Auteur/autrice : julien

  • L’Euro appelle des réformes qu’on peut réaliser

    L’Euro appelle des réformes qu’on peut réaliser

    Challenges 07/02/2016

    Propos recueillis par Sabine Syfuss-Arnaud

    Alors que l’on célèbre, ce 7 février, les 25 ans de la signature du traité de Maastricht, l’euro essuie des critiques dans l’Europe entière. Pour l’eurodéputée libérale Sylvie Goulard, auteur du best-seller multiprimé “l’Europe pour les Nuls” , il faut dépasser Maastricht et réformer, mais ne surtout pas abandonner la construction européenne.

    Rappelez-nous ce qui a présidé à la signature du traité de Maastricht ?

    Lorsqu’en 1992, les Etats européens ont signé le traité, créant la monnaie unique, ils ont voulu parachever l’œuvre de rapprochement commencée en 1950 avec le Charbon et l’Acier, continuée avec le Marché commun en 1957. De bonnes raisons économiques y poussaient : la création d’une monnaie unique permettait d’éviter, au sein d’un même marché, des dévaluations compétitives nocives. Monnaie de réserve mondiale, l’euro devait aussi drainer vers l’Europe des capitaux étrangers.

    Vous pointez néanmoins une autre raison, « primordiale », dites-vous. Laquelle ?

    La génération qui avait connu la guerre, incarnée par Helmut Kohl et François Mitterrand, souhaitait cimenter l’union après la réunification allemande.

    On tire aujourd’hui sur l’euro en France. Est-ce le cas ailleurs en Europe ?

    L’euro est critiqué. Partout, on lui reproche d’avoir renchéri le coût de la vie. Dans le sud de l’Union européenne, trop de jeunes sont au chômage. En Allemagne et dans le Nord, on rejette les taux d’intérêt bas qui pénalisent les épargnants. Cette contestation doit être entendue, avec humilité.

    D’autant que pour beaucoup d’observateurs la signature du traité de Maastricht a coïncidé avec la lente montée du populisme. Y a-t-il une relation de cause à effet ?

    Les populistes se sont servis de Maastricht, de l’euro mais aussi plus tard des réfugiés comme fonds de commerce. Ils auraient pu en trouver un autre… Ils surfent sur un malaise lié à la globalisation et à la révolution technologique.

    Y-a-t-il eu des erreurs en 1992 ?

    Oui, des erreurs ont été commises. Romano Prodi l’a rappelé récemment. Les signataires en avaient conscience. Mais Maastricht ne devait être qu’une première étape, rudimentaire, qui devait être complétée. Et elle ne l’a pas été.

    Faut-il, un quart de siècle plus tard, désespérer de Maastricht ?

    Non, notamment parce que la monnaie unique appelle plusieurs réformes, et que celles-ci sont possibles. Mais rappelons-nous d’abord que les choses s’améliorent. Plusieurs pays (l’Irlande, le Portugal) sont sortis des programmes draconiens qui leur avaient été imposés au plus fort de la crise. D’autres se redressent (l’Espagne notamment). Même si elle doit encore être parachevée, l’union bancaire représente un pas en avant important. Les chiffres de la croissance sont encourageants.

    Vous affirmez qu’il faut maintenant « dépasser Maastricht » en appliquant des réformes. Lesquelles prônez-vous ?

    La première série de réformes relève de chaque Etat membre car de mauvaises politiques nationales ont été menées, des années durant, par facilité : l’excès de déficit et de dette en Grèce, l’abus de dette privée en Espagne, les problèmes bancaires en Italie. La France n’a pas non plus fait toute sa part, au point que l’enjeu de l’élection présidentielle de mai sera qu’elle mette ses comptes en ordre et procède à des réformes. Il est aussi important que l’Allemagne rééquilibre sa politique salariale et continue d’investir : dans le numérique, la connaissance et les infrastructures.

    Que souhaitez-vous au niveau européen ?

