais il me semble voir trois différences majeures :

    – Le Parlement européen est une construction originale. Il s’agit du seul Parlement élu au suffrage universel direct dans une entité qui n’est pas un Etat. C’est aussi un Parlement jeune, dont certains pouvoirs sont parfois plus poussés que ceux des Parlements nationaux (les auditions des commissaires européens, par exemple, sont inédites pour les ministres et méconnues du grand public); ses pouvoirs législatifs vont croissant. Mais même les gouvernements qui ont négocié et signé le traité de Lisbonne (c’est-à-dire le Conseil européen précédent dont Nicolas Sarkozy, Angela Merkel, José Luis Zapatero, Silvio Berlusconi etc.) rechignent à faire vivre la codécision législative; j’en ai fait l’expérience comme rapporteur sur la supervision financière et maintenant sur la gouvernance de l’euro. Les partis nationaux, les médias restent focalisés sur le débat national … suite

    Une Europe sans femmes ? Question ouverte à Laurent Wauquiez et quelques autres

    Avec un peu de retard, mais non sans surprise, je viens de découvrir la tribune co-signée par un « collectif de personnalités », publiée sur le site Les Echos.fr, le 8 avril dernier, sous le titre « L’Europe que nous défendons ». La démarche mérite d’être saluée : l’Europe a bien besoin d’être défendue contre des attaques souvent exagérées voire dépourvues de fondement ; le débat public fourmille de simplifications et élucubrations que les auteurs de ce texte ont raison de contester. Sous quelques réserves mineures, je partage assez largement l’analyse qui y est développée. Et le fait que des grands chefs d’entreprise et des économistes français de renom se mobilisent est un point extrêmement positif.

    Toutefois, un « détail » a retenu mon attention : l’Europe que ces signataires défendent serait-elle par hasard exclusivement… masculine ? Comment peut-on arriver à rassembler une quarantaine de noms et que – sauf erreur de ma part – pas une femme n’apparaisse ? Il existe bien des économistes, des responsables d’entreprise, des personnalités politiques de sexe féminin qui auraient pu écrire ou signer ce texte. Défendre l’égalité hommes / femmes, augmenter le taux d’emploi féminin sont des objectifs constants de l’UE. Et même les rapports du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) soulignent l’importance cruciale de la participation des femmes à la vie publique et à l’activité économique. Serions-nous si en retard en France ?

    Une des choses que nul ne peut défendre, ni d’un point de vue humain, ni en termes de compétitivité, serait une Europe privée de la moitié de sa population.

    J’ignore comment ces noms ont été rassemblés, peut-être à la hâte et sans plan préconçu ; il est possible que la plupart des signataires n’aient pas été avisés du résultat de la « boule de neige ». Mais quel carnet d’adresses ces messieurs ont-ils donc pour qu’ils en soient arrivés là ? Et comment un site lié à un journal aussi sérieux qui compte dans ses rangs des journalistes femmes de qualité n’a-t-il pas relevé l’anomalie ?

    Sans rancune, Messieurs, après cet acte manqué mais attention à ce qu’on pourrait appeler du « machisme par inadvertance ». Les dommages collatéraux sont parfois les plus redoutables.

    Sylvie Goulard

    Lire la tribune et voir les noms des signataires

    6 mai 2011, La Banque Centrale Européenne accusée à tort de misogynie!

    Le Figaro a publié ce jour sur son site internet un article intitulé “La BCE est-elle misogyne?” dans lequel le journaliste Jean-Pierre Robin accuse le Parlement européen d’avoir récusé la seule candidate à l’un des six postes du directoire de la BCE suite à son audition devant la commission des affaires économiques et monétaires. Peter Praet a en effet été préféré à Elena Kohutokova.

    Voici la réponse que j’ai envoyée au journal … suite

    Un démenti de la Commission / Un doute sur les intentions du Financial Times

    A la suite de notre lettre, le chef de cabinet du Président Barroso a répondu que cette information a été démentie par la Commission et que le projet n’était pas à l’ordre du jour. Je l’en ai remercié et en prends volontiers acte.

    Reste à savoir pourquoi le Financial Times, d’ordinaire bien informé, a publié cette information. Intention de nuire à M. Barroso ? Ballon d’essai ? Dans ce dernier cas, mieux valait réagir avec vigueur. Le sujet est majeur. La montée du nationalisme, les choix à partir des « passeports » sont hélas une réalité. J’avais protesté l’an dernier quand deux excellents fonctionnaires de la Commission avaient été écartés pour laisser la place à un Britannique censé rassurer Londres sur le travail de Michel Barnier. Je ne suis pas favorable à des choix déterminés par le pays d’origine pour la BCE. Seules la compétence et la valeur personnelle doivent compter.

    JM Barroso n’en rate pas une…

    23 février 2011

    L’édition de lundi du Financial Times faisait état en première page de la dernière idée géniale du Président de la Commission : ouvrir une voie d’accès à la fonction publique de la Commission, réservée aux Britanniques ne parlant qu’anglais. Le motif : il y aurait trop peu de Britanniques à la Commission. Les Britanniques n’apprennent plus les langues. Donc faisons leur un concours sur mesure !!!

    Si c’est vrai – mais le FT est en général bien informé – ou si même quiconque en a eu la velléité dans l’entourage du Président Barroso, c’est gravissime. D’où ma lettre au Financial Times ci-dessous, envoyée en copie au chef de cabinet de M. Barroso. Mieux vaut faire savoir rapidement que ce genre de dévoiement de l’esprit communautaire rencontrerait des oppositions. Et puisque, aux dires du FT, « Paris » devrait voir ce genre d’initiative d’un mauvais œil, ne décevons pas nos amis d’outre-Manche. A mon sens, c’est aussi injuste pour des Italiens, des Allemands ou des Polonais mais jouons la Française de service… Honni soit qui mal y pense.

    La Commission doit recruter des fonctionnaires compétents, rompus à la diversité culturelle, aptes au travail dans plusieurs langues. S’il y a trop peu de Britanniques se destinant à cette carrière, que le gouvernement de sa gracieuse Majesté s’interroge sur le résultat d’une politique d’abandon de l’enseignement des langues étrangères et aussi sur les ravages du dénigrement de l’UE par les médias et la classe politique anglaise.

    Considérer que, pour les Anglais, l’anglais seul suffirait serait injuste, probablement illégal au regard des règles de la fonction publique communautaire et à terme désastreux pour la diversité culturelle qui est l’un des atouts de l’intégration européenne.

    Enfin c’est une insulte pour les anglophones qui, malgré les obstacles mis à leur formation, sont très qualifiés. Mon assistante anglaise Heather en est la preuve : il existe des jeunes Britanniques trilingues, parfaitement aptes à passer les concours « normaux ». Ils ont fait des efforts qui méritent reconnaissance. Le nivellement par le bas, la pratique des quotas nationaux ne sont pas des solutions pour maintenir une fonction publique communautaire compétente et indépendante. Suite

    A message to our Irish friends

    Why am I in favour to ending the taboo surrounding taxation within the Euro zone?

    1. The Member States of the Euro zone have freely accepted to share their sovereignty by becoming a member of the single currency.

    2. Economic policies are a subject of common interest, as stated in the Treaties.

    3. Tax policy, as an element of the single market and of sound macroeconomic policy, can not be decided completely separately in different Member States.

    4. By establishing offices in Ireland foreign companies gain access to the entire internal market. The country in which they establish themselves offers much more than simply access to that national market.

    5. Furthermore – and this makes a huge difference with 27 Member States – the solidarity which the Member States in difficulty are benefiting from is financed from taxes charged in the other Member States.

    6. To fight unfair tax competition between states does not mean harmonization and one size fits all. We could consider a consolidated corporate tax base, maintaining a certain flexibility regarding the rates.

    7. Of course, it would also be important to ensure that in all Member States the official tax rate corresponds to the reality of the taxes collected. Too many Member States accept set-ups which, notably for large companies, significantly reduces the tax burden. Certain Member States deliberately operate lax controls to attract businesses and capital cheaply.

    An overhaul of all abuse must be general and aim to ensure fair taxation throughout the Euro zone.

    8. It is for these reasons, and because the crisis has been severe and has threatened the stability of the Euro zone, that there should be no taboo surrounding taxation.

    Let’s talk about it together.

    8 février 2011, Discours à l’Université Humboldt, Berlin : “La crise vue du Parlement européen : bien plus qu’une crise financière”

    Le 8 février, j’ai eu l’honneur de donner un discours à l’Institut Walter Hallstein de l’université Humboldt à Berlin sur le thème : “La crise vue du Parlement européen : bien plus qu’une crise financière”

    Cliquer ici pour le discours en français.

    Cliquer ici pour le discours en allemand.

    Cliquer ici pour le discours en anglais.

    BEYOND MAASTRICHT: A NEW DEAL FOR THE EUROZONE

    Un excellent document sur l’avenir de la zone Euro qui vient d’être publié par le ECFR, un think tank européen très engagé. Lire l’article.

    Bonne lecture à tous et bonnes fêtes de fin d’année.
    Sylvie Goulard

    Agenda Europa 2010 / 2011

    Il est très regrettable que l’Agenda Europa pour 2011 distribué par la Commission européenne ait omis de mentionner les fêtes chrétiennes alors même que d’autres fêtes religieuses étaient évoquées.

    La Commission a regretté publiquement cette erreur en déclarant :

    “Une action immédiate est en cours pour rectifier l’omission de certains jours fériés chrétiens dans l’Agenda Europa 2010/2011. Pour remédier à cette erreur regrettable, un corrigendum va être envoyé à tous les professeurs qui ont commandé cette édition de l’Agenda dans tous les Etats membres concernés. Il n’y a jamais eu l’intention de discriminer la religion chrétienne dans cette publication.”

    Les principaux jours fériés, y compris les fêtes religieuses célébrées dans chaque Etat membre, seront incluses dans l’Agenda Europa 2011 / 2012.

    Le Parlement européen, institution indépendante de la Commission européenne, n’a pas été impliqué dans la conception de cet agenda.

    Pour plus d’information cliquer ici.

    7 décembre 2010, Comment sauver l’euro ? – Guy VERHOFSTADT.

    Dans un article de fond, publié sur le site de l’ADLE, Guy VERHOFSTADT, président de l’Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe, définit une stratégie exhaustive afin de remédier aux faiblesses fondamentales de la zone euro. Il s’agit d’en finir avec la nervosité actuelle des marchés qui affecte un certain nombre d’économies périphériques de la zone euro. Lire.

