Written by Julie Levy-Abegnoli on 13 November 2015 in Opinion
In reforming electoral rules, MEPs hope to bring a more European dimension to European Parliament elections.
The current European Parliament electoral rules date back to 1976 – a time when the EU had just nine member states and the Berlin wall was still erect; things that, today, seem very far away. This is why MEPs last week voted on a report on reforming the electoral act.
Co-rapporteur Danuta Hübner says, “the elections to the European Parliament are still governed by national rules and dominated by national issues. This has to change. European elections need to gain a stronger European dimension.”
The Polish deputy explains that, “Parliament has insisted that all citizens can vote wherever they live or work. It has also proposed granting Europeans the possibility to cast their votes electronically, online and by post.”
Co-rapporteur Jo Leinen also stresses the need for electoral reform. “We have a European Parliament that is elected by 28 national elections, and election campaigns remain focused on national topics and personalities.”
He adds that, “to strengthen the European dimension in the election campaigns, we need to make European political parties more visible. The respective European party should appear alongside the national party on the ballot paper, so that the voter can make an informed choice.”
Leinen also tells this magazine that, “we want a real gender balance. The draft law contains a provision that electoral lists shall ensure gender equality. In our view, it is unacceptable that only 37 per cent of MEPs are women.”
Also, “we encourage the member states to harmonise the voting age at 16, enabling young people to actively engage in European politics.”
For ALDE group shadow rapporteur Sylvie Goulard, the key element of this text is, “the proposal for the creation of a Europe-wide joint constituency, alongside the lists in the member states. It is by moving away from a system which remains very national, where the French vote for the French and the Brits represent the Brits, that a true European democracy will be created.”
Unfortunately, as growing Euroscepticism spreads across the Union, this may not go down so well in the member states.
Meanwhile, Greens/EFA group shadow rapporteur Josep-Maria Terricabras, is far from pleased with the contents of the report. In his view, “the final result is a weak reform.” He takes issue with the proposed obligatory threshold of between three and five per cent, which he says, “goes against the spirit of diversity and protection of minorities.”
Terricabras also laments that, “transnational lists have just been mentioned in passing, almost by chance” and that, “the introduction of gender equality – which is theoretically accepted by all – has been postponed until the 2024 European elections.”
In his view, “the new electoral law will serve the official machinery, but will not help enough to destroy mistrust and distance between the electors and the elected.”
About the author
Julie Levy-Abegnoli is a journalist for the Parliament Magazine
Après les attentats du 13 novembre et l’assaut à Saint-Denis le 18 novembre, que peut faire l’Europe ? C’est la question de la semaine dans “Europe Hebdo”. Direction la ville de Molenbeek en Belgique et focus sur cette plaque tournante du terrorisme islamiste. Un reportage de François Goulin suivi d’un débat en plateau entre deux députés européens :
Sylvie Goulard, députée européenne (France), groupe Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe
Philippe Lamberts, député européen (Belgique), groupe des Verts/Alliance libre européenne
Dix mois après une première vague d’attentats, la France est de nouveau meurtrie. Que fait l’Europe ? La question est parfaitement légitime. A condition toutefois de se demander aussi : a-t-elle les prérogatives et les moyens budgétaires pour agir ? Avec quel équilibre entre libertés et sécurité ?
L’Union européenne actuelle fait ce que ses Etats membres ont bien voulu qu’elle fasse. Ses compétences sont, en effet, fixées par les traités signés et ratifiés par les Etats ; son budget est voté à l’unanimité par les 28 gouvernements.
