21 mars 2014, Les Echos
Je recommande la lecture de la chronique de Eric Le Boucher : “L’Europe, bien vivante, repart”.


21 mars 2014, Les Echos
Je recommande la lecture de la chronique de Eric Le Boucher : “L’Europe, bien vivante, repart”.

18 mars 2014, France 24, Sylvie Goulard présente l’initiative du “Groupe Eiffel” et plaide pour un plus grand contrôle démocratique de la zone euro. Auteur de “L’Europe pour les nuls”, elle juge l’Europe pas si nulle pour tenter de sortir de la crise et dénonce l’incapacité des 28 à s’entendre.

1er mars 2014, Le Monde. Je recommande la lecture de cet article co-signé par Leila Vignal. L’absence de politique étrangère et de sécurité commune tue.

Sylvie Goulard recommande la lecture de l’excellent papier d’Alain Frachon : faire de l’euro la cause de tous nos maux, et escompter des bienfaits de sa disparition, relève d’une illusion.
Sylvie Goulard, pas nulle l’Europe surtout si elle était fédérale

Les débats du Parlement n’interdisent pas le sourire © European Union 2014-EP
Bon je vous l’accorde le coup du « pas nulle l’Europe » est franchement facile. Fine allusion au bouquin l’Europe pour les nuls que Sylvie Goulard a commis. Car si l’en est une qui est tombée dans la marmite européenne, c’est bien cette énarque, universitaire et arrivée en politique grâce à l’Europe. Elle a présidé le Mouvement européen en France, travaillé pour l’ancien président de la Commission européenne Romano Prodi, écrit avec Mario Monti un ouvrage sur la démocratie en Europe. Une Europe que cette militante du groupe Spinelli verrait sans aucun doute plus fédérale qu’intergouvernementale. Cette femme, l’une des rares françaises (ou français) à posséder plusieurs langues, est une vraie militante de l’Europe dont elle connait aussi bien les faiblesses que les arcanes. Et pour son engagement politique, elle choisira naturellement pourrait-on, dire le Centre. Des racines chrétiennes de l’Europe aux valeurs de démocratie et d’état de droit, la destination politique était toute tracée. Et Sylvie Goulard ne s’est pas contenté d’écrire, d’observer et de discourir. Elle a mis les mains dans le cambouis, avec plusieurs rapports très techniques à défaut d’être sexy sur les obligations dites de stabilité ou sur la surveillance budgétaire dans la zone euro.
Pensez-vous avoir joué un rôle important lors de cette mandature ? Avoir été écouté ?
Au Parlement européen, on est considéré quand on joue un jeu collectif. Ayant été, tout au long de ma mandature, coordinateur du groupe ADLE pour les questions économique et monétaires, je crois avoir tenu toute ma place dans diverses équipes. – Les coordinateurs organisent le travail, répartissent les rapports, sont les porte-paroles, par défaut, de leur groupe. Ils sont l’interface avec les médias, les autres institutions, les secteurs concernés par la législation. La Commission ECON (économique et monétaire) a joué un rôle particulièrement important durant cette mandature. Nous avons adopté de nombreux textes réformant les règles de fonctionnement de la zone euro et encadrant la finance. – J’ai été moi-même membre de plusieurs équipes de rapporteurs sur des textes législatifs complexes : « 6 pack » et « 2 pack » réformant la gouvernance de la zone euro ; directive sur la solvabilité des assurances ; création des autorités de supervision des marchés, assurances et banques puis de l’autorité de supervision des banques rattachée à la BCE. J’ai également été en charge du rapport d’initiative du Parlement sur les eurobonds. En Commission agriculture et développement rural, je me suis donnée comme priorité la défense d’une viticulture de qualité ; nous sommes arrivés à préserver les droits de plantation.
Votre plus belle réussite, fierté, gros coup ?
J’ai mené une bataille très dure contre les ministres des finances et le Conseil européen pour éviter que le directoire de la BCE soit uniquement masculin. Avec des collègues des deux sexes, nous sommes arrivés à réunir un vote massif de la plénière du Parlement sur ce sujet. Désormais, deux femmes ont été désignées à des postes clés, du directoire et de la supervision bancaire. La BCE a pris des mesures internes pour promouvoir une plus grande diversité. C’est une question de justice vis-à-vis des jeunes femmes très bien formées dont la carrière est ralentie quand il s’agit d’accéder à des postes de responsabilité. C’est aussi une question de représentativité des institutions européennes : elles doivent ressembler à la société et non en être coupées