    18 novembre 2010, Forum Européen CNAM “L’Union européenne face aux crises de la mondialisation”

    Permettez-moi tout d’abord de remercier Nicole Gnesotto et le Conservatoire National des Arts et Métiers pour leur invitation. Cette série de conférences sur l’Europe répond à un besoin de réflexion et de débat qui est plus vif que jamais et doit être ouvert au grand public.

    Pour être honnête, le sujet du jour est assez redoutable ; je me méfie en général du mot « mondialisation » qui, en France surtout, donne lieu à beaucoup de raccourcis et de fantasmes

    [1]. Celui de « crise » n’est pas moins galvaudé. A force de les employer, on oublie de réfléchir à ce qu’ils signifient vraiment. … Suite

    Le 25 mars 2009 : débat sur “La lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale : une responsabilité commune !”

    La Maison de l’Europe de Paris en partenariat avec Touteleurope.fr, le Mouvement européen France et La Croix vous êtes invitent à une soirée débat avec

    • François Soulage, Président National du Secours Catholique Directeur du Secours Catholique et Ambassadeur en France de l’Année européenne de lutte contre la pauvreté et l’exclusion,
    • Sylvie Goulard, Députée européenne, membre de l’intergroupe Pauvreté au Parlement européen, Présidente du Mouvement Européen-France,

    Adelphe De Taxis Du Poet, Spécialiste de l’économie sociale de la Caisse des Dépôts et Consignations,

    • Jean-Philippe Poulnot, Président de la Fondation Groupe Chèque Déjeuner.

    Le débat sera introduit par Catherine Lalumière, Présidente de la Maison de l’Europe de Paris.

    Entrée libre sur inscription avant le 19 mars: anna@mouvement-europeen.eu
    Maison de l’Europe de Paris, 35-37, rue des Francs-Bourgeois, 75004, 19h00 – 20h30
    Informations : info@touteleurope.fr

    19 octobre 2009, Les correspondants européens
    Pour être un bon député européen, il faut concilier deux tâches très différentes … suite

    17 octobre 2009, Appel de Strasbourg
    Le Mouvement Européen – France, réuni à Strasbourg, siège du Conseil de l’Europe, chargé de la défense des droits de l’Homme, notamment de la Cour européenne des droits de l’Homme, ainsi que du Parlement européen, lance un appel solennel. … suite

    18 septembre 2009, Flash sur les intergroupes du Parlement européen
    Les « intergroupes » sont des groupes de députés qui, par delà les frontières partisanes, se retrouvent pour travailler sur un sujet d’intérêt commun, transversal qui ne relève d’aucune Commission thématique …suite

    17 septembre 2009, J’ai signé l’appel du quotidien italien Repubblica pour la défense de la liberté de presse. L’article ci-joint en fait état, parmi près de 400.000 signatures :
    La Repubblica.it, Libertà di stampa, nuove adesioni

  • “La Présidentielle en 25 débats”, Nomos, Janvier 2012

    “La Présidentielle en 25 débats”, Nomos, Janvier 2012

    (Hors collection -L’Express) dans lequel Sylvie Goulard exprime ses vues sur la question “Le projet européen est-il condamné ?” (p. 234-243).

  • Fifth anniversary fails to assuage concerns

    Fifth anniversary fails to assuage concerns

    Sylvie Goulard, interrogée par le Financial Times sur le 5ème anniversaire de l’arrivée des nouveaux Etats membres, souligne que l’arrivée de ces nouveaux pays a été envisagée sous un angle essentiellement économique, voire comptable, en négligeant un peu trop les aspects humains.


    Fifth anniversary fails to assuage concerns

    Financial Times

    By Stefan Wagstyl
    Published: May 4 2009

    The European Union’s latest effort to get to grips with its eastern frontier comes days after it celebrated the fifth anniversary of its historic enlargement into the former communist bloc.

    The eastward expansion healed cold war divisions and helped the ex-communist states to complete the economic journey from Marx to the market. With 10 countries, including Poland, joining the union in May 2004, and two more, Bulgaria and Romania, following in 2007, the union expanded to 27 states, with its eastern frontier moving from the Baltic to the Black Sea.
    But the festivities have been muted. A conference in Prague, capital of the Czech Republic, which currently holds the EU presidency, a five-kilometre run in Poland, and a Slovakia festival with the motto “five years of reaching for the stars”. But no collective grand-standing by EU leaders.

    Five years on, an event that EU policymakers see as their greatest recent achievement generates mixed feelings among the public. Recognition of the historic significance is tinged by concern about costs, the global financial crisis and planned future enlargements.

    A Eurobarometer opinion poll published this year found that 48 per cent of EU citizens thought enlargement had strengthened the union, but 36 per cent thought the opposite. Enlargement support was strongest in the east and weakest in the west, notably in France, Germany and Austria.

    For enlargement’s promoters, headed by Olli Rehn, the EU enlargement commissioner, there is no question of the policy’s benefits. He said recently: “Overall, EU enlargement has served as an anchor of stability and democracy and a driver of personal freedom and economic dynamism.”

    The macro-economic record is strong. Income per head in the new member states rose between 1999 and 2008 from 40 per cent of the average of the old members to 52 per cent. The European Commission estimates that accession boosted growth in the new member states by 1.75 per cent a year in 2000-08 and added a cumulative total of 0.5 per cent to gross domestic product in the EU15.

    Soaring mutual trade and investment have brought eastern and western Europe closer together. East European farmers, who feared the worst, have generally done well.

    Meanwhile, growing stability in the east has benefited not only east but west Europeans. Suspect nuclear plants have been closed. The Schengen zone has eased travel controls. The enlarged union carries more international clout, particularly on economic issues.

    Critics generally do not challenge the principle of enlargement but argue it should have been implemented with more care, particularly over the interests of ordinary west Europeans. Sylvie Goulard, president of the French branch of the European Movement, the federalist group, says: “In terms of GDP the impact is peanuts. But it’s not peanuts in human terms.”

    The biggest worry is over competition for jobs, both from migrants and from workers in east European factories. A Commission-sponsored report published last week estimated 2.2m east Europeans moved west after 2004, increasing their total number in the EU15 to 3.8m. EU GDP was boosted 0.8 per cent with only “slight” effects on employment and wages in the west.

    However, millions of west European workers are convinced the negative impact is bigger. Their frustrations, muted during economic expansion, have burst into the open in the crisis.

    The crisis is becoming a test of post-enlargement EU solidarity with fears in eastern Europe that rich west European states could discriminate against them, for example through protectionist banking subsidies. Concerns about crime and corruption, particularly in Bulgaria and Romania, have also tainted the atmosphere.

    Meanwhile, the increase from 15 to 27 in the union’s membership has complicated decision-making. The union has yet to enact reforms that should have accompanied enlargement, amid delays in the ratification of the Lisbon reform treaty.

    Enlargement has also made harder the forging of common external policies, especially for Russia, the EU’s largest neighbour. East European states with traditional concerns about Moscow are more inclined to see Russia as a potential danger than west European countries.

    Given that past enlargements cannot be reversed, critics focus on future plans which encompass the western Balkans and Turkey. For the western Balkans, the main concern is that these fragile states should meet EU standards, notably over crime and corruption. For Turkey, the objections are more fundamental with leading EU politicians questioning Ankara’s right to membership.

    For enlargement’s supporters, the lesson of past negotiations is to keep going. The eastward enlargement was delayed many times before it was finally completed.

    Copyright The Financial Times Limited 2009

  • C’est l’Union qu’on assassine

    LE MONDE

    30 avril 2009

    Inconscient ou délibéré, un travail de sape est à l’œuvre sous nos yeux. En dépit de beaux discours affirmant que, dans la crise, l’union est indispensable, la plupart des gouvernements de l’UE galvaudent l’élection du Parlement européen. Non seulement ils ne cherchent guère à mobiliser les électeurs, mais, en coulisse, ils veillent à s’assurer que le huis clos diplomatique l’emportera encore une fois sur la démocratie au grand jour. Aux questions les plus simples des électeurs, aucune réponse claire n’est apportée. La France ne fait pas exception.

    Pourquoi vote-t-on ? Nul ne l’explique. Aucune campagne civique de grande ampleur sur la date du scrutin, ses modalités et les compétences du Parlement n’a été lancée. L’Europe, qui a la chance d’être dotée du seul Parlement supranational élu au suffrage universel direct au monde, ne souffre pas de “déficit démocratique”.

    Un travail législatif concret y est mené, visant, par exemple, à renforcer la protection contre les produits chimiques nocifs ou à limiter la durée du travail. Mais l’ignorance est entretenue par une Commission distante et une classe politique nationale, dont l’horizon, à de rares exceptions, n’est pas européen.

    Alors nos dirigeants font diversion, agitant de nouveau le spectre de l’insécurité ou jouant au petit jeu des excuses mutuelles. Tout est bon pour détourner l’attention des sujets qui sont au cœur des enjeux européens : emploi, environnement, relations avec le reste du monde, développement de la planète.

    Pour qui vote-t-on ? Le choix des candidats, souvent opaque, est rarement objectif. Dans les entreprises, les ateliers, les facultés, chacun est censé se former pour prétendre occuper une fonction. Rien de tel pour aller au Parlement européen, qui reste un moyen idéal de recycler les figures déchues ou de récompenser ses petits amis.

    A quarante jours du vote, l’UMP n’a pas encore daigné faire connaître ses listes aux électeurs. Après Olivier Duhamel, en 2004, le PS a évincé cette année Gilles Savary, l’un de ses meilleurs députés européens. Qu’un député ait été présent, travailleur, qu’il ait acquis l’expérience qui aurait permis à la France d’obtenir une présidence de commission parlementaire, peu importe.

    Sans parler des souverainistes, qui prétendent défendre l’intérêt national mais désertent les lieux où il se joue. Leur acharnement sur des sujets mineurs (comme l’intendance du Parlement) n’a d’égal que leur manque d’implication sur les dossiers lourds. C’est assez pitoyable.

    Pour changer quoi ? C’est sur ce point que les dernières manigances des gouvernements, avec la complicité de responsables du Parlement sortant, sont les plus désastreuses. Les électeurs seront motivés pour aller voter quand leur choix entraînera un changement de cap politique, incarné par de nouveaux responsables.