Ainsi, le président de la Commission européenne a récemment appelé les Européens à se doter d’une armée. Mais seuls les Etats membres peuvent donner vie à l’Europe de la défense. Or la France a du mal à obtenir le soutien de ses partenaires pour frapper au Mali ou en Syrie. Certains pays européens se déclarent toujours neutres. Pour des raisons historiques, l’Allemagne est réticente à s’engager militairement. Depuis qu’il s’est fourvoyé en Irak en 2003, le Royaume-Uni a abandonné une partie de ses ambitions. Partout en Europe, les procédures parlementaires d’autorisation de l’emploi de la force sont plus poussées qu’en France. Voilà les sujets sur lesquels il faudrait travailler, en expliquant inlassablement que les tueurs de Daech peuvent frapper partout, que la neutralité ou les hésitations ne sont plus de mise face à de telles menaces. Mais les Français doivent aussi comprendre qu’ils ne peuvent décider seuls puis faire appel à la solidarité des partenaires.
Si la coopération en matière d’affaires intérieures et de justice est insuffisante, c’est aussi parce que les Etats n’ont jamais voulu dépasser le stade de la coopération des polices et des justices. L’échange d’informations en souffre. D’un « FBI européen », doté de prérogatives précises (par exemple, la lutte contre le terrorisme et le crime organisé), il n’a jamais été question. Le parquet européen qui pourrait encadrer l’action transfrontière des forces de police européennes n’a toujours pas vu le jour. Les moyens donnés à une agence comme Frontex, chargée de la coopération aux frontières extérieures, restent dérisoires : en février 2013, les Etats membres ont doté l’Union d’un budget du siècle dernier, encore et toujours centré sur la politique agricole commune et les fonds structurels. Nous payons les conséquences de cette impéritie.
Enfin, les Européens doivent décider ensemble du type d’Etat de droit qu’ils veulent mettre en place. Le dossier des données des passagers des compagnies aériennes (dit « PNR ») montre bien la difficulté. En 2013, la commission parlementaire Libe (des libertés publiques) a rejeté un premier projet qui n’offrait pas de garanties suffisantes du point de vue de la protection des données. La Commission européenne a tardé à réagir. Depuis l’été 2015, les négociations ont repris, avec l’objectif d’un échange obligatoire des informations. La démocratie est-elle un caillou dans la chaussure des gouvernements ou la clef de voûte d’une Union fondée sur l’Etat de droit ? Lorsque la police a des responsabilités écrasantes, comme dans la lutte antiterroriste actuelle, veiller scrupuleusement au respect des libertés publiques, n’est pas un luxe. En semant la peur, les terroristes cherchent à détruire l’Etat de droit.
La situation est trop grave pour que les Etats et les institutions européennes se renvoient la balle. Après des décennies de beaux discours sur l’Europe de la défense, sur l’espace de liberté, de sécurité et de justice, le temps de l’action est venu, pour tous. Agir efficacement suppose cependant un effort accru pour mieux se comprendre. Il est très symbolique que la filière terroriste du carnage du 13 novembre remonte à Bruxelles. Les souverainistes peuvent jouer sur la peur, ils ne prouvent pas que les Etats-nations peuvent s’en sortir seuls. La solution passe aussi, en partie au moins, par Bruxelles.
Interview mit Sylvie Goulard, MdEP (ALDE, Frankreich), Präsidentin der interfraktionellen Arbeitsgruppe „Extreme Armut und Menschenrechte“ des Europäischen Parlaments
Frau Goulard, was ist Ihrer Meinung nach die Kernbotschaft der Enzyklika Laudato si‘ von Papst Franziskus?
Papst Franziskus lädt die Menschen dazu ein, eine „ganzheitliche Ökologie“ zu leben, um das „gemeinsame Haus“, die Erde, zu bewahren. Der Schutz der Schöpfung bildet den Kern seiner Botschaft. Dies ist insofern wichtig, als das Alte Testament, insbesondere das Hohelied, unzählige Verweise auf die Schönheit der Schöpfung enthält.
Die Enzyklika stellt nicht nur einen ökologischen Ansatz im engeren Sinne dar, sondern bezieht auch wirtschaftliche und soziale Aspekte mit ein. So spricht der Papst den Klimawandel oder die Zerstörung der Biodiversität genauso an wie die Qualität des menschlichen Lebens oder das Problem der Ungleichheiten. Er sagt: „Die menschliche Umwelt und die natürliche Umwelt verschlechtern sich gemeinsam.“ Es sind die Ärmsten, die einen hohen Preis für diese „ökologische Schuld“ der Menschheit zahlen. Dies sind die Kernbotschaften seiner Enzyklika.