    La zone euro a besoin d’une politique macroéconomique plus performante, adossée à un budget mis au service de la recherche et de l’innovation, tout en répartissant plus équitablement les fruits de notre activité économique. Située au milieu du continent, l’Allemagne a, notamment depuis l’élargissement, des atouts que les pays périphériques n’ont pas : elle peut délocaliser ses entreprises à proximité, elle bénéficie de centaines de millions de clients potentiels pour ses exportations. Les citoyens allemands ne sont pas que des épargnants. Ils sont aussi des salariés d’entreprises qui exportent. Quant à la BCE, elle est obligée d’aller d’autant plus loin sur des voies dites « non conventionnelles » qu’elle pallie l’absence de politiques authentiquement européennes. On ne peut pas à la fois refuser toute avancée et dénoncer la politique de la BCE. Le statu quo est intenable et l’Allemagne aurait beaucoup à perdre dans une politique à courte vue.

    D’où le troisième changement que vous appelez de vos vœux, « l’amélioration des contrôles démocratiques », qui implique une évolution des mentalités.

    Même sans changer les traités, des progrès sont nécessaires, vu l’ampleur de la contestation. Là encore, la perception d’une nouvelle « hégémonie allemande », très forte dans le sud de l’Europe, doit être prise au sérieux en Allemagne. Si un pays comme l’Italie finissait par porter au pouvoir un populiste, ce serait autant un problème pour la stabilité de l’Allemagne que de la péninsule…

    25 ans après Maastricht, vous continuez à vous battre pour l’Europe. Pourquoi ?

    Les chantiers à ouvrir sont nombreux. Il ne faut pas le nier. Mais il serait hasardeux de renoncer à la construction européenne au moment où le vote référendaire du peuple britannique et l’arrivée de Trump au pouvoir disloquent l’Occident tel que nous l’avons toujours connu. Dans ce monde incertain, nous avons plus que jamais besoin de resserrer les rangs européens.

  • Dépasser Maastricht

    Dépasser Maastricht

    La construction européenne n’est plus guère expliquée. Du coup, les détails masquent l’essentiel. Le 25ème anniversaire du traité de Maastricht qui coïncide avec l’arrivée d’un nouveau Président des Etats Unis, Donald Trump, nous permet de mesurer le prix de ce que nous avons bâti.

    Dire « America first », c’est énoncer un principe hostile, pour ne pas dire égoïste. A suivre cette logique, pour qu’un pays ait du travail, il faudrait le prendre aux autres. Pour se protéger, il faudrait se replier.

    Cette vision renie la logique du plan Marshall et de toute la construction européenne. Après 1945 des hommes exceptionnels ont en effet compris, des deux côtés de l’Atlantique, que le jeu n’est pas à somme nulle. La prospérité des uns suppose celle des autres. La coopération, le commerce, la libre circulation créent un monde plus durablement pacifique que l’humiliation de l’ancien ennemi, la rivalité, l’ignorance des défis communs. Leur slogan n’était pas « moi d’abord » mais « ensemble ».

    Les résultats sont là. Jamais, dans l’Histoire, nos peuples n’ont connu 70 ans de paix continue. La Communauté européenne a accompli ce que les traités de Westphalie et le prétendu « équilibre des forces »  n’avaient jamais permis : la réconciliation, la coopération au service de causes supérieures.

    Lorsqu’en 1992, les Etats européens ont signé le traité de Maastricht créant la monnaie unique, ils ont voulu parachever l’œuvre de rapprochement commencée en 1950 avec le Charbon et l’Acier, continuée avec le Marché commun en 1957. De bonnes raisons économiques y poussaient : la création d’une monnaie unique permettait d’éviter, au sein d’un même marché, des dévaluations compétitives nocives. Monnaie de réserve mondiale, l’euro devait aussi drainer vers l’Europe des capitaux étrangers.

    La raison primordiale était toutefois d’une toute autre nature. La génération qui avait connu la guerre, notamment Helmut Kohl et François Mitterrand, souhaitait cimenter l’union après l’unification allemande.

    Aujourd’hui, l’euro est critiqué. Partout, on lui reproche d’avoir renchéri le coût de la vie. Dans le sud de l’UE, trop de jeunes sont au chômage. En Allemagne et dans le nord de l’UE, on rejette les taux d’intérêt bas qui pénalisent les épargnants. Cette contestation doit être entendue, avec humilité. C’est vrai, des erreurs ont été commises. C’est vrai, la monnaie unique appelle plusieurs réformes mais celles-ci sont possibles.