    DÉNI DE DÉMOCRATIE

    Les gouvernements européens semblaient l’avoir compris, qui, dans le traité de Lisbonne, ont décidé à l’unanimité que le Parlement élirait le président de la Commission. Même si ce texte n’est pas encore ratifié, rien n’aurait empêché d’en appliquer l’esprit, plus démocratique.

    Le mandat de la Commission Barroso expire fin 2009. Laissons les députés élus en juin décider s’il doit être reconduit, en évaluant son projet publiquement, par rapport à celui d’autres candidats. Ces derniers n’ont d’ailleurs pas à être d’anciens membres du club des chefs d’Etat et de gouvernement !

    Cette condition non écrite – qui nous aurait privés de Jacques Delors – n’a été ajoutée par les intéressés que pour mieux verrouiller la cooptation. Or les deux partis qui dominent l’échiquier européen le PPE (auquel appartient l’UMP) et le PSE (dont fait partie le PS), cherchent à reconduire M. Barroso sans débat, dès le mois de juin. C’est purement et simplement un déni de démocratie.

    La présidence française a entretenu une illusion : celle d’un intérêt et d’un respect nouveaux pour l’Europe. L’intérêt a été de courte durée, tant que les projecteurs étaient tournés vers Paris. Quant au respect des électeurs et des partenaires européens, on le cherche en vain dans ces décisions peu responsables.

    Vis-à-vis des générations qui nous ont légué l’Europe unie, comme vis-à-vis de nos enfants, nous devons considérer l’élection du Parlement européen comme le moment-clé de la vie démocratique européenne et y envoyer des candidats sérieux.

  • Articles et interviews 2008

    Collaboration de Sylvie Goulard avec l’Etudiant Autonome
    A l’occasion de son édition du mois de décembre, le magazine l’Etudiant Autonome a décidé de collaborer avec Sylvie Goulard et lui a proposé de devenir, le temps d’un numéro, la rédactrice en chef du journal

    Die Grille und die Ameise (La Cigale et la Fourmi), 26 novembre 2008
    La Présidente du Mouvement Européen – France a publié vendredi 26 novembre 2008 un article intitulé « Die Grille und die Ameise » (La Cigale et la Fourmi) dans le journal allemand « Süddeutsche Zeitung »

    L’économie sociale de marché, un enjeu d’une rive à l’autre du Rhin, Monde, 17 octobre 2008
    Article de Sylvie Goulard et Karl Lamers, ancien porte-parole du groupe CDU-CSU au Bundestag, publié dans l’édition du Monde parue le 17 octobre 2008.. suite

    La France peut-elle prétendre au leadership intellectuel de l’Union européenne ? Sylvie Goulard s’exprime dans Europe’s World
    Cette question flaire le piège. Tout Français qui répondrait “oui” paraîtrait immédiatement arrogant, cela voudrait dire que par le passé, la France a effectivement exercé une forme de leadership intellectuel. Mais ce n’est pas le cas.

    FranceInter, Transeuropéenne de José-Manuel Lamarque et Emmanuel Moreau, le samedi de 19h30 à 20h

    4 octobre 2008, Intervention de Sylvie Goulard sur RTL
    Sylvie Goulard a été l’invitée de l’émission RTL Hebdo de Christophe Decroix sur RTL le samedi 4 octobre 2008 à 18h15. La discussion a porté sur la crise financière et la rencontre à Paris des quatre membres européens du G8.
    Pour écouter l’interview

    25 septembre 2008, France Info
    Sylvie Goulard a pris la parole dans le cadre d’un débat organisé à la Fnac des Ternes. Le débat intitulé : « Comment rapprocher l’Europe des citoyens ? » a été retransmis en direct sur France Info

    Sylvie Goulard s’exprime dans le Jyllands-Posten danois, 18 septembre 2008 (traduction)
    « L’UE ne doit pas abandonner »
    L’avenir de l’UE : La présidente du Mouvement européen – France appelle l’Europe à ne pas céder au défaitisme après le Non irlandais – les traités ne sont pas tout. …

    Un compromis pour le nouveau Traité?
    podcast audio d’un entretien de Sylvie Goulard sur la Deutsche Welle

    30 juillet 2008 ZDF – Télévision Allemande
    Sylvie Goulard a été interviewée par Kathrin Moser de la Télévision Allemande

    21 juillet 2008 de 10h00 à 11h00 sur BFM Radio
    Sylvie Goulard a participé, avec Marie-Noëlle Lienemann, Anne Mazoyer et Jean-Louis Bourlanges, aux Grands Débats de BFM. L’émission a eu pour le titre : Nicolas Sarkozy à Dublin pour sauver Lisbonne.

    15 juillet 2008 sur ORF Radio Autrichienne
    La présidente du ME-F a répondu aux questions de Hans Woller, journaliste de la radio autrichienne. L’interview fera un tour d’horizon sur la situation de l’Union européenne.

    Sylvie Goulard citée dans le quotidien italien « Il Sole 24 Ore », 12 juillet 2008
    La Présidente du ME-F a été interviewée par Attilio Geroni du journal économique italien ” Il Sole 24 Ore” -Gioco di sponde nel Mediterraneo”. …

    Sylvie Goulard : les responsables politiques irlandais « n’ont pas su » expliquer le traité de l’UE, 2 juillet 2008 sur EurActiv.com
    Sylvie Goulard, la présidente de l’organisation fédérale du Mouvement Européen France, estime qu’il faut apaiser les craintes des électeurs irlandais sur les questions liées à l’avortement, la défense et la fiscalité suite au rejet du traité de Lisbonne lors d’un référendum le mois dernier. …

    1er juillet 2008 de 18h00 à 19h30 sur Itélé
    La présidente du ME-F a participé à l’émission « 1H30 CHRONO » de Thomas Hugues.
    Pour visionner l’émission, cliquez sur : www.itele.fr

    Interview de Sylvie Goulard dans le quotidien « La libre Belgique »
    Paru dans l’édition du 30 juin 2008
    Sylvie Goulard a été interviewée par Tanguy VERRAES du journal « La libre Belgique ». …

    30 juin 2008 « Washington Times »
    La présidente du ME-F a répondu aux questions sur la Présidence française de l’UE pour le journal américain

    29 juin 2008 à 10h00 sur Europe 1
    « Médiapolis » présentée par Michel Field et Olivier Duhamel
    Sylvie Goulard a été invitée avec Jean-Pierre Jouyet, Secrétaire d’Etat aux Affaires européennes. Les invités ont discuté sur la Présidence française de l’Union européenne.

    Dépêche AFP : Can Sarkozy steer Europe out of Irish vote crisis ? Paris, 29 juin 2008 (AFP)
    President Nicolas Sarkozy has big plans for his country’s stint at the European Union’s helm, but can the French leader chart the way out of the crisis sparked by Ireland’s referendum ’No’ vote ?

    28 juin 2008 « Financial Times »
    Le nouveau livre de la présidente du ME-F a été présenté dans l’article « The nature of the beast » de John Thornhill


    Frankreich will auf die Bürger hören
    (article en allemand et en français)

    Du 24 au 27 juin 2008 sur La chaîne parlementaire – Assemblée nationale
    Sylvie Goulard a été l’invité spécial d’une série d’émissions portant sur la Présidence française de l’Union européenne.
    Les sujets ont porté sur les enjeux de la Présidence française de l’Union européenne (immigration, agriculture, énergie, environnement) ainsi que sur la manière dont la France est percue à l’étranger. L’émission a été diffusée sur le câble et le satellite. Elle est également disponible en direct sur le site de la LCP : www.lcpan.fr

    25 juin 2008 « Morgenbladet »
    La présidente du Mouvement Européen-France a été interviewée par Sandra Kolstad du journal norvégien

    24 juin 2008, France Inter
    Sylvie Goulard e été invitée de l’émission « Le téléphone sonne » d’Alain Bédouet. Elle a débattu avec le sénateur PS de l’Essonne Jean-Luc Mélenchon.

    23 juin 2008 à Berlin
    La présidente du ME-F a fait la synthèse d’un débat entre Joschka Fischer et Jacques Delors lors d’une conférence coorganisée par l’ambassade de France en Allemagne, le Mouvement Européen- France et le Mouvement Européen-Allemagne. La manifestation a été retransmisse intégralement sur la chaîne allemande Phoenix.

    Interview de Sylvie Goulard dans le quotidien belge « Le Soir », Bruxelles, 23 juin 2008
    “L’Europe a besoin d’idées neuves”
    L’invitée du lundi Sylvie Goulard
    La France peut-elle relancer l’Europe à l’occasion de sa présidence ? Sylvie Goulard nuance le propos dans l’attente de concepts nouveaux

    Les Etats Généraux de l’Europe, 23 juin 2008, sur le site internet lemonde.fr
    A Lyon, les europhiles listent des pistes pour « sauver l’Europe » … suite

    EuroNews, Spleen irlandais aux Etats Généraux d’Europe, Dépêche d’Euronews parue le 23 juin 2008 sur Yahoo Actualités, publié le mardi 24 juin 2008
    Et depuis le 12 juin dernier, la revendication des tenants du non reste la même : le respect du vote irlandais au référendum sur le Traité de Lisbonne !

    21 juin 2008 à 9h00 sur France Inter
    « La Rue des Entrepreneurs » – l’émission économique hebdomadaire
    Sylvie Goulard a été invitée de Didier Adès et Dominique Dambert pour parler de la France vue par ses voisins européens

    20 juin 2008 de 18h10 à 18h30 sur RFI
    « Carrefour de l’Europe » sur la Présidence française de l’Union européenne vue par les Européens animée par Daniel Desesquelle

    20 juin 2007, Le Monde, Sortir l’Union de l’engourdissement,
    Il est heureux que les gouvernements prennent leurs responsabilités pour sortir l’Union européenne de l’impasse créée par le rejet du traité constitutionnel. L’engourdissement n’a que trop duré.  … suite

    19 juin 2008 sur ARD
    Sylvie Goulard a répondu aux questions d’Angela Urlich de la Télévision allemande ARD

    16 juin 2008, Sylvie Goulard a discuté sur les questions européennes avec la journaliste du « Phosphore », mensuel adressé aux jeunes.
    La présidente du ME-F a été interviewée par Juliette Hariga de la radio belge BFM

    Sylvie Goulard citée dans « Libération », Article paru dans l’édition du 16 juin 2008
    Sept idées pour sauver l’Europe

    Après le non irlandais au traité de Lisbonne, les pistes pour une Union plus démocratique

    14 juin 2008 à 19h00
    Sylvie Goulard a été invitée de l’émission « Face à Alain Minc »sur Direct 8

    13 juin 2008 sur Dailymotion
    Sylvie Goulard a été filmée par les jeunes journalistes de la blogosphère pendant la manifestation “Paroles d’Européens” organisée à Marseille.