Auf welche Aspekte Ihrer Arbeit als Europaabgeordnete kann sich diese Enzyklika auswirken?
Der Aufruf des Papstes richtet sich an alle verantwortlichen Menschen, unabhängig davon, ob sie gläubig sind oder nicht. Getreu dem Evangelium wendet sich der Papst an alle Menschen guten Willens.
Mit seinem universellen, grenzüberschreitenden Ansatz, der die Bewahrung des „gemeinsamen Hauses“ in den Vordergrund stellt, überwindet der Papst nationale Horizonte. Er schließt sich damit den Sorgen aller Europabefürworter, insbesondere der Abgeordneten des Europäischen Parlaments an, die ein Bewusstsein dafür wecken wollen, dass die nationale Ebene nicht mehr immer die relevante Ebene ist. Das rasante Aussterben zahlreicher Tier- und Pflanzenarten, der Treibhauseffekt oder die andauernde Armut erfordern ein ehrgeiziges Engagement, welches ein Handeln über die Kontinente und über nationale oder politische Zugehörigkeiten hinweg erforderlich macht.
Fehlen Ihrer Meinung nach Elemente in der Enzyklika?
Der Papst formuliert keine genauen Vorschläge, es ist aber auch nicht seine Aufgabe, konkrete Maßnahmen zur Behebung der von ihm aufgezeigten Mängel zu nennen. Er äußert sich in seiner Funktion als Papst, als spiritueller Führer, moralische Instanz, nicht als Experte oder weltliches Oberhaupt. Sein Ansatz, der ebenso wichtig ist, besteht vielmehr darin, das Bewusstsein der Bürgerinnen und Bürger zu schärfen, ihnen Mut zu machen, auf ihrem Niveau zu handeln, und Verantwortung im Alltag (Haus, Verkehr, Energieverbrauch etc.) zu übernehmen.
Papst Franziskus betont, dass seine Enzyklika als ein Beitrag zum Dialog zwischen Wissenschaft und Politik gesehen werden kann. Welche Themen sollten nach Ihrem Dafürhalten unbedingt in einem solchen Dialog angesprochen werden?
Ein Dialog zwischen Wissenschaft und Politik kann nicht losgelöst von einer ethischen Reflexion stattfinden. Als einer unter anderen kann der Beitrag des Papstes wissenschaftlichen Arbeiten und politischen Entscheidungen Sinn geben. Die Kirche ist nicht dazu berufen, ein endgültiges Wort zu sprechen, vielmehr kann sie dazu beitragen, eine ehrliche Debatte zwischen Wissenschaftlern einerseits und Experten und Bürgern andererseits anzuregen.
Wissenschaft und Religion stehen auf unterschiedlichen Ebenen. Ethik und die moralische Reflexion über das menschliche Handeln in Bezug auf die Natur und die Gesellschaft können zu einer wahrhaft authentischen wissenschaftlichen Weitsicht beitragen, zumindest zu einem besseren Dialog zwischen Wissenschaftlern und Bürgern.
Welchen Beitrag erwarten Sie von Seiten der Kirchen und Religionsgemeinschaften bei der Schaffung einer neuen Weltordnung?
Die Kirchen können als solidarische Gemeinschaften und als Orte des Engagements eine nachhaltige Lebensweise oder zumindest Änderungen im Verhalten anregen, die der Menschheit und der Umwelt zugutekommen. Sie können ihre Mitglieder, gläubige Menschen guten Willens, mobilisieren und damit den Menschen ins Zentrum der gesellschaftlichen Belange rücken.