    D’abord, rappelons-nous que les choses s’améliorent. Plusieurs pays (Irlande, Portugal) sont sortis des programmes draconiens qui leur avaient été imposés au plus fort de la crise. D’autres se redressent (l’Espagne notamment). Même si elle doit encore être parachevée, l’union bancaire représente un pas en avant important. Les chiffres de la croissance sont encourageants.

    La première série de réformes relève de chaque Etat membre car de mauvaises politiques nationales ont été menées, des années durant, par facilité : l’excès de déficit et de dette en Grèce, l’abus de dette privée en Espagne, les problèmes bancaires en Italie. La France n’a pas non plus fait toute sa part au point que l’enjeu de l’élection présidentielle de mai sera qu’elle mette ses comptes en ordre et procède à des réformes. Ce n’est pas en augmentant la dépense publique qu’on rendra performants des systèmes éducatifs ou de formation professionnelle défaillants, par exemple. Dans ce contexte, il est important que l’Allemagne ait déjà rééquilibré sa politique salariale et continue d’investir : dans le numérique, la connaissance et les infrastructures.

    La seconde relève du niveau européen. La zone euro a besoin d’une politique macro-économique plus performante, adossée à un budget mis au service de la recherche et de l’innovation, tout en répartissant plus équitablement les fruits de notre activité économique. Située au milieu du continent, l’Allemagne a, notamment depuis l’élargissement, des atouts que les pays périphériques n’ont pas : elle peut délocaliser ses entreprises à proximité, elle bénéficie de centaines de millions de clients potentiels pour ses exportations. Les citoyens allemands ne sont pas que des épargnants. Ils sont aussi des salariés d’entreprises qui exportent. Quant à la BCE, elle est obligée d’aller d’autant plus loin sur des voies dites « non conventionnelles » qu’elle pallie l’absence de politiques authentiquement européennes. On ne peut pas à la fois refuser toute avancée et dénoncer la politique de la BCE. Le statu quo est intenable et l’Allemagne aurait beaucoup à perdre dans une politique à courte vue.

    La troisième touche à l’amélioration des contrôles démocratiques. Même sans changer les traités, des progrès sont nécessaires, vu l’ampleur de la contestation. Là encore, la perception d’une nouvelle « hégémonie allemande », très forte dans le sud de l’Europe, doit être prise au sérieux à en Allemagne. Si un pays comme l’Italie finissait par porter au pouvoir un populiste, ce serait autant un problème pour la stabilité de l’Allemagne que de la péninsule.

    Ainsi, 25 ans après Maastricht, les chantiers à ouvrir sont nombreux. Il ne faut pas le nier. Mais il serait hasardeux de renoncer à la construction européenne au  moment où le vote référendaire du peuple britannique et l’arrivée de Trump au pouvoir disloquent l’Occident tel que nous l’avons toujours connu. Dans ce monde incertain, nous avons plus que jamais besoin de resserrer les rangs européens.

  • Wednesday 25th January: Poverty Intergroup event – Promising practises on how to successfully integrate migrants

    Wednesday 25th January: Poverty Intergroup event – Promising practises on how to successfully integrate migrants

    The event was organised in collaboration with Caritas Europa and Cittalia.

    Jorge Nuño Mayer, Secretary General of Caritas Europa presented the main findings of the Caritas report Welcome! Migrants make Europe stronger, which highlights the need to actively involve migrants in policies which concern them, to empower their ability to actively participate in society and to raise awareness of their positive contributions, as well as the need to find innovative solutions to today’s problems. It is essential to have a specific focus on the most vulnerable, to create partnerships at the local level – in order to be successful not all initiatives can be top down, and to put better monitoring in place.

    Caritas Europa’s main recommendations to Member States include the importance of implementing national integration strategies, avoiding competition for economic resources, providing access to good quality healthcare and effective housing policies. They also consider it essential that migrants have access to education, that their rights are protected and that both they and the communities which they arrive into are empowered to actively contribute to society.