    L’Europe au coeur du “non”

    https://www.dailymotion.com/embed/video/x5syni

    envoyé par iPolTV

    12 juin 2008 entre 6h00 et 7h00 sur RTL
    Sylvie Goulard a participé à l’émission « RTL Actu »

    12 juin 2008 « 20 minutes »
    Sylvie Goulard a répondu aux questions de Camille Raynaud de Lage

    12 juin 2008, Itélé
    Sylvie Goulard a été invitée de l’émission de Jean-Jerôme Bertolus

    12 juin 2008, Europe : carpettes s’abstenir !, par Sylvie Goulard, LE MONDE
    Dans leurs discours, les dirigeants européens appellent toujours à une Union européenne plus démocratique, plus transparente, plus efficace.

    Interview de Sylvie Goulard dans le quotidien « 20 minutes », Paris, 12 juin 2008
    « Obliger chaque pays à clarifier son rapport à l’Europe »
    Le « non » peut-il passer ?

    L’Europe de demain, c’est toi !, 12 juin 2008
    édito de Sylvie Goulard pour la revue Imagine >ton futur #16

    10 juin 2008 « La Croix »
    Sylvie Goulard a répondu aux questions de Jean-Christophe Ploquin

    10 juin 2008 à 16h30 (enregistrement) sur la radio belge RTBF
    Sylvie Goulard a été invitée de l’émisison « Face à l’info » d’Eddy Caekelberghs

    Sylvie Goulard citée dans « Le Monde », 8 juin 2008, Sarkozy-Merkel, la danse des crocodiles
    Derrière les sourires, la méfiance et surtout une sourde rivalité pour prendre le leadership en Europe.

    5 juin 2008 à 16h30 (enregistrement) pour « Le Taurillon »,
    Le Taurillon est le magazine eurocitoyen on line édité par les Jeunes Européens-France. Pour visionner la vidéo.

    31 mai à 8h00 et 1 juin 2008 à 9h00 sur BFM Radio
    « Good Morning Week-end » de BFM Radio animée par Fabrice Lundy
    Sylvie Goulard a discuté avec Louis Caprioli, conseiller spécial de GEOS, groupe international de prévention et de gestion des risques et Ruben Amon, journaliste à «El Mundo»

    Sylvie Goulard, Le Figaro 20/05/2008 , L’Europe, la France, le référendum et la Turquie
    Sylvie Goulard, la présidente du Mouvement européen France, auteur de «Le Grand Turc et la République de Venise» (Fayard), explique pourquoi il serait peu judicieux de mettre le peuple français dans la situation d’opposer, seul, un refus au peuple turc après que celui-ci aura fait des années d’efforts pour répondre aux exigences des Européens.

    Le malaise au sein du couple franco-allemand éclate au grand jour ; Sylvie Goulard citée par l’AFP
    Dépêche AFP du 26 février 2008

    Paris et Berlin viennent d’annuler deux réunions à haut niveau, mettant en lumière un malaise persistant au sein du couple franco-allemand, déstabilisé par les désaccords sur le projet d’Union pour la Méditerranée du président Sarkozy et des dossiers économiques européens.

  • Comité des sages européens ou sommités en cage

    Comité des sages européens ou sommités en cage

    Libération, rubrique Rebonds

    Le traité de Lisbonne laisse entier un problème essentiel : le sens de l’intégration européenne échappe aux jeunes générations. C’est dans ce contexte que Nicolas Sarkozy a proposé la création d’un « comité de dix à douze sages » pour réfléchir à « l’avenir du projet européen ».

    L’intuition est bonne mais le succès de l’entreprise n’est pas acquis : pour déterminer leur avenir, les Européens attendent plus qu’un groupe restreint siégeant à huis clos.

    Au cours des dernières décennies, nos sociétés ont profondément changé. Mieux formées, les populations sont aussi mieux informées. Quand la Communauté européenne du charbon et de l’acier a été créée, 4 % des Français avaient le baccalauréat, contre plus de 60 % aujourd’hui, les filles ayant devancé les garçons. Là où l’ORTF était en position de monopole, sites Internet et blogs foisonnent. Le temps lointain (1986…) où les autorités nationales pouvaient faire croire que les frontières arrêtaient les nuages de Tchernobyl est heureusement révolu.

    Depuis les comités Davignon, Westendorp ou Delors, que le président Sarkozy a cités comme modèles, l’Union européenne a inventé une nouvelle méthode de travail : ce sont des conventions, majoritairement composées d’élus nationaux et européens, qui ont rédigé la charte des droits fondamentaux puis le projet de traité constitutionnel. Elles ont travaillé en public, en toute transparence. Un groupe de sages enfermé dans sa tour d’ivoire constituerait une régression. Aussi le Parlement européen a-t-il proposé qu’il se limite à préparer les travaux d’une nouvelle convention. C’est une piste qui mérite d’être creusée. Il serait impensable qu’élus européens, nationaux et locaux, qui sont les seuls « relais de proximité » de l’UE, soient tenus à l’écart de l’exercice. Tout devrait être entrepris au contraire pour impliquer le grand public, celui qui, dans les zones rurales, les petits bourgs, les banlieues, se sent aujourd’hui exclu du « projet » européen. C’est pourquoi les télévisions, trop souvent en retrait sur les questions européennes, ont aussi un rôle primordial à jouer. Ce comité devrait être européen dans sa composition, son approche, son ambition. Il devrait renouer avec cette conception élevée de l’intérêt général qui était celle des pères fondateurs. Depuis des années, une majorité de nos gouvernants et des responsables européens, prisonniers de leur petite boîte nationale, de leurs petits problèmes de court terme, de leurs visions étriquées, pensent – comme diraient les anglophones – in the box. Alors si comité des sages il y a, que ce ne soit pas un groupe de sommités en cage ! Ce groupe devrait au contraire réunir des personnalités à l’engagement européen incontestable, des hommes et des femmes à l’aise dans plusieurs cultures, capables de s’élever au-dessus des contingences nationales.

    Des Européens libres, capables de dénoncer les abus et faux-semblants, pour rendre enfin au projet européen sa grandeur, sa magnifique part d’humanité. Nicolas Sarkozy ayant suggéré un nombre inférieur à 27, suggérons que chaque gouvernement ne puisse désigner qu’un ressortissant d’un autre Etat membre. Il appartiendrait ensuite au Conseil européen de retenir les douze meilleurs, en privilégiant les compétences et l’attachement à l’Europe. Pour refléter la réalité pluriculturelle de l’Europe, le comité devrait aussi faire place à de nouveaux visages. La richesse de l’UE, c’est sa diversité, c’est la présence, parmi nous, de nombreux peuples longtemps privés de liberté, tenus à l’écart de l’intégration européenne ; c’est aussi l’existence, au coeur même de nos sociétés, de métissages que les dirigeants et les classes favorisées continuent trop souvent d’ignorer. Les jeunes issus de l’immigration sont cantonnés à des problématiques de quartiers, d’islam et de banlieues ; leur capacité à « passer les frontières » n’a jamais été mise au service de l’Europe unie. C’est un gaspillage de talents consternant.

    Plusieurs responsables européens, qui ont accueilli favorablement l’idée de Nicolas Sarkozy, ont aussitôt écarté certains sujets : que le comité ne parle pas des frontières, c’est tabou ! Ni des institutions, on en a déjà trop parlé ! D’autres voudront exclure le social ou tout débat sur les valeurs de l’UE, pour ne pas peiner les Britanniques, l’éducation, pour ne pas fâcher les Länder allemands, l’énergie, car Poutine en serait marri, ou la politique étrangère, si George Bush fronce les sourcils. Et il y a fort à parier que tous les gouvernements, sans exception, écarteront les questions budgétaires : 1 % du PIB pour financer la paix, la solidarité, la prospérité, le marché, la concurrence, l’euro, la PAC, Erasmus, la défense, la Pesc, la politique de voisinage, la culture et même le rêve européen, voilà qui est bien assez, n’est-ce pas ?

    Nous pensons au contraire que le comité des sages devrait parler de tout, et en priorité d’argent et de frontières. L’Europe a besoin d’oxygène ! Dans Sainte Jeanne, l’écrivain irlandais Bernard Shaw suggère : « Laissons faire les fous, voyez où les sages nous ont conduits. » Le conseil est avisé.

    Sylvie Goulard

  • Portraits & témoignages de Sylvie Goulard

    HISTOIRE@POLITIQUE

    Revue électronique du Centre d’Histoire de Sciences Po

    novembre/décembre 2007

    n°3

    La rubrique d’HISTOIRE@POLITIQUE, « Portraits et témoignages », est destinée à mettre en lumière des personnalités politiques ou universitaires, aucun cadre formel strict n’a été fixé pour rendre compte des trajectoires individuelles proposées à chaque numéro. Le ou les entretiens pourront être restitués en tant que tels, comme un témoignage brut ayant valeur de source ; ils pourront aussi être croisés avec des publications ou d’autres interventions pour fournir la matière d’un portrait. En revanche, un fil rouge européen donnera sa cohérence aux premières livraisons, rassemblant spécialistes, techniciens, élus et militants de l’Europe.

    Entretien avec Sylvie Goulard

    Anne Dulphy, Christine Manigand

    – Surtout connue à l’heure actuelle comme militante de l’Europe, puisque vous avez été élue en décembre 2006 à la présidence du Mouvement européen France, vous êtes également enseignante au Collège de Bruges, chercheur associé au CERI (Centre d’études et de recherches internationales), enfin actrice du processus communautaire puisque, de mai 2001 à l’été 2004, vous avez été membre du Groupe des conseillers politiques à la Commission européenne sous la présidence de Romano Prodi. Toutes ces expériences sont-elles compatibles, dans leur diversité, et laquelle vous a le plus apporté ?