Diese neu auf die Botschaft der Güte und der Barmherzigkeit des Evangeliums ausgerichtete Ethik sollte durch die Verkündigung der Kirchen und die öffentliche Meinung sowohl im gesellschaftlichen Miteinander als auch in den Beziehungen zwischen den Staats- und Regierungschefs Eingang finden. Dies wäre ein wichtiger Beitrag zur Schaffung einer neuen Weltordnung.
“Une longue route vers la prise de conscience de la pauvreté”
Mario Monti, a ouvert cette réunion publique en s’interrogeant sur le rôle de la mondialisation dans l’augmentation de la pauvreté. L’ancien Président du Conseil italien a rappelé que la conjonction de la mondialisation économique et du développement de structures de gouvernances mondiales ont permis des retombées positives : les pouvoirs publics s’organisent afin d’apporter des réponses aux enjeux globaux. La construction européenne a eu le mérite d’éliminer les entraves et de stimuler la croissance. Depuis le traité de Rome, une série de politiques publiques a pu accompagner cette dynamique et veiller à ce que le marché ne soit perturbé ni par des protectionnismes nationaux, ni par des actions privées visant à exploiter les petits par des cartels et des abus de position dominante. Sur le plan mondial, la globalisation a réduit les inégalités entre monde développé et monde moins développé. Cependant, il est vrai qu’à l’intérieur des pays dits « développés », la mondialisation a provoqué des écarts croissants entre les riches et les pauvres. L’Occident n’a plus été en mesure de continuer son exploitation impérialiste du tiers monde.
Ce n’est pas l’UE qui a augmenté la pauvreté en Europe. Si une simulation pouvait permettre de comparer la pauvreté dans les Etats membres selon l’existence ou non de l’UE, on verrait probablement la valeur ajoutée du projet européen. Dans les années 1960-1970, le déficit public n’était même pas l’objet de débats, ce qui constituait un environnement idéal pour l’hypocrisie politique. Il n’y avait, à cette époque, pas de commissaire européen se penchant sur les budgets des Etats membres. La conséquence, année après année, a été de faire peser le fardeau sur les générations futures. Ces jeunes qui ont aujourd’hui tant de mal à trouver un travail sont-ils victimes de l’austérité ou bien des politiques déficitaires du passé ? Dans une logique économique, une situation viable serait d’avoir, en moyenne sur un cycle économique, un budget équilibré, avec la possibilité de dépasser ces limites à condition que les investissements effectués aient un potentiel réel de croissance supplémentaire.
Ceux qui se déclarent contre l’”austérité” veulent en réalité revenir à l’ancien système, très porteur pour les hommes politiques sur le court terme, mais préjudiciable pour les jeunes et les générations futures. Les inégalités sociales doivent être une préoccupation et le libre jeu du marché a pour désavantage d’aboutir à une allocation inefficiente des ressources, d’où l’importance de mettre en place en parallèle des politiques publiques redistributives, à travers la politique fiscale. Aujourd’hui, le manque de coordination des fiscalités en Europe (chaque pays a un droit de véto), conduit à une érosion de l’imposition des sociétés (que les Etats cherchent à attirer en baissant l’imposition), au détriment du travail. C’est sur celui-ci que se porte désormais la plus grande part de la pression fiscale, pénalisant les travailleurs, les entreprises non mobiles, et, par conséquent, l’emploi.
Un échange avec la salle a suivi le discours
Sylvie Goulard, présidente de l’intergroupe, a présenté brièvement les grandes lignes de l’action européenne contre la pauvreté et l’exclusion sociale, de la stratégie de Lisbonne jusqu’à la mise en place du semestre européen. La pauvreté fait désormais parti des préoccupations des décideurs européens, et l’on peut sentir une volonté d’améliorer la situation des Européens les plus démunis, comme le montre l’objectif de réduction de la pauvreté (diminution de 20 millions le nombre de personnes pauvres ou étant menacés de tomber dans la pauvreté) contenu dans la stratégie Europe 2020.