    Click here for more information

    The intergroup meeting was an occasion to share multiple best practice examples of integration projects which are working well.

    Mark Wiggin, CEO of the Caritas Diocese of Salford in the UK, explained how Caritas has developed a community sponsorship model which allows individuals, with support and the corresponding legal framework, to collectively take responsibility for migrants. In Salford 25 people, fulfilling different roles, are responsible for one family and between them take care of providing housing, access to education and health care, language classes and trying to find access to employment.

    Further details can be found below in the paper Community Sponsorship and the Resettlement of Refugees (Click here).

    In Italy, as Leonardo Domenici, President of Cittalia, explained, the model which is proving to be highly successful involves the local authorities working together with local NGOs to provide holistic, integrated, reception programmes for migrants in Italy. There is a national network of local reception centres and integration projects, which respect the guidelines established by the Ministry of Interior and results in a presence in all but one of the regions of Italy. To complement and support the local projects undertaken there is a central service which manages the national data bank, monitors the local activities undertaken, provides technical assistance and advice to local projects and contributes to supporting awareness raising and information activities. Awareness of local information campaigns and local networks are an essential pillar of the Italian reception and integration programmes.

    Further statistics and details of concrete projects which have been put in place can be found in his presentation (click here).

    Caritas showed two videos detailing how their projects are having a concrete impact on migrants’ lives. Mr. Mousab Eloudi, a Tunisian living in Spain, now has his papers and has received formal horeca training that has enabled him to find a job that he loves in a restaurant in Barcelona. In another project in Vienna, Magdas Hotel, 20 refugees are employed and trained by 10 hotel experts in all the different sections of the hotel. The project aims on the one hand to provide refugees with a job to facilitate their integration, but also to provide them with the requisite training to enable them to work in any hotel in Europe in the future. Ms. Anita Arakelian, a Syrian working in Magdas Hotel explained that she was really enjoying her job and wanted to carry on learning about the different hotel sectors, and to learn Spanish.

    George Joseph from Caritas Sweden focused on the significance of dialogue in addressing cultural barriers when talking about migration. In Gothenburg Caritas runs “spaces of dialogue” centres, which are forms of ‘open houses’ which welcome up to 100 participants – migrants, refugees and ethnic Swedes together – to discuss. The participants are very diverse, George Joseph recalled one recent meeting where 6 women took the floor. All had lost members of their family, either in their countries or during the journey to the EU. These women were Shia Muslim, Sunni Muslim, Orthodox Christian and Catholic Christians who had all come together to exchange about their experiences. They are able to overcome the religious boundaries which exist in their countries of origin. When asked what these women thought could be improved in Sweden they believe that there needs to be a more positive discourse about migrants, illustrating examples where they have succeeded in their goals, with individual solutions in their communities. For George Joseph government ministries and academic experts could learn a lot from coming to listen to grass root initiatives, such as the “spaces of dialogue”.

    Agnese Papadia, from the European Commission, detailed some of the key elements in the Commission’s Action Plan on the integration of third country nationals which was published in June 2016. Integration is viewed as one of the strongest tools at our disposal to make migration a success. The Commission considers that successful migration must be a two-way process:  which brings benefits to the migrants and the communities where they live, which must go beyond economic benefits to also contribute to a more cohesive and fairer society.

    In order to try and achieve this the Commission has three key action points. As well as working to try and have a constant dialogue with those who are active on the ground they also believe that it is important to:

    – invest in integration – with increased resources and energy and contacts with a range of actors. EU level funding for integration has increased;

    – build a more positive narrative about migration – for this to be possible individual communities play the most important role. It is important to invest in a counter narrative about integration and to publicise the successful examples across the EU;

    – dialogue needs to be increased between actors at the different levels (national, local, civil society etc.)

    During both the presentations and the question and answer session which followed many common issues were present in the positive examples presented:

    – providing access to language learning is essential;

    – providing a clear legal situation (the permanent right to remain rather than temporary residency) provides stability to migrants and removes a significant source of worry and enables them to focus on other issues;

    – part of integration work needs to broach helping refugees overcome the trauma that they have suffered, and one size does not fit all. To take account of this Caritas Sweden has developed different tools for working with men and with women to address these issues for example.