Votre plus beau loupé, flop ?
Les responsables nationaux et européens tardent à prendre conscience des ravages de la montée des inégalités, de la pauvreté et de l’exclusion. Présidente de l’intergroupe de lutte contre l’extrême pauvreté depuis 2011, j’ai multiplié les initiatives : pour faire comprendre que les politiques de lutte contre la misère doivent impliquer les personnes démunies ; pour rendre les politiques économiques moins indifférentes aux conséquences sociales de la quête de compétitivité et, dans le même temps, mieux à même d’utiliser tous les talents ; faire venir au Parlement Européen, qui est la maison de tous, des exclus (une chorale nantaise de SDF a chanté dans l’hémicycle). Mais c’est un chantier sans fin, où il faut dépenser énormément d’énergie pour des résultats parfois décevants.
Par Dominique Voegele | Publié le 18/02/2014 sur le site Géopolis, FranceTVInfo
Avantgarde der Euro-Zone; Zwölf französische Politiker präsentieren radikalen Vorschlag
CHRISTIAN WERNICKE
15 February 2014
Süddeutsche Zeitung
Paris – Mit ehrgeizigen Vorschlägen für die Gründung einer „politischen Euro-Gemeinschaft“ haben ein Dutzend französischer Politiker und EU-Experten am Freitag versucht, die erlahmte Europa-Debatte in Frankreich neu zu beleben. Dabei macht sich die so genannte „Groupe Eiffel Europe“ für ein ambitioniertes Kerneuropa aus den bisher 18 Euro-Ländern stark. Deren mehr als 330 Millionen „Euro-Bürger“ sollten eine eigene politische Versammlung wählen können, die als Parlament wiederum eine Art Euro-Regierung küren würde. Nur durch eine solche fundamentale Demokratisierung der Euro-18, so glauben die zwölf Verfasser des Papiers, könnten die gemeinsame Währung und die EU insgesamt nach der Euro-Krise den Rückhalt der Bürger zurückgewinnen.
Die überparteiliche Eiffel-Gruppe beklagt, das EU-Gründerland Frankreich habe in den vergangenen 20 Jahren eine überwiegend „defensive Haltung“ eingenommen und auch deutsche Ideen zur Weiterentwicklung Europas „brutal ausgebremst“. Die Nation müsse nicht nur im Inland vermehrt Wirtschaftsreformen vorantreiben, sondern mental „endlich seinen Platz finden“ in einer globalisierten Welt. Sylvie Goulard, Europa-Abgeordnete der liberalen Fraktion und Initiatorin der Eiffel-Gruppe, will „Frankreichs Europadiskussion neu beginnen“, in der vor den Europawahlen im Mai bisher vor allem linke wie rechte Euro-Gegner den Ton angeben. Die Denkschrift ist zugleich eine französische Erwiderung auf den Vorstoß der „Glienicker Gruppe“ vom vergangenen Herbst, bei dem elf deutsche Ökonomen und Politikwissenschaftler den „Aufbruch in die Euro-Union“ gefordert hatten. Die Eiffel-Gruppe beklagt, die Währungskrise der vergangenen Jahre habe „den Euro zur Quelle einer politischen Spaltung“ zwischen Nord und Süd werden lassen. Krisenpolitik und Sparpakete seien in einem „politisch-technokratischen Wirrwarr“ und ohne genügend demokratische Legitimität umgesetzt worden. Direkt an Berlin gewandt warnen die zwölf Franzosen, das Schicksal des Euros und einiger Länder habe phasenweise allein in den Händen deutscher Institutionen wie Bundestag und Verfassungsgericht gelegen: „Das ist weder gut für Deutschland, das dadurch in eine hegemoniale Position versetzt wird, noch für die Partner, die darauf reduziert werden, sich deutschen Anweisungen zu fügen.“
Als Ausweg schlagen die Autoren die Flucht nach vorn vor – hin zu einer föderalen Euro-Gemeinschaft mit direkt gewähltem Parlament und einer Regierung. Diese „politische Euro-Gemeinschaft“ solle einen eigenen Haushalt haben, finanziert mit eigenen Einnahmen etwa aus einer CO&sub2;-Steuer. Die Eiffel-Gruppe möchte dieses neue Kerneuropa innerhalb der EU gründen, also als eine Art Avantgarde im Rahmen der bestehenden Institutionen. Für den Fall, dass dies andere EU-Nationen wie Großbritannien oder skandinavische Staaten ablehnten, müsse die Euro-Gemeinschaft neben der EU wachsen. In jedem Fall würden die Vorschläge eine grundlegende Revision der EU-Verträge erfordern – etwas, das die aktuelle Regierung in Paris und Präsident François Hollande aus Angst vor einem erneuten Referendum scheuen.
Gedacht ist an ein Kerneuropa mit eigenen Wahlen
Süddeutsche Zeitung GmbH

12 février 2014, taz.de
Kein Unterschied zu Merkel, dans cette interview le député européen Jürgen Klute (GUE/NGL) parle des efforts de la part de Sylvie Goulard pour reformer l’Union européenne.