Malheureusement, les données récoltées montrent clairement à quel point ces ambitions louables ne suffisent pas pour obtenir des résultats positifs concrets. Depuis 2010, le nombre de personnes vivant dans la pauvreté ou étant menacés de pauvreté a augmenté en Europe. Beaucoup de questions restent ouvertes et mériteraient qu’on s’y attarde. Par exemple, celle de l’évaluation de la pauvreté.
Sa présentation (voir ci-dessous) examinait également les raisons pour lesquelles l’assainissement budgétaire était nécessaire et en quoi les choix des gouvernements avaient eu des effets variables selon la catégorie de population. Les dépenses consacrées aux personnes âgées ont augmentées, réduisant le budget disponible pour les familles et l’éducation, qui ont vu leurs ressources allouées diminuer. Comme Mario Monti l’avait déjà souligné, la politique fiscale est un enjeu clé dans la lutte contre la pauvreté et pour une meilleure répartition des richesses dans la société. Il ne faut pas négliger les effets, directs et indirects, que peuvent impliquer différents choix en termes de fiscalité sur les plus démunis. L’évasion fiscale, qui reste un problème non résolu en Europe et constitue une injustice pour les Européens qui payent leurs impôts, doit être traitée. La Commission a d’ailleurs commencé à s’attaquer à ce chantier avec sa décision du 21 octobre 2015 concernant les accords passés entre Fiat et Starbucks et les gouvernements luxembourgeois et néerlandais.
La réflexion doit se poursuivre, à la fois sur la manière d’appréhender la main d’œuvre et le capital humain dans l’économie, mais aussi sur la diversification des ressources, en ayant, par exemple, également recours au secteur privé plutôt que de ne se reposer que sur l’intervention publique dans la lutte contre la pauvreté. Il est en tout cas très clair que les politiques ne seront réellement efficaces qu’à condition d’impliquer la société civile, les plus démunis compris, à leur conception.
Depuis 2009, ATD se bat pour que la pauvreté soit reconnue dans la loi française comme un critère de discrimination. Ce long combat a été présenté par Raymonde Languet et Isabelle Bouyer, représentantes d’ATD en Champagne-Ardenne. Cette reconnaissance juridique n’est pas un but en soi mais une étape importante dans leur combat. L’enjeu n’est pas de lutter “seulement” pour subsister, mais également pour faire partie intégrante de la société. Une proposition de loi pour combattre la précarité sociale a été adoptée par le Sénat en juin 2015 et sera bientôt discutée à l’Assemblée nationale.
Les exemples poignants de Raymonde et d’Isabelle, tirés d’expériences réelles vécues à Reims, ont illustré l’étendue de la discrimination dont peuvent souffrir les pauvres à cause de leur précarité sociale. Contrainte de recourir à la couverture maladie universelle pour le traitement orthodontique de son fils, précédemment couvert par une mutuelle, une mère s’est pas exemple vue annoncer par le dentiste, en public dans une salle d’attente, qu’il ne souhaitait plus s’occuper du traitement et que leur fils devrait se résoudre à se tourner vers l’hôpital. A la honte de la mère s’ajoute celle d’un enfant de douze ans qui, le soir même, dans la solitude de sa chambre, doit retirer son appareil et renoncer aux soins, parce que la CMU leur est “accordée”.
Ce n’est qu’en étant à l’écoute des plus démunis, considérés comme des partenaires, que ce type d’humiliation et de discrimination pourra cesser. Si certains se considèrent omniscients et ne voient les autres que comme des ignorants, alors certaines personnes continueront à voir leurs droits répudiés par la société.
Jorge Nuno Mayer, de Caritas Europa, a rappelé qu’1% de la population mondiale concentrait plus de 50% des richesses. À mi-parcours, il est clair que l’UE ne parviendra pas à ses objectifs contenus dans la stratégie 2020. Malgré tout, les objectifs du millénaire pour le développement ont eu des résultats encourageants et les objectifs de développement durable des Nations-unies, adoptés il y a quelques semaines, qui concernent à la fois les pays en développement et les pays développés comme les Etats européens, constituent une perspective positive.