    Sylvie Goulard : Il y a un fil rouge, peut-être une monomanie diraient certains, qui est l’intérêt pour l’Europe et l’ouverture internationale qui m’a amenée à choisir le Quai d’Orsay à la sortie de l’ENA. J’y ai connu un premier temps fort extraordinaire, avoir la chance de participer – comme petite main ! – aux négociations sur la réunification de l’Allemagne. L’autre expérience vraiment très marquante correspond à mon passage à la Commission ; c’est une institution extraordinaire par sa diversité culturelle et humaine, et travailler auprès du Président et de plusieurs Commissaires m’a offert un poste d’observation particulièrement enrichissant sur l’appareil communautaire, d’autant que c’était l’époque de la Convention. Mais j’ai toujours cherché à mêler l’action et la réflexion : dans l’action seule, on risque de perdre de vue les objectifs ; dans la réflexion seule, on néglige parfois la dimension irrationnelle de la réalité. J’ai donc essayé de panacher les expériences autour du fil rouge de l’Europe, en conjuguant visions nationale et européenne, perspectives de recherche et d’action. Aujourd’hui, j’ai la conviction très profonde que l’avenir de l’Europe se joue sur le terrain des opinions publiques, de la capacité à associer les Européens à ce projet : la vraie bataille de l’Europe est sur ce front, négligé par ceux qui nous gouvernaient ces dernières années, quelle qu’ait été leur appartenance partisane.

    – Avez-vous encore le temps d’écrire ? Manifestement oui, à en juger par votre production tout à fait importante…

    Sylvie Goulard : Il est vrai que c’est toujours difficile, d’autant que j’ai une famille. Mais, après le référendum de mai 2005, j’ai éprouvé le besoin de réagir parce que j’étais triste. Le « non » français était un contresens ; il a abouti à ralentir la démocratisation de l’Union ; il n’a rien construit, rien amélioré. La Convention qui avait rédigé le traité constitutionnel représentait une étape certes insuffisante, mais très positive, vers plus de démocratie dans l’élaboration des traités. La régression de 2005 m’a donné envie de parler d’Europe, et d’en parler autrement : c’est pourquoi je me suis lancée dans l’aventure de L’Europe pour les nuls . J’ai aussi voulu faire un point historique en redonnant la parole aux pères fondateurs dans Le coq et la perle , parce qu’on entend aujourd’hui beaucoup de choses sur l’Europe qui sont historiquement infondées et qui imposent de retourner aux textes…

    – Un exemple de ces idées reçues ?

    Sylvie Goulard : Une illustration toute simple : on entend dire que l’Europe a été faite pour la paix qui est réalisée et que, maintenant, nous sommes dans l’ère de la globalisation, donc l’Europe telle qu’elle a été conçue après la Seconde guerre mondiale n’est plus adaptée. Or, quand on se reporte aux réflexions des années 1950, on constate que les hommes politiques qui ont porté le projet européen avaient une ouverture internationale infiniment supérieure à la plupart des dirigeants actuels, qu’ils avaient une vision globale, évidemment marquée par les conditions de leur époque, c’est-à-dire la domination économique et morale des Etats-Unis et le contre-modèle de l’URSS. Le projet européen a vraiment été lancé comme un projet de civilisation dans un monde envisagé dans sa globalité : il n’était pas inward looking comme diraient les Anglo-saxons ! Evidemment, la condition préalable pour que l’Europe joue un rôle dans le monde était bien qu’il y ait la paix entre les Européens ; on ne pouvait pas peser dans les affaires internationales en continuant à s’entre-tuer ! Mais l’objectif allait bien au-delà. Voilà un exemple très frappant de contresens. Prenez le rapport Spaak qui a pavé la voie au traité de Rome. Ce texte est une analyse des enjeux globaux, si le mot globalisation n’est bien sûr pas employé : le besoin d’industrie aéronautique, la nécessité de défendre le secteur automobile, l’importance de l’agriculture comme outil d’indépendance en période de pénurie alimentaire… Je trouve très regrettable de passer sous silence ces éléments et de ramener le projet européen à une dimension fondamentale mais un peu réductrice, la paix entre Européens.

    Nous avons été frappées en vous lisant de la fréquence des citations que vous faites de Paul- Henri Spaak ; s’il figure certes parmi les pères fondateurs, son rôle est souvent ignoré du grand public.

    Sylvie Goulard : Je l’ai fait exprès. Ce livre est construit sur des coups de coeur et non point sur des critères académiques. Comment ne pas donner la parole à Spaak qui a dit : « En Europe il n’y a que des petits pays, certains ne s’en sont pas encore aperçu » ? J’adore cette forme d’humour, j’aime énormément la Belgique, l’un de ces soi-disant « petits » dont nous avons beaucoup à apprendre. J’ai trouvé stimulant de me référer à Spaak qui a eu, à certains moments de sa carrière politique, une attitude extrêmement courageuse en faveur de la France, je pense notamment à ses prises de position aux Nations unies pendant les périodes de décolonisation, qui a toujours marqué un respect très profond pour nos traditions, qui n’était donc pas un anti-français primaire, mais qui fut ulcéré par un certain nombre de comportements français, notamment à l’époque du général de Gaulle, qui me paraissent caricaturaux de nos pires défauts : l’incapacité à respecter des partenaires, à informer en temps voulu, le fait de se servir de l’Europe comme d’un escabeau au profit de la grandeur de la France qui ne peut plus l’être toute seule… Spaak nous livre un vrai message de fond sans jamais être ennuyeux.

    – Le portrait qu’il brosse du général de Gaulle dans ses mémoires est au vitriol…

    Sylvie Goulard : Oui, mais relisez les Mémoires d’espoir dans un contexte européen, cette sacralisation de la nation française mérite tout de même réflexion : les Français doivent réaliser que le monde ne tourne pas autour d’eux, que la Gaule n’était pas grand-chose au temps de la gloire de l’Empire romain. C’est cela que j’apprécie chez Paul-Henri Spaak, son regard empli d’humour sur
    notre passé. Mais il y a d’autres figures citées, notamment Alcide de Gasperi, Altiero Spinelli… Dans votre panthéon des pères de l’Europe, vous placez Robert Marjolin alors que ce dernier est souvent relégué dans le second cercle par les historiens. Pourquoi lui donner une place aussi importante ?

    Sylvie Goulard : Sa réflexion est d’une immense profondeur, ses mémoires échappent par leur lucidité à l’enjolivement naturel des souvenirs personnels ; son parcours humain est émouvant et
    édifiant pour les plus jeunes : il était issu d’un milieu très modeste, a fait sur le tard des études brillantissimes qui lui ont donné sa place parmi les plus éminents économistes de son temps. Sa vision est très équilibrée et il contrebalance les plus fédéralistes des fondateurs. J’ai voulu répondre à une caricature fréquente des pro-européens, présentés comme des ingénus, des idéalistes, des « boys scouts ». Je crois que c’est inexact. D’abord, ces idéalistes-là nous ont apporté ce que la realpolitik n’a jamais obtenu : la paix. Et puis, il y a eu parmi les premiers acteurs de la construction
    communautaire des gens comme Robert Marjolin – commissaire européen de 1958 à 1967 – qui avaient vraiment le souci de combiner les intérêts nationaux et les intérêts européens mais qui le
    faisaient dans un esprit d’ouverture, de respect des partenaires. Il y a plusieurs manières de défendre ses intérêts et je ne pense pas que la brutalité dont certains font aujourd’hui une vertu fasse vraiment avancer les choses.

    – Vous préconisez dans Le coq et la perle un retour à la méthode communautaire, celle de Jean Monnet. Pouvez-vous nous la définir précisément ? C’est la recherche de l’intérêt général, du consensus, de l’équilibre ?

    Sylvie Goulard : C’est vraiment le fait d’essayer d’envisager tous les problèmes sous l’angle de l’intérêt commun : tel est le coeur de la méthode communautaire. Si vous prenez par exemple l’énergie, vous pouvez considérer que l’approvisionnement européen est une question d’intérêt commun et que le fait d’aborder ensemble les fournisseurs russes ou moyen-orientaux, d’avoir des
    moyens conjoints de faire de la recherche sur les énergies renouvelables, vaut mieux que la mise en concurrence des clients européens vis-à-vis de leurs fournisseurs ou celle d’équipes de recherche qui n’atteignent pas seules la taille critique. Donc, la méthode communautaire, c’est de réfléchir à ce que nous avons en commun et de rechercher des solutions communes qui répondent bien entendu aux préoccupations des uns et des autres mais qui placent vraiment ce qui est commun au premier plan, en renvoyant la juxtaposition des approches nationales au second. C’est une question vraiment essentielle ; c’est pourquoi je suis en désaccord avec ceux qui disent que l’on peut faire « une autre Europe », une Europe des Nations juxtaposées. Ils ont peut-être un louable objectif mais, comme ils ne se donnent pas des méthodes, des procédures collectives pour surmonter les divergences ; le choc des intérêts nationaux exacerbés aboutit en général à l’inefficacité. Enormément d’exemples concrets démontrent la vanité des coopérations non organisées. Il est intéressant de rappeler aux jeunes générations que Jean Monnet a justement réfléchi à un moyen de surmonter les défauts de la coopération. Hubert Védrine vient de rendre au président de la République un rapport sur la France et la mondialisation , très éclairant de ce point de vue car il y manque tout simplement l’essentiel : il ne dit pas un mot de la manière d’atteindre les objectifs affichés. Il prône des Etats forts qui, par leur coopération, sans mécanisme de décision, devraient arriver à des positions communes : c’est un conte de fées ! Les premiers européens ne furent pas des ingénus parce que justement ils ont cherché à régler ce problème de méthode qui avait paralysé la SDN (Société des Nations), qui entrave l’action de l’ONU. Quand on regarde ce qui a permis à l’Europe d’apparaître aux yeux du monde comme une entité, c’est la politique de concurrence (intégrée), c’est la politique commerciale avec un seul négociateur qui travaille sur mandat des Etats. Demandez aux Chinois si l’Europe commerciale existe, ils vous diront oui ; demandez-leur si elle existe en matière de politique étrangère, ils vous répondront non.

    – Comment un chercheur peut-il à la fois publier Le coq et le perle et L’Europe pour les nuls ? Vous a-t-on sollicitée, vous avez accepté en fonction de vos préoccupations vis-à-vis de l’opinion ?