Les pires travers des partis se manifestent lorsqu’ils choisissent leurs candidats au Parlement de Strasbourg, assure la députée européenne (ADLE). Imaginons un pays soucieux de défendre ses intérêts, dont la plupart des responsables politiques s’accordent sur le fait qu’il faut « changer l’Europe ». En paroles, les responsables politiques de ce pays promettent en général qu’ils reprendront la main en endiguant « l’influence ultralibérale anglo-saxonne ».
Imaginons que ce pays ne soit toujours pas remis d’une crise de grande ampleur qui a engendré un chômage sans précédent et des inégalités croissantes. Depuis une dizaine d’années, sa compétitivité se dégrade dans des proportions inquiétantes, comme le montre le déficit de son commerce extérieur.
Imaginons que le Parlement chargé d’adopter une partie importante de la législation applicable dans ce pays, notamment en matière économique, le Parlement européen, soit bientôt renouvelé. Ajoutons qu’il s’agit même du premier scrutin depuis que ses pouvoirs ont été renforcés, en 2009, au point d’en faire un lieu d’influence décisif. Que, dans le même temps, les citoyens de ce pays, moteur de la construction européenne, n’ont jamais autant douté du bien-fondé de l’Europe.
Imaginons enfin un contexte mondial troublé, marqué par l’émergence de nouvelles puissances et le recul relatif, démographique, économique, de l’Europe.
Que font, dans ces conditions, des partis politiques responsables ? Ils décrètent une mobilisation générale. Ils accordent aux questions européennes l’importance qu’elle mérite, qui n’est certes pas moindre que les enjeux municipaux. Dans l’intérêt national et européen, ils identifient des priorités stratégiques ; donc les commissions parlementaires où dans les cinq années à venir se jouera le destin du pays et de l’Europe : le commerce international pour les négociations de libre-échange avec les États-Unis ; les affaires économiques et monétaires pour la gouvernance de l’euro ; les libertés publiques pour les dossiers migrations et Schengen.
Afin d’y accroître leur influence, ils choisissent les candidats les plus compétents, parlant bien anglais, et même allemand, vu le rôle de l’Allemagne. L’influence suppose d’être capable d’intervenir dans le débat public des pays partenaires et de peser sur les choix collectifs. Ce n’est pas facile.
Puisqu’il y va de l’intérêt national et de l’avenir de l’Europe, ils ne songent pas à recycler dans ce Parlement des éclopés des scrutins nationaux. Parmi les sortants, ils écartent les paresseux, pas si nombreux, et faciles à repérer dans une assemblée où le travail de chacun est bien recensé. Ils excluent les cumulards, comme ceux qui sont soupçonnés de conflits d’intérêt. Les citoyens soumis à une compétition féroce pour trouver un emploi dans le privé ne comprendraient pas que leurs impôts servent à payer des « touristes » ou des profiteurs.
Enfin, les états-majors des partis prennent conscience du terrible sentiment d’exclusion qui frappe la jeunesse : pour cette raison, ils mettent en position éligible des jeunes de 30 à 40 ans, cette génération compétente, qui subit la crise de plein fouet et devra supporter le poids de la dette. C’est possible, comme le montre le rajeunissement récent de la classe politique italienne. Les générations qui ont contribué à mettre le pays dans la situation où il se trouve ont la décence de se retirer. Dans un pays comme l’Allemagne, il est d’usage que les perdants des scrutins nationaux quittent la vie politique.
Voilà ce que ferait un pays sérieux, un grand pays conscient de ses responsabilités et des enjeux. Ce n’est malheureusement pas ce qui se passe en France.
© 2014 Le Figaro.

“Les Eglises, un appui pour l’Europe”. Le Père Henri Madelin souligne l’importance du projet européen pour les citoyens et pour l’église, et les enjeux majeurs pour l’avenir.