Son intervention reprenait plusieurs points saillants déjà abordés par les précédents intervenants. En rappelant l’impératif équilibre budgétaire, il n’en soulignait pas moins la différence entre les moyens à la portée d’un État, et ceux d’une famille. Des mesures significatives ont dû être prises pour sauver certaines banques de la faillite et il est aujourd’hui essentiel d’en finir avec l’irresponsabilité d’un système financier qui considérait que l’Etat serait toujours là pour régler la facture. Les chiffres parlent d’eux même. Alors que la situation économique semble peu à peu se rétablir, la pauvreté continue d’augmenter. Des réformes sont nécessaires, mais doivent être menées en gardant à l’esprit à la fois la soutenabilité fiscale et leurs potentielles conséquences sociales.
Jorge a également fait part de certaines expériences réussies, dont Caritas a eu l’initiative dans les Etats membres où ils sont présents. Certaines font preuve d’originalité, à l’image d’un hôtel viennois, l’hôtel Magda, accueillant des réfugiés en recherche d’emploi et fuyant la pauvreté. La particularité de cet hôtel, qui en fait un modèle dans la lutte contre la pauvreté et permettant la création d’emplois pour les réfugiés légaux, est d’être sous la responsabilité de 20 réfugiés, provenant de 16 pays et parlant 36 langues différentes. Un projet comme celui-là montre l’importance de l’engagement social et d’un regard neuf.
La réunion s’est terminée par la traditionnelle cérémonie autour de la dalle posée en mémoire des victimes de la misère.
Public meeting of the Intergroup fighting against poverty in defence of human rightsPublic meeting of the Intergroup fighting against poverty in defence of human rights
(c) European Parliament 2015 and Sylvie Goulard’s office
Sylvie Goulard 26 Oct 2015 plenary speech on Taxation of savings income in the form of interest payments: repealing the Savings Directive – EU-Switzerland agreement on the automatic exchange of financial account information – Mandatory automatic exchange of information in the field of taxation
En négociation depuis déjà 2 ans, le traité transatlantique n’en finit plus de susciter la polémique et de provoquer des levers de boucliers de la société civile. Depuis plusieurs mois, la resistance s’organise, et de nombreuses manifestations viennent deranger la bonne tenue des rounds de négociations entre Union européenne et Etats Unis. Face à la fronde, doit-on abandonner le TTIP ? Sylvie Goulard et Pascal Durand en débattent.
Alors que la France cherche à obliger les grandes surfaces à céder leurs invendus alimentaires aux associations d’aides aux plus démunis, la Belgique s’organise. Certaines municipalités ont reussis à faire plier l’industrie agro-alimentaire. Marc Tarabella nous en parle.
Le 19 juin, j’ai modéré la première session plénière de la conférence politique annuelle de FEANTSA, Le ‘sans-abrisme’, un phénomène local…avec une dimension européenne, organisée à Paris.
La plénière avait pour thème : “Comment assurer la connexion entre les diverses actions entreprises pour lutter contre le “sans-abrisme” aux différents niveaux (local, régional, national et européen) ?”.
Les membres du panel ont présenté la situation dans leurs pays et leurs priorités pour réduire et même ramener à zéro le nombre de gens vivant dans la rue. Bien que la situation soit différente d’un pays à l’autre, tous les intervenants partageaient un certain nombre de convictions.
Sans un toit, il est impossible de sortir de la pauvreté et de se réintégrer dans la société. Partout en Europe (et dans le monde), il faut donc des logements de qualité, à des prix abordables, là où les personnes souhaitent vivre.
Un logement ne suffit pas ; toutes les réponses pour lutter contre la pauvreté doivent être coordonnées pour assurer la réintégration sociale. Par exemple, les services sociaux, de l’emploi, de santé, disponibles pour aider les plus démunis, doivent travailler ensemble. Ils doivent être conçus en fonction des besoins des plus démunis, identifiés en les consultants étroitement. Ce doit être le point de départ de toutes les politiques de lutte contre le “sans-abrisme”.