    Everyone present at the meeting is well aware of the fact that the successful integration of migrants is a large challenge for the EU but that there is a need to act and to provide a counter-discourse to that of the populists. All integration actions need to include and empower migrants to be able to play an active role in decisions taken about them and actions need to also involve local communities. Sharing experiences facilitates mutual understanding and creates strong bonds, the migrants become individuals in their new communities rather than statistics.

  • Événement de l’intergroupe – des exemples prometteurs d’intégration réussie de personnes immigrées

    Événement de l’intergroupe – des exemples prometteurs d’intégration réussie de personnes immigrées

    Cet événement était organisé en collaboration avec Caritas Europa et Cittalia.

    Jorge Nuño Mayer, le secrétaire général de Caritas Europa, a présenté les principaux éléments du rapport de Caritas Bienvenue ! Une Europe plus forte grâce aux migrants, qui souligne la nécessité d’impliquer les personnes immigrées dans les politiques qui les concernent, de renforcer leur capacité à participer activement au sein de la société et de faire prendre conscience de leurs contributions positives, ainsi que de la nécessité de trouver des solutions innovantes aux problèmes d’aujourd’hui. Il est essentiel de se concentrer particulièrement sur les plus vulnérables, de créer des partenariats au niveau local – pour être efficaces, les initiatives ne doivent pas forcément être verticales – et d’établir un meilleur système de surveillance.

    Plus d’informations ici

    Les principales recommandations de Caritas Europa aux Etats membres soulignent l’importance de mettre en place des stratégies nationales d’intégration, évitant la concurrence autour des ressources économiques, donnant accès à un système de santé de bonne qualité et à des politiques de logements efficaces. Elles estiment également essentiel que les personnes immigrées aient accès à l’éducation, que leurs droits soient protégés et que les communautés qui les accueillent et elles-mêmes soient habilitées à contribuer activement à la société.

    La réunion de l’intergroupe était une occasion de partager de multiples exemples de projets d’intégration qui fonctionnent bien.

    Mark Wiggin, président de Caritas du diocèse de Salford au Royaume-Uni, a expliqué comment Caritas a développé un modèle de parrainage communautaire qui permet aux individus, avec un soutien et un cadre légal approprié, de prendre en charge collectivement des personnes immigrées. A Salford, 25 personnes, remplissant différentes fonctions, sont responsables pour une famille et s’organisent entre eux pour leur proposer une maison, leur donner accès à une éducation et à un système de santé, leur faire bénéficier de cours de langues et les soutenir dans leur recherche d’emploi.

    Pour plus de détails, veuillez lire le communiqué Community Sponsorship and the Resettlement of Refugees (cliquez ici)..

    En Italie, comme Leonardo Domenici, président de Cittalia l’a expliqué, le modèle qui semble être particulièrement adapté est celui qui implique les autorités locales travaillant main dans la main avec les ONG locales, afin de mettre en place des programmes d’accueil, globaux et intégrés, pour les personnes immigrées en Italie. Il y a un réseau national de centres locaux d’accueil et de projets d’intégration, qui respecte les lignes directrices établies par le ministère de l’intérieur et qui est établi dans toutes, sauf une, les régions de l’Italie. Pour compléter et soutenir les projets locaux entrepris, il existe un service central qui gère la banque nationale de données, surveille les activités locales entreprises, offre une assistance technique, conseille les projets locaux et contribue à soutenir la prise de conscience et les activités d’information. La connaissance des campagnes d’informations locales et des réseaux locaux sont un pilier essentiel pour les programmes d’accueil et d’intégration italiens.

    Pour obtenir davantage d’informations et de statistiques sur des projets concrets mis en place, retrouvez la présentation en cliquant sur ce lien.