28 janvier, La Tribune, Toutes les banques doivent être traitées de manière égale, quel que soit leur pays d’origine
Le 16 janvier, le Parlement européen a refusé d’entériner en l’état l’accord conclu le 19 décembre entre les ministres des Finances au sujet du mécanisme de résolution unique des crises bancaires, deuxième pilier du projet d’union bancaire. Quelles sont les chances pour que Parlement et Conseil des ministres trouvent rapidement un terrain d’entente? Le calendrier de l’union bancaire est-il menacé? Réponses avec Sylvie Goulard, députée européenne MoDem, membre de la commission des Affaires économiques du Parlement.
Quels sont les griefs exacts du Parlement, au sujet de l’accord conclu en décembre entre les ministres des Finances de l’Union européenne ?
Les traités européens prévoient, en matière législative, que le conseil des ministres et le Parlement européen, placés sur un pied d’égalité, décident ensemble. Il est donc parfaitement normal que l’accord trouvé par le Conseil des ministres avant Noël soit discuté par le Parlement.Cet accord trouvé par le Conseil des ministres (après le vote de la commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen ) prévoit que les décisions de sauver ou de liquider une banque en difficulté seront prises par les États et non par une autorité européenne : il pose un problème de forme et un problème de fond.
Sur la forme, les règles relatives au mécanisme de résolution unique des crises bancaires doivent, je le répète, relever de la procédure législative ordinaire : la proposition initiale est faite par la Commission européenne, puis la décision est prise conjointement, sur un pied d’égalité en théorie, par le Parlement européen d’un côté, les ministres des Finances de l’autre.
Or les ministres – sur la base d’une analyse juridique que le Parlement conteste (comme les services juridiques du Parlement, du Conseil et de la Commission) – ont voulu traiter une partie du dossier (c’est-à-dire la constitution du fonds et son éventuelle utilisation) via un traité intergouvernemental, au détriment de la démocratie.
Sur le fond, quel problème pose l’accord du 19 décembre?
Sur le fond, la position adoptée par le Conseil des ministres pose le problème de la crédibilité du mécanisme de résolution unique. Pour être crédible, celui-ci doit être réellement unique, fonctionner à l’échelle du marché intérieur. Il doit également être efficace, permettre de fermer une banque en un week-end si nécessaire, pour éviter un retrait massif des dépôts des épargnants et une panique des marchés dès le lundi matin. Or le processus décisionnel imaginé par le Conseil des ministres est complexe, au risque de ne pas permettre une décision rapide.
Il est en outre politisé, ce qui réintroduit la tentation d’un sauvetage des banques à partir de fonds publics, et il n’est pas assez impartial, dans la mesure où il réintroduit un aléa lié à la localisation de l’établissement bancaire en difficulté. Or toutes les banques doivent être traitées de manière égale, quel que soit leur pays d’origine.
Enfin, le fonds de résolution unique associé au MRU n’est justement pas unique, puisqu’il consiste en des enveloppes nationales qui n’évolueront que très lentement vers un système unique, au terme d’une période de 10 ans. Résultat, le risque existe que cela soit une fois de plus le contribuable qui doive mettre la main à la poche durant cette période transitoire de dix ans, contredisant ainsi l’idée fondamentale de l’union bancaire
Quelle alternative le Parlement propose-t-il ?
La commission des Affaires économiques du Parlement a voté le 17 décembre un projet législatif, qui prévoit que le superviseur bancaire
[la Banque centrale européenne (BCE) ; Ndlr] serait la seule entité habilitée à proposer d’initier une résolution bancaire. Le Conseil de résolution unique – composé de représentants des autorités nationales de résolution et de personnes censées avoir une vision européenne et impartiale, c’est-à-dire pour défendre l’intérêt commun (directeur et directeur adjoint du Conseil mais aussi représentant de la Commission et de la BCE) – évaluerait cette proposition et suggèrerait le lancement d’une procédure par la Commission européenne.
Cette dernière prendrait alors la décision officielle de lancer une procédure de résolution, et déciderait des détails de son exécution sur la base de propositions concrètes du Conseil de résolution. Il s’agirait là d’un système de décision simple, dans lequel le rôle de chaque acteur serait clairement spécifié, et où la pression politique serait écartée.
Par ailleurs, le projet législatif voté par le Parlement le 17 décembre instaure un fonds de résolution unique crédible, qui serait mis en place dans le cadre législatif défini par les traités européens, au lieu de reposer sur un traité intergouvernemental entre pays participants. Au cours des 10 premières années, jusqu’à ce que le fonds atteigne son niveau cible [de 55 milliards d’euros ; Ndlr], il pourrait être financé par des prêts d’un instrument public européen, comme les prêts issus du Mécanisme européen de stabilité ou du budget de l’UE. Enfin, ce système de résolution inclurait toutes les banques établies dans les Etats membres participants, et pas seulement les plus grandes.
Quelles sont les chances que le Parlement et le Conseil des ministres trouvent un accord avant les élections législatives européennes de mai, accord requis pour que le MRU entre en vigueur en 2015 ?
À ce sujet, les ministres cherchent à faire pression sur nous en laissant entendre que nous voudrions à tout prix invalider leur accord alors que nous faisons notre travail. Les députés européens ne sont pas élus pour valider le travail des ministres mais faire la loi avec eux, sur un pied d’égalité, en gardant à l’esprit la crédibilité collective. Nous sommes prêts à faire des concessions mais elles doivent être mutuelles.