    Sylvie Goulard : Face au référendum, et même avant, j’ai toujours regretté que l’on parle mal de l’Europe, qu’on en fasse un sujet assommant alors qu’elle est si vivante. La collection « Pour les
    nuls » a un ton qui ne se veut pas sérieux mais le fond l’est, il y a une matière considérable. Je crois qu’il faut faire cette pédagogie de la complexité européenne, je le dis dans l’introduction. Il n’est pas possible d’aborder les questions européennes sans faire l’effort d’avoir un minimum de connaissances mais, parce que c’est ardu, le ton ne doit pas l’être. Mon ambition était de mettre des informations de qualité à la portée du grand public, des jeunes, des étudiants… J’avais envie d’écrire un ouvrage vivant sur l’Europe, via des anecdotes, grâce au jeu des citations : donner la parole aux acteurs d’une époque est plus intéressant, plus parlant que de faire un commentaire. J’ai sauté sur l’occasion quand les éditeurs me l’ont proposé ; cela dit, je ne recommande pas d’écrire deux livres en même temps, c’est un peu compliqué à gérer !

    – Surtout avec des tonalités si différentes ! Cela s’inscrit dans ce souci d’opinion…

    Sylvie Goulard : …qui demeure primordial pour moi. J’estime que le projet européen est un beau projet ; il est donc très triste que beaucoup de gens n’en entendent pas parler, ne se rendent pas compte de tout le potentiel de contacts, de richesse humaine qu’il recèle. Travailler à la Commission, c’est une expérience fabuleuse : c’est une administration faite d’êtres humains qui travaillent
    ensemble, qui produisent des textes, qui prennent des décisions. J’avais la chance d’être dans une équipe dont le président était italien, ma secrétaire était autrichienne, mes collègues étaient finlandais, grecs, anglais… Vous vous rendez compte dans ces milieux pluriculturels que, malheureusement, le grand public ignore le meilleur aspect de l’Europe qui est la rencontre des autres. Auprès des jeunes, je ne défends pas l’Europe « huile de foie de morue », dégoûtante mais nécessaire ; je ne leur dis pas qu’on ne peut pas faire autrement parce qu’on n’est plus assez puissant ; je cherche au contraire à les convaincre que c’est beaucoup plus amusant que l’action dans le cadre national ! Parmi ceux qui font des études de politique étrangère, beaucoup auraient envie d’entrer dans un service diplomatique européen plutôt que national : la manière de régler les problèmes passera en effet par des discussions vives, des différences d’approches, beaucoup plus passionnantes que la reproduction de schémas nationaux.

    – Pourtant la légende noire de la commission de Bruxelles existe en France, il faut lui tordre le cou !

    Sylvie Goulard : Comme toute institution humaine, elle peut se tromper. Mais il ne faut pas la juger sur des critères qui ne sont pas appropriés. Ce n’est pas un gouvernement, c’est un prototype, c’est quelque chose de totalement inédit, délicat à juger de manière juste.

    – Dans la défense de cette Europe, quel type d’actions mène le Mouvement européen ?

    Sylvie Goulard : Nous essayons d’occuper un créneau – très difficile ! – entre les cercles d’experts et le « café du commerce ». Si vous regardez le débat européen, il est essentiellement le fait d’experts, très bien informés, mais qui restent entre eux, ou celui de personnes qui affirment avoir des opinions mais n’ont souvent pas les éléments de base. Nous voulons créer un lieu de débat. Nous ne sommes pas là pour faire de la propagande mais pour permettre un échange, une interrogation voire une critique mais argumentée : j’ai tout à fait confiance dans le projet européen ; quand on en parle de manière vivante, on peut convaincre de son bien-fondé, de ses charmes ! Il ne s’agit pas de le vendre de force, mais de créer un lieu de débat pluraliste, convivial et exigeant. Pluraliste car le Mouvement européen n’est pas un parti politique, il a des membres de toutes tendances, engagés ou non ; exigeant car se mobiliser pour l’Europe implique d’aborder certains concepts, à la portée de beaucoup à condition d’éviter les slogans. Nous essayons d’être présent dans toute la France, contrairement à d’autres organisations.

    – Vous êtes structuré en régions ?

    Sylvie Goulard : Nous comptons quarante-trois sections locales, plus ou moins dynamiques, réactives, branchées sur la jeunesse… J’ai essayé d’entreprendre une tournée dans toute la France, alors que les présidents précédents voyageaient assez peu ; je suis donc deux à trois fois par mois dans nos régions pour les rencontrer, pour les motiver. Etre sur le terrain change le point de vue et
    permet de renouveler l’action.

    – En pratique, cette action utilise quels registres ?

    Sylvie Goulard : C’est très varié. Pour donner des exemples concrets : l’ancien président allemand Richard von Weisäcker vient discuter avec les élèves d’Henri IV, en allemand, sur les valeurs de l’Europe. Dans une série de petits-déjeuners, les ambassadeurs des nouveaux Etats membres de l’UE, qui n’ont pas signé le traité de Rome, viennent expliquer à ceux qui critiquent la rapidité de
    l’élargissement d’où viennent ces Etats – l’intervention des chars soviétiques en 1956, en 1968 ! En novembre, une grande journée sur la concurrence est organisée autour de Mario Monti, ancien
    commissaire à la Concurrence, membre de la commission Attali, pour revenir sur le débat peu rigoureux de 2005 contre la concurrence libre et non faussée : je la préfère personnellement à la concurrence pas libre et faussée, et il faut montrer que les consommateurs y ont intérêt, tout comme les PME vivent mieux quand les cartels sont interdits. Il y a un aspect social dans la politique de la concurrence : des élus de gauche doivent en débattre avec des économistes. Notre rencontre nationale annuelle aura lieu fin novembre à Rennes, en partenariat avec Ouest France, sur la globalisation : les groupes de travail « Europe et mondialisation » qui ont fait un blog participatif et qui produisent des papiers de réflexion vont en discuter avec Jean-Pierre Jouyet, l’ancien chef de cabinet de Pascal Lamy, Pierre Defraigne et bien d’autres ; il va y avoir une table ronde sur l’euro, une autre avec Robert Badinter sur l’abolition de la peine de mort comme valeur européenne. J’ai remarqué que, si l’on parle de valeur in abstracto, les gens « n’accrochent » pas ; il faut passer par une illustration concrète. Aussi bien sur l’euro que sur l’abolition de la peine de mort, une série de panneaux a été conçue pour circuler dans les écoles et être présentée par nos sections.

    Notre grand projet pour 2008 est de marquer les débuts de la présidence française, avec deux autres associations, celle de Jacques Delors Notre Europe et une petite ONG appelée Europa Nova, par les deuxièmes Etats généraux de l’Europe ; une multitude d’ateliers rassemblera des participants n’étant pas spécialement engagés dans la construction européenne : des associations de lutte contre l’exclusion, travaillant sur l’environnement, sur l’énergie ; des enseignants ; des entreprises… Nous essayons de monter une très grosse opération pour démontrer que la présidence française ne concerne pas que quelques bureaux entre Matignon et le Quai d’Orsay !

    – Dans vos propos, vous avez mentionné à plusieurs reprises les écoles, les jeunes : s’agit-il d’une cible particulière ?

    Sylvie Goulard : C’est plus que cela ! Ce mouvement a besoin d’un rajeunissement. Beaucoup de seniors s’engagent dans la vie associative, et c’est très bien ; mais il ne faudrait pas que l’Europe
    reste associée à des personnes âgées qui privilégient une vision un peu décalée avec l’UE à 27. Nous avons une section de jeunes très dynamique, Jeunes européens – France , qui diffuse une newsletter très impertinente appelée Le taurillon . Pour moi, ils sont très importants. Ils ont leur propre programme dans les établissements scolaires, « l’Europe à l’école », avec l’agrément du ministère. Grâce à la différence d’âge réduite entre l’intervenant et l’auditoire, dix ans, ce ne sont pas des adultes qui viennent faire une « homélie » européenne mais un échange d’expériences entre jeunes et plus jeunes. Ils font souvent venir des étudiants Erasmus d’autres pays, ce qui permet de montrer aux élèves que l’Europe est porteuse d’ouvertures personnelles ; quand on est en Troisième, on n’a pas forcément l’occasion de rencontrer fréquemment un Slovène ou un Balte ! Il y a aussi des associations qui sont membres du Mouvement européen, parmi lesquelles l’AEDE, Association européenne des enseignants , qui a organisé des concours. Je rends vraiment hommage à toutes ces actions, mais l’enjeu est énorme et de nouvelles pistes doivent être explorées. Par exemple, il y a un petit magazine distribué dans les CDI, Imagine ton futur, sur les carrières potentielles : en concertation avec cette équipe, des informations sur tout ce que peut apporter l’Europe vont être incluses, des témoignages de jeunes Erasmus insérés….

    – Il semble en vous lisant que l’on puisse parler à votre sujet de tropisme franco-allemand.

    Sylvie Goulard : Tout à fait !

    – D’où vient-il ? Est-ce un héritage, le fruit d’un parcours personnel ?

    Sylvie Goulard : Je suis un enfant du traité de l’Elysée. A Marseille, dans les années 1970, l’approche stratégique de Charles de Gaulle et Konrad Adenauer produisait ses fruits : les bons élèves apprenaient l’allemand. Tout a commencé ainsi pour moi, et la culture allemande ainsi rencontrée m’a beaucoup marquée et enrichie. Même si l’Europe a changé, même si elle s’est agrandie, même si elle n’est pas la propriété privée des Français et les Allemands, le poids de nos deux pays, leur rôle historique et leur capacité à prendre leurs responsabilités font que la France et
    l’Allemagne sont incontournables. Les difficultés de la construction européenne depuis les années 1990 viennent très largement d’une dégradation des relations franco-allemandes en profondeur : il n’y a pas eu de vraie réflexion commune sur les conséquences de la chute du mur de Berlin ; à l’inverse, la fin du mandat de Jacques Chirac et de Gerhard Schröder a été une époque fusionnelle, allant trop loin, par exemple dans l’appui apporté à la Russie contre des pays nouvellement membres.