    Caritas a montré deux vidéos montrant comment leurs projets ont un impact concret sur l’existence de personnes immigrées. M. Mousab Eloudi, un Tunisien vivant en Espagne, a obtenu des papiers et a reçu une formation officielle « horeca » lui permettant de trouver un travail qui lui plait, au sein d’un restaurant à Barcelone. Dans le cadre d’un autre projet à Vienne, à l’hôtel Magdas, 20 personnes réfugiées sont employées et formées par 10 experts de l’hôtellerie dans les différents secteurs de l’hôtel. Le projet a pour but de donner un travail à ces personnes et de faciliter leur intégration, mais également de leur procurer la formation nécessaire afin qu’elles puissent travailler dans n’importe quel hôtel en Europe dans le futur. Mme Anita Arakelian, une jeune syrienne travaillant à l’hôtel Magdas, a expliqué qu’elle appréciait vraiment son travail et qu’elle souhaitait poursuivre sa formation et apprendre l’espagnol.

    George Joseph de Caritas Suède a souligné l’importance du dialogue face au problème des barrières culturelles. À Göteborg, Caritas anime des « centres de de discussions », qui sont des sortes de « maisons ouvertes » accueillant jusqu’à 100 participants – personnes immigrées, réfugiées et d’origine suédoise mélangées – pour discuter. Les participants sont très divers, George Joseph a raconté une discussion récente avec 6 femmes. Toutes avaient perdues des membres de leur famille, soit dans leur pays ou durant le trajet vers l’UE. Ces femmes étaient musulmanes shiites, musulmanes sunnites, chrétiennes orthodoxes et chrétiennes catholiques, qui étaient toutes venues partager leurs expériences. Elles parviennent à dépasser leurs différences religieuses. Lorsqu’on leur demande ce qui peut être amélioré en Suède, elles répondent  qu’un discours plus positif sur les personnes immigrées doit être adopté, mettant en avant des exemples où celles-ci réussissent leurs objectifs, avec des solutions individuelles au sein de communautés locales. Pour George Joseph, les ministères du gouvernement et les académiques pourraient beaucoup apprendre en découvrant les initiatives sur le terrain, comme par exemple les « centres de discussions ».

    Agnese Papadia de la Commission européenne a détaillé plusieurs éléments clés du Plan d’action pour l’intégration des ressortissants de pays tiers de la Commission européenne, qui a été publié en juin 2016. L’intégration est vue comme un des outils principaux à notre disposition pour faire de l’immigration un succès. La Commission considère qu’une immigration réussie doit être une dynamique à double sens : elle doit bénéficier aux personnes immigrées et aux communautés où ils vivent, dépassant les seuls bénéfices économiques pour contribuer à une société plus juste et plus unie.

    Afin d’y parvenir, la Commission propose 3 actions principales. Tout en travaillant pour établir un dialogue constant avec les acteurs du terrain, elle estime essentiel de:

    – investir dans l’intégration – avec des moyens financiers et des contacts avec toute une série d’acteurs renforcés. Les niveaux de financements de l’UE pour l’accueil ont été augmentés.

    – construire un discours plus positif sur l’immigration – pour que cela soit possible, les communautés individuelles jouent un rôle majeur. C’est important de construire un discours positif sur l’intégration et de mettre en avant des exemples réussis à travers l’UE.

    – la dialogue a besoin d’être soutenu entre les acteurs sur les différents niveaux (national, local, société civile etc.).

    Pendant les deux présentations et la session de questions réponses qui ont suivi, beaucoup de défis communs étaient soulevés :

    – l’apprentissage des langues est essentiel ;

    – la légalisation des situations (un droit permanent de résidence plutôt qu’un droit temporaire) apporte la stabilité aux situations des personnes, enlève une source importante d’inquiétude et leur permet de se concentrer sur d’autres problèmes ;

    – une partie du travail d’intégration consiste à aider les réfugiés à dépasser le traumatisme qu’ils ont subi et il n’existe pas de solution unique. Ainsi, Caritas Suède a développé différents outils pour travailler avec des hommes et des femmes sur ces aspects.

    Tous ceux qui étaient présents à cette réunion étaient conscients du fait que l’intégration réussie des personnes immigrées est certes un défi immense pour l’UE, mais qu’il y a urgence à agir et à construire un discours d’opposition aux discours populistes. Toutes les actions d’intégration doivent inclure et habiliter les personnes immigrées à pouvoir jouer un rôle actif dans la prise des décisions qui les concernent et les actions doivent également inclure les communautés locales. Partager les expériences facilite la compréhension mutuelle et crée des liens forts. Les personnes immigrées deviennent de véritables individus dans leurs nouvelles communautés et non plus de simples statiques.