L’enjeu est toujours de savoir qui est responsable de quoi, quelles sont les priorités et les points d’action. Il est essentiel de bien identifier les priorités avant de lancer des stratégies et des plans d’action.
Un mot qui a souvent été utilisé pendant la plénière est celui de “valeurs”. Mettre fin au ‘sans-abrisme’ est une obligation morale. Christophe Robert de la Fondation Abbé Pierre a justement rappelé qu’actuellement, en France, un droit fondamental était le droit au logement opposable. Il faut lutter contre la tentation actuelle de chercher une solution “pragmatique” à l’augmentation du nombre de sans-abris en Europe, en discriminant parmi les discriminés.
Une action sur plusieurs niveaux est primordiale. Même si la responsabilité des stratégies de lutte contre le “sans-abrisme” reste au niveau national/régional/local, l’ensemble du panel était d’accord sur le rôle clé que peut jouer l’Europe, il n’est pas pour autant question d’édicter une liste de règles au niveau européen indiquant ce qu’il faut faire, ou ne pas faire.
Mais l’Europe peut insuffler une dynamique, pousser pour des politiques économiques qui créent du travail, aident à créer les conditions favorables aux investissements dans les infrastructures et le logement. En particulier, il faut continuer de développer et affiner des indicateurs sociaux. La Commission doit être vigilante quant aux Etats membres qui ne développent pas de bonnes stratégies.
Les fonds européens (dans le cadre du fond social européen, FSE, ou du fond européen d’aide aux plus démunis, FEAD) sont des ressources importantes pour les Etats qui choisissent de les utiliser. Et l’attention, dans le FES, sur l’exclusion sociale, plutôt que seulement sur l’emploi, est vue comme une avancée importante. Ceci dit, comme c’est souvent le cas, la complexité des règles peut rendre l’accès aux fonds impossible. Simplifier les règles, voilà un point d’action à mettre en œuvre au niveau européen, tout comme encourager les échanges d’informations et de bonnes pratiques.
La Commission n’est pas seule à devoir agir. L’une des propositions du panel était de mener un vaste programme de sensibilisation sur la situation de certains de nos concitoyens. La mobilisation des politiques contre le “sans-abrisme” dépend de la mobilisation de tous les citoyens. Les associations présentes dans la salle reconnaissent que cet aspect pourrait être un pilier important de leur travail.
Il était très intéressant d’avoir Tim Richer, membre de la “Canadian Alliance to End Homelessness”, dans le panel. Des actions très concrètes, menées par les sept plus grandes villes de la région d’Alberta, au Canada, ont pu réduire le nombre de sans-abris. La démarche a été « bottom up » : ces villes ont convaincues, ensemble, le gouvernement de la province, de soutenir et de financer des projets pour lutter contre le “sans-abrisme”. Cela pourrait être une source d’inspiration en Europe.
Cette plénière a été très constructive, avec des échanges intéressants et une motivation sans faille dans la lutte contre le “sans-abrisme”.
En négociation depuis déjà 2 ans, le traité transatlantique n’en finit plus de susciter la polémique et de provoquer des levers de boucliers de la société civile. Depuis plusieurs mois, la resistance s’organise, et de nombreuses manifestations viennent deranger la bonne tenue des rounds de négociations entre Union européenne et Etats Unis. Face à la fronde, doit-on abandonner le TTIP ? Sylvie Goulard et Pascal Durand en débattent.
Alors que la France cherche à obliger les grandes surfaces à céder leurs invendus alimentaires aux associations d’aides aux plus démunis, la Belgique s’organise. Certaines municipalités ont reussis à faire plier l’industrie agro-alimentaire. Marc Tarabella nous en parle.Alors que la France cherche à obliger les grandes surfaces à céder leurs invendus alimentaires aux associations d’aides aux plus démunis, la Belgique s’organise. Certaines municipalités ont reussis à faire plier l’industrie agro-alimentaire. Marc Tarabella nous en parle.