    Je reste profondément persuadée que l’Allemagne est un pays clé. Et, comme j’aime présenter les choses de manière positive, je trouve que la culture allemande et ce que représente l’Allemagne sont d’un intérêt majeur pour les jeunes Français. Tout apprentissage d’une langue étrangère est un enrichissement, mais c’est tout particulièrement valable pour l’Allemagne : la pensée allemande est d’une richesse infinie ; on ne lit bien un auteur allemand qu’en langue originale ; derrière le système politique fédéral, il y a un modèle politique tellement différent du nôtre que c’est bien la synthèse des deux qui doit être recherchée au niveau européen, en y associant bien sûr les autres, sans exclusive.

    Je suis pour ma part extrêmement préoccupée par les déclarations récentes qui veulent faire de la France un pays bilingue, ce qui veut sans doute dire qu’on va tous parler uniquement anglais : c’est la mort de la francophonie ! Si nous encourageons, nous Français, uniquement le bilinguisme anglais, c’est la fin de la langue française. Il faut que ceux qui le disent prennent leurs responsabilités. En revanche, je pense que la France a un rôle à jouer en faveur de la diversité culturelle, ce qui veut dire qu’il faut encourager les germanistes, les italianisants, les russophones, etc. C’est pour cela que j’ai beaucoup tenu à ce que cette opération avec l’ancien président fédéral Richard von Weisäcker ait lieu en allemand, et en allemand exclusivement. Ne sont venus que les élèves qui ont fait l’effort de parler allemand. L’échange fut émouvant et de grande qualité.

    – Et vous savez qu’ils ne sont plus très nombreux, ceux qui choisissent l’allemand au collège !

    Sylvie Goulard : Il n’y en a plus beaucoup, mais il faut leur montrer qu’ils ont un atout considérable. Et je crois honnêtement que la décision de consacrer autant d’argent public pour former des
    hispanisants est disproportionnée par rapport aux enjeux du monde de demain. Nous aurions besoin de sinisants, de gens parlant les langues de l’Europe centrale et orientale, de germanistes, et bien sûr d’hispanisants mais pas dans les proportions qui sont celles de l’Education nationale. Il y a, sur ce sujet, un tabou que certains ne veulent pas briser. Ou le choix de la facilité. Je prône une chose toute simple, que ceux qui font de l’allemand en Sixième apprennent aussi l’anglais ; qu’il y ait une petite prime pour l’effort que représente l’apprentissage de la langue allemande. Il faut maintenir un courant de germanistes en France. En Allemagne, le problème est identique ; le nombre de personnes qui apprennent le français décroît, ce qui est très grave.

    – À ce propos, la défense de la langue française au sein des instances européennes a été l’objet de débats. Qu’en pensez-vous ? Existe-t-il réellement un reflux du français ?

    Sylvie Goulard : Sur ce sujet, je vais être très brutale : que tous ceux qui ne parlent pas deux ou trois langues étrangères ne jettent pas la pierre ! La défense de la langue française à Bruxelles, ou ailleurs, passe par une vraie politique résolue et coûteuse de l’apprentissage des langues étrangères en France. Lorsque vous vous exprimez dans des langues étrangères, les autres ont plaisir ensuite à parler français avec vous ; mais si vous parlez uniquement anglais en Allemagne ou en Italie, vous n’êtes pas apprécié de la même façon. La défense de la langue française, qui dépasse cette dernière, est donc un enjeu de pluri-culturalité. Nous acceptons trop que les sites web de la Commission européenne soient beaucoup moins plurilingues qu’il y a quelques années ; la différence avec la commission Prodi est énorme. J’en ai fait la remarque à Benita Ferrero-Waldner, commissaire autrichienne ; certes, l’anglais est véhiculaire, mais on pourrait envisager qu’après l’adoption d’un papier, il puisse être au moins traduit en cinq ou six langues, et pas forcément dans une vingtaine. Mais il y a toujours des ayatollahs pour expliquer que, s’il n’y en a pas vingt, il n’en faut qu’une ! Selon les sujets, on pourrait panacher : pourquoi ne pas recourir sur les sites à l’anglais, au français, à l’allemand et à l’espagnol par exemple ? La Banque centrale européenne (BCE) gagnerait également à communiquer dans d’autres langues que l’anglais. Les autorités françaises, ces dernières années, ont beaucoup récriminé et ont très peu fait. Jusqu’en 2004, les réunions des chefs de cabinet des commissaires européens se tenaient en anglais et en français, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui. La France a fait quelques efforts : proposer aux nouveaux fonctionnaires européens d’apprendre le français. Mais encore faut-il tenir bon sur les discussions en français ! En réalité, l’influence existe lorsque vous avez des idées : au XVIIIe siècle, tout le monde parlait français car émanait de la France un foisonnement d’idées ; dans le monde de la musique, la plupart des partitions sont produites en allemand… Lorsque vous êtes bon dans un secteur, vous êtes dominant ; la France a un peu perdu sa capacité de produire des idées, et de ce fait aussi, la langue française recule.

    Au Mouvement européen, nous menons des opérations en allemand et en anglais, mais pas tout en anglais. J’écris des articles dans le Financial Times qui figurent sur notre site. Au total, il faut avant tout que les Français travaillent dans le domaine des langues étrangères…

    – Vous évoquez dans Le coq et la perle les relations tumultueuses entre la France et l’Europe en insistant sur le rôle de « nation frein » joué par la première. A propos de l’échec de la Communauté européenne de défense (CED), vous portez un jugement très sévère sur Pierre Mendès France.

    Sylvie Goulard : Oui, je suis très sévère à son égard, mais mon propos était surtout d’attirer l’attention des Français qui pensent, pour beaucoup, que la France est le moteur de l’Europe avec l’Allemagne. Or, cette affirmation provoque des éclats de rire colossaux à Bruxelles, à Rome ou à Berlin…

    – La France est trop arrogante ?

    Sylvie Goulard : Un peu. Je suis plus sévère pour la France, alors que d’autres pays ont aussi été des empêcheurs de tourner en rond, car elle a une prédilection pour des actions d’éclat, elle ne traîne pas discrètement des pieds, elle se pulvérise sur le mur européen : évoquons la crise de la CED, la conférence de presse du général de Gaulle de janvier 1963, la politique de la chaise vide, le rejet du traité constitutionnel en 2005. Ce comportement est d’autant plus choquant que la France est le pays qui affiche les objectifs les plus élevés. D’autres pays ne font pas grand-chose, mais ils sont entrés dans l’Europe avec peu d’ambition ; ce comportement n’est pas glorieux, mais il a le mérite d’être cohérent. Il suffit de regarder les discours, les mots qui reviennent avec continuité dans les discours français – ce que j’ai fait lorsque j’étais au Centre d’analyses et de prévision –, il s’agit de grandeur et de puissance… Je crois que les Français ont vécu sur une illusion, celle que l’Europe était une substitution à la grandeur perdue. Quel dommage d’avoir gaspillé notre capacité d’influence alors que nous avons toujours des choses à dire ! Le Belge Pierre Defraigne, qui fut le principal collaborateur de Pascal Lamy et est maintenant à la tête du think tank Eur-Ifri , partage cet avis : il dit que l’Europe a toujours besoin de la France, d’un contrepoint à d’autres approches. Mais encore faut-il qu’elle joue un jeu collectif ! Ce que j’ai essayé de montrer, c’est que le mode de fonctionnement personnalisé et hiérarchisé du pouvoir en France se révèle un handicap à Bruxelles. La stratégie des Britanniques repose en grande partie sur leur formidable aptitude à jouer en collectif ; ceci vient, peut-être, de leur système éducatif qui encourage à participer à des équipes, dans lequel il est plus important d’être bon au cricket qu’en mathématiques ! Même si vous avez raison, à Bruxelles, il ne suffit pas d’affirmer, il faut convaincre…

    – Que pensez-vous du volontarisme actuel de la France pour sortir l’Europe de l’impasse ?

    Sylvie Goulard : Il a des aspects positifs. La France a été trop absente. Il faut rendre hommage à Nicolas Sarkozy de revenir dans le jeu européen, d’ouvrir les débats qui gênent. Mais si l’on veut que cela aboutisse, il ne faut pas donner l’impression aux autres pays qu’on détient « la » vérité sur laquelle ils doivent s’aligner. Par exemple, si l’on veut aborder avec l’Allemagne le problème du nucléaire que l’exécutif français juge indispensable dans la lutte contre les effets de serre, il faut comprendre les raisons de son hostilité, faire en sorte que le débat y ait lieu et tourne en notre faveur, y labourer le terrain de façon décentralisée, répondre aux questions pertinentes posées sur la gestion des déchets… Il faut convaincre les opinions publiques, faire de la « public diplomacy » c’est-à-dire toucher les milieux influents, y compris par exemple l’église protestante – ce type de relais généralement ignoré par les Français –, pour démontrer que le nucléaire est une bonne chose.

    – Est-ce dans cette perspective que vous scrutez la sortie d’un nouvel Eurobaromètre ?

    Sylvie Goulard : La publication de ces sondages a un immense mérite mais, je l’ai constaté à la Commission, son élaboration est très complexe car la question posée dans de nombreuses langues
    peut induire des différences. J’ai du respect pour cet instrument qui fournit une vision paneuropéenne quoique, parfois, les questions posées soient volontairement trop basiques, par exemple lorsque l’on demande un avis sur « l’élargissement » sans préciser à quel pays l’on pense ! Son intérêt réside dans les mêmes questions posées à intervalles réguliers, qui permettent donc de mesurer les évolutions sur la longue durée. On manque tellement d’instruments pour cerner cet espace public européen dont parle Habermas que l’outil est indispensable. Je recommande, et je l’ai cité dans mon ouvrage sur la Turquie , les sondages d’une ONG américaine, German Marshall Fund of the United States , car il faut croiser les sources pour obtenir une opinion plus affinée.

    – Peut-on revenir sur l’idée reçue selon laquelle les élites sont intéressées par l’Europe alors que la « France d’en bas » est peu motivée ? Qu’en pensez-vous ? Il nous a semblé à vous lire que vous étiez perplexe devant cette assertion.