  • DiMartedì : Mario Monti & Sylvie Goulard

    DiMartedì : Mario Monti & Sylvie Goulard

    Retrouvez la vidéo de l’émission du 24/01/2017 (intervention de Sylvie Goulard et Mario Monti à partir de 01h13).

  • Imagine 2017 : « Pour un nouvel état d’esprit européen »

    Imagine 2017 : « Pour un nouvel état d’esprit européen »

    Comme chaque janvier, il est coutume d’adresser à ses connaissances et à ses proches ses « meilleurs vœux » : santé, succès, bonheur sont escomptés pour la nouvelle année. L’envie de tourner la page, avec l’espoir d’un avenir plus radieux, rend cette tradition touchante. Un instant, chacun s’autorise à sortir de la routine, des soucis, voire du pessimisme ambiant. Pourtant, l’avenir n’est écrit nulle part. Et bien malin celui qui, en ces temps troublés, peut prétendre le prédire.

    C’est mon cas, je l’admets humblement. Dans le même temps, il est absolument nécessaire de sortir d’un sentiment de déprime collective qui a marqué la fin de notre année 2016, tout particulièrement en France.

    L’amertume ne mène nulle part. Une France de la déprime dans une Europe qui se défait, voilà un programme qui n’est guère attirant. Ces dernières années, l’Union européenne (UE) a perdu la confiance d’une grande partie de ses citoyens ; le Brexit, approuvé en juin dernier par 51,9% des Britanniques, en est une illustration. Et ce n’est pas étonnant. L’Europe d’aujourd’hui n’est pas celle imaginée par les Pères fondateurs, qui avaient une vision ambitieuse, un projet concret au service d’un idéal. 

    Le rebond doit tout d’abord commencer par la prise de conscience de la gravité de la situation.À première vue, il n’y a pas de quoi se remonter le moral. En matière de menaces, il y a mêmel’embarras du choix ; en novembre dernier M. Trump, dont les propos sur le climat, la Russie et la Chine comme la vision de la société sont particulièrement troublants, est élu à la présidence des États-Unis ; autour de l’Europe, les zones instables alternent avec des régimes autoritaires, de la Russie à l’Afrique du Nord en passant par la Turquie ; des attentats meurtriers ont frappé l’Europe en 2016 à plusieurs reprises, notamment à Nice, en Normandie, à Berlin, répandant, au sein des populations, la peur et la tentation du repli sécuritaire.

    Tous ces bouleversements devraient toutefois nous inciter à mesurer notre chance, nous, les enfants gâtés de l’Occident et de l’Europe pacifiée, d’avoir pu jusqu’à ce jour chasser la peur de nos vies. Malgré tous les défauts, toutes les carences de l’UE, nous devrions y réfléchir à deux fois avant de la jeter aux orties.

    Comment aujourd’hui l’UE peut-elle concrètement se ressaisir ? La question de savoir si nous disposons des bonnes institutions européennes est, je crois, moins importante que celle de retrouver un nouvel « état d’esprit européen »

    Cet état d’esprit européen, positif et conscient des enjeux, pragmatique aussi, dépend de nos dirigeants mais également de chacun de nous. 

    Il se traduit premièrement dans nos attitudes quotidiennes : au travail, dans l’éducation de nos enfants, dans nos choix de consommation et de mobilité, dans nos engagements au sein de la société civile et surtout dans nos devoirs citoyens.

    En effet, l’année 2017 sera celle de plusieurs élections nationales. En mars prochain, les Néerlandais éliront leurs nouveaux Représentants, à l’issue de laquelle devra être constitué un nouveau gouvernement. D’après les sondages, le Parti pour la Liberté (Partij voor de Vrijheid), mené par l’eurosceptique Geert Wilders, obtiendrait l’un des meilleurs scores. En mai, les Français seront à leur tour appelés aux urnes dans un scrutin où le Front National peut marquer des points. En septembre l’Alternativ für Deutschland sera en embuscade lors des élections fédérales en Allemagne. 