    Sylvie Goulard : Si cela était vrai ! S’il y avait vraiment eu des élites pro-européennes dans ce pays, on ne serait pas arrivé à cette situation ! Il suffit de constater que, pendant les campagnes électorales, les hommes politiques vont faire un discours sur l’Europe, en général à Strasbourg, puis parlent d’autre chose. Il faudrait une pédagogie plus continue : lorsque l’on parle d’environnement, d’agriculture, d’éducation, on peut l’envisager sous un angle européen. En outre, il faut mettre en valeur un phénomène récent et préoccupant : à l’époque de Jacques Delors, président de la Commission, les entreprises se sentaient engagées, des conférences publiques réunissaient au Mouvement européen des personnalités de sensibilités différentes, comme Elisabeth Guigou et Jean-Louis Bourlanges, pour prendre la parole ensemble et militer pour la monnaie unique. Or, lors du débat de 2005, le patronat ne s’est pas engagé particulièrement, les chefs d’entreprise n’ont pas opposé de réponse à certains ténors de l’extrême gauche. Les entreprises sont moins engagées qu’auparavant, peut-être parce que le projet est plus diffus que le marché unique, la monnaie… Il n’y a pas eu ce que j’appelle le « sur-moi européen », un intérêt supérieur aux « pulsions » nationales, de mise en perspective d’enjeux comme la paix, qui n’est pas négligeable même si le spectre de la guerre s’est éloigné… Quant aux médias, réputés dans leur ensemble en faveur du « oui », il faut bien avouer qu’ils sont souvent absents, surtout les télévisions : au journal de TF1, on ne parle quasiment jamais d’Europe, c’est un non-sujet ; cette chaîne n’a a même pas de correspondant à Bruxelles ! Manque une pédagogie européenne : même si l’Europe n’est pas télégénique, on pourrait faire mieux et il y a de nombreux pays où l’on en parle plus.

    – Votre diagnostic est donc très pessimiste ?

    Sylvie Goulard : Non, car il laisse une énorme marge de progression… Arlette Chabot, rédactrice en chef de France 2, a dit récemment qu’elle allait remettre de l’Europe dans ses journaux télévisés. Les connaissances sont aussi approximatives : dans la centaine de débats auxquels j’ai participé, j’ai remarqué que l’autre défenseur du « oui » n’était pas toujours très au courant du contenu du traité. Il en a été de même en Allemagne des députés du Bundestag qui venaient de ratifier le traité constitutionnel lorsqu’ils ont été interrogés par des journalistes à son sujet.

    Le travail à mener doit se faire conjointement avec des élus locaux : au sein de régions eurosceptiques, on peut voir des zones qui ont voté « oui » grâce à l’action de certaines personnalités, Martine Aubry dans le Nord, Jean-Louis Bianco dans les Alpes-de-Haute-Provence. Il y a un gros effort à faire pour défendre l’idée européenne, mais il faut appeler au sursaut plutôt que céder au découragement !

  • Le Coq et la perle, 50 ans d’Europe, Le Seuil, février 2007

    Le Coq et la perle, 50 ans d’Europe, Le Seuil, février 2007

    Un essai sur l’Europe qui explique la méthode communautaire et appelle les Français au sursaut européen.

    Le titre de l’ouvrage est emprunté à une Fable de La Fontaine qui raconte l’histoire d’un Coq qui trouve une perle et l’échange contre un grain de mil de bien moindre valeur ; en 2005, les Français et les Néerlandais ont fait un choix similaire ; ils ont rejeté le traité constitutionnel, révélant que le malaise des Européens est profond : quelle est la raison d’être de cette Union qui n’unit guère et a doublé le nombre de ses membres en dix ans ? Nul ne le sait plus. Que s’est-il notamment passé en France, pays fondateur ?

    Pour sortir de l’impasse actuelle, l’idée de ce livre est de prendre du champ. Dans le fond, d’où sommes-nous partis et quelle Europe unie avons-nous réalisée? Ce livre redonne la parole à ceux qu’il est convenu d’appeler les « pères fondateurs » dont la pensée est méconnue aujourd’hui. Ce sont notamment Jean Monnet, Robert Schuman, Paul-Henri Spaak, Konrad Adenauer, Alcide de Gasperi, Walter Hallstein, Robert Marjolin, Altiero Spinelli.

    Lire la suite

    A la lecture de leurs écrits, l’erreur des dernières années saute aux yeux : l’Union européenne est exactement retombée dans l’ornière dont ils ont voulu sortir l’Europe. Elle a négligé leur enseignement, leur méthode de travail. Rares sont les hommes politiques qui pensent et agissent en Européens. Plus personne ne se sent responsable de l’intérêt commun. Plus personne n’explique les vertus, ni n’assume les contraintes de l’intégration.

    D’indifférence en négligences, la démolition du projet communautaire, délibérée chez certains, inconsciente chez d’autres, est en cours. Le nationalisme, la petitesse, l’égoïsme, les réflexes protectionnistes reviennent en force. Comme sous la restauration au XIXème siècle, c’est une véritable « réaction » qui est en route. Les « ultras » de l’Etat Nation, les hommes des anciens schémas de pensée, les chauvins, nient la révolution communautaire. Ils sont en train de gagner la partie. L’Europe se fait au ras des pâquerettes, par à coups, sans moyens, sans hauteur de vue. Obsédés par la quête d’avantages immédiats ou la défense de situations acquises, les Européens ne voient plus le trésor qu’ils possèdent.

    Rien, dans ce constat, ne doit nous désespérer. Nos aînés nous ont légué une extraordinaire innovation. Aussi longtemps que leur méthode de coopération a été correctement appliquée, elle a fait ses preuves. Depuis que nous nous en sommes éloignés, l’intégration marque le pas. Les difficultés actuelles sont donc passagères et réversibles : il suffira de se remettre enfin à faire l’Europe sérieusement pour que l’élan revienne.

    Le dessein de ce livre est de mettre en lumière les zones laissées dans l’ombre. Il n’apporte pas de réponse toute faite mais cherche à susciter la réflexion, à rappeler les rudiments si souvent oubliés. En donnant aux électeurs quelques clés pour distinguer les authentiques Européens des marchands d’illusions, il prépare le rebond. L’Europe est une trop belle idée pour la laisser mourir.

    Plan du livre

    Le chapitre 1er démonte l’argumentation des adversaires de l’Europe unie selon lesquels l’Europe était intravertie et qu’elle doit désormais s’adapter à la mondialisation ; la lecture des pères fondateurs dément catégoriquement cette affirmation. Leurs ambitions étaient d’ordre « civilisationnel ». Conscients des évolutions du monde, ils voulaient défendre les valeurs et les intérêts européens, permettre à l’Europe de « contribuer à un monde meilleur ».

    Le chapitre 2 montre à quel point l’Europe communautaire est une révolution passée inaperçue ; ses institutions ne sont pas nées par hasard ; elles sont le fruit d’une méditation sur les erreurs commises après la première guerre mondiale.

    Le chapitre 3 détaille les principes fondateurs de l’Europe unie ; celle-ci nécessite un effort de compréhension mutuel, un sens du sacrifice pour étayer la solidarité et la création de la confiance par delà les frontières.

    Au chapitre 4, sont évoquées les caractéristiques principales de la « méthode communautaire » : l’abandon de l’unanimité et le recours au vote majoritaire pour prendre des décisions, l’équilibre entre les Etats les plus peuplés (les grands) et les moins peuplés (les petits) ; l’échec des ersatz à cette méthode est patent (stratégie de Lisbonne par exemple).

    Dans le chapitre 5, les rapports de la France et de l’Europe sont analysés ; handicapée par sa conception de l’égalité, son refus de faire la différence entre Etats-Unis et URSS, aveuglée par la puissance, la France est l’Etat qui entretient avec l’Europe les relations les plus complexes, à la fois les plus étroites et les plus violemment négatives. Certains traits français sont cependant tout à fait salutaires pour le développement européen : la sensibilité aux questions culturelles, le refus d’une mondialisation sans règles et même un certain volontarisme…

    Enfin, la conclusion consiste à inviter l’Europe à retrouver le sens de l’intérêt commun, à réfléchir à son identité et à oser, si nécessaire, recourir à une avant-garde qui ne simplifiera pas tous les problèmes.

    La conclusion est empruntée à Monnet : quelles que soient les difficultés, il faut continuer.

    Le Coq et la perle, nommé pour le Prix de Livre européen 2007

    « Le Coq et la perle » de Sylvie Goulard a été retenu pour la finale du prix européen du livre, avec deux autres ouvrages, les « Etats-Unis d’Europe de Guy Verhofstatd et de Josep M. Colomer « Grandes imperios, pequenas naciones ». La remise du prix a eu lieu le 5 décembre au soir à Bruxelles. Au départ, une soixantaines de livres (essais mais aussi romans) publiés dans diverses langues européennes, avaient été sélectionnés. C’est Guy Verhofstadt, Premier ministre belge, qui l’a emporté.

    Le premier « Prix du livre européen » a été attribué, mercredi 5 décembre, à Guy Verhofstadt pour son essai « Les Etats-Unis d’Europe », lors d’une cérémonie au Parlement européen pendant laquelle ont pris notamment la parole Jacques Delors, José Manuel Barroso, Hans-Gert Pöttering et Jean-Marie Cavada. Lire la suite

    Europa fehlt der Ruck
    Fiche de lecture de ” Le Coq et la Perle ” de Sylvie Goulard rédigée par Jeanne Rubner, Journaliste, pour le Süddeutsche Zeitung, le lundi 15 octobre 2007. Lire la suite

    Le point d’Alain Duhamel
    Le coq français et la perle européenne
    12 avr 2007 – Alain Duhamel – © Le Point
    Le paradoxe le plus baroque de cette campagne présidentielle tient à l’absence assourdissante de l’enjeu européen dans le débat. Il y a moins de deux ans, la France entière se passionnait pour le référendum sur les institutions européennes, la participation électorale grimpait en flèche et le non tricolore retentissait comme un tocsin à travers les vingt-cinq Etats membres de l’Union.

    Référence au livre Le coq et la perle
    ” Journal du Dimanche ” du dimanche 18 mars 2007

    Fiche de lecture, Le coq et la perle
    ” L’agence Europe ” du mardi 13 mars 2007

    Article sur ” le coq et la perle “
    ” Le Monde ” du Mardi 13 février 2007
    Contre une Europe tiède et résignée

    Fiche de lecture ” Le coq et la perle “
    ” Sud Ouest ” du Lundi 12 février 2007
    « Une adresse à ceux qui font l’Europe sans y croire »  Lire la suite

    Fiche de lecture
    ” Ouest-France ” du Samedi 3 février 2007
    Le coq gaulois et la perle Europe, Essai de Sylvie Goulard Lire la suite

    Fiche de lecture ” Le coq et la perle ”
    ” AFP ” du Jeudi 01 février 2007
    Dépêche