    Ainsi, nous aurons tous le devoir de voter en citoyen européen. Les résultats seront décisifs aussi bien pour les Etats membres que pour l’UE elle-même. Le risque de voir un nouvel État membre quitter l’Union et le projet européen se disloquer est hélas à prendre au sérieux. 

    Encore faut-il que cet état d’esprit européen soit porté et soutenu par des politiques ayant un véritable souci de l’intérêt général européen, aiguillonnés par des citoyens exigeants. Trop peu nombreux sont les politiques qui proposent un projet prenant sérieusement en compte l’interdépendance européenne et internationale, ni prennent leur devoir de responsabilité et de pédagogie vis-à-vis des citoyens au sérieux. Mais trop passifs sont aussi souvent les électeurs qui ne sanctionnent pas leur désinvolture. Ainsi, lors de la primaire des Républicains, il n’a guère été question de l’Europe, alors même que c’était l’un des thèmes prévus pour le deuxième débat  télévisé. D’autres encore fustigent l’Europe et l’accusent de tous les maux pour mieux masquer les failles et carences nationales.   

    Mon vœu pour 2017 est que chacun fasse un examen critique des 25 années écoulées. Quelles sont, non pas les erreurs des autres – de Bruxelles, de Berlin ou des technocrates – mais les failles et les erreurs nationales ? Le but devrait être, à l’occasion de ces élections, de redéfinir un projet positif, tourné vers l’avenir, susceptible de parler aux jeunes.

    Les défis qui les intéressent sont nombreux : protection de l’environnement, et notamment maintien des objectifs climatiques, développement du numérique, égalité entre les hommes et les femmes y compris dans l’accès aux postes clés, économie partagée, lutte contre la pauvreté etc. Nous devons nous remettre au travail avec nos partenaires européens, surtout avec notre voisin d’outre-Rhin, pour prendre ces enjeux à bras le corps.

    L’Europe a fait de grandes choses et peut encore en faire. En comparaison avec d’autres parties du monde, ce continent possède des atouts sérieux : il compte une population éduquée, soignée, déjà engagée dans des coopérations transfrontalières, mobile. Son patrimoine est exceptionnel, ses talents aussi.

    L’Europe en 2017 sera ce que nous en ferons ; elle mérite davantage que des plaintes ou des bonnes résolutions vite rangées au placard.

  • Debating Europe: What should be Europe’s post-Brexit plan?

    Debating Europe: What should be Europe’s post-Brexit plan?

    “Brexit does not change the basic rationale of the EU project: to bring peace and collective prosperity. Let us deliver on the very relevant objectives set out in Article 3 of the Treaty on the European Union. It is even more important now to do everything we can to have quick results. For the European institutions, this means making the system work (such as a real internal market), as well as quicker and more decisive legislation. On a national level, governments need to stop blaming each other, or the EU institutions. Citizens need to accept that our world is changing and that some reforms are necessary which in the end will be good for all of us”

    This is the contribution of Sylvie Goulard to an article (What should be Europe’s post-Brexit plan?) which is now open for citizens to comment through the comment section here.

    Readers can also give their vote for the policy they favor here.

  • Debating Europe: What should be Europe’s post-Brexit plan?

    Debating Europe: What should be Europe’s post-Brexit plan?

    “Brexit does not change the basic rationale of the EU project: to bring peace and collective prosperity. Let us deliver on the very relevant objectives set out in Article 3 of the Treaty on the European Union. It is even more important now to do everything we can to have quick results. For the European institutions, this means making the system work (such as a real internal market), as well as quicker and more decisive legislation. On a national level, governments need to stop blaming each other, or the EU institutions. Citizens need to accept that our world is changing and that some reforms are necessary which in the end will be good for all of us”

    This is the contribution of Sylvie Goulard to an article (What should be Europe’s post-Brexit plan?) which is now open for citizens to comment through the comment section here.

    Readers can also give their vote for the policy they favor here.

  • BBC The World Tonight on Brexit 03/01/2017

    BBC The World Tonight on Brexit 03/01/2017

    Find here the podcast of my interview (as from 